Etudiants privés de bourses (actualisé) :

La Région ne cède pas, les familles non plus !


Publié / Actualisé
Ambiance tendue bien que sans trop d'illusions à la Région en ce début d'après-midi, vendredi 3 août 2018. La rencontre très attendue par les familles avec les membres du cabinet du Président de Région et un directeur général adjoint des services, Patrice Bertil, n'a pas tourné à l'avantage des étudiants. Les élus régionaux campent sur leurs positions, ces bourses ne relèvent pas de leur compétence mais de la compétence des régions d'accueil. Ainsi que de l'Etat. Le discours n'a pas évolué d'un iota depuis le début de la semaine. Les familles, excédées, ont décidé d'occuper les lieux une fois de plus.
Ambiance tendue bien que sans trop d'illusions à la Région en ce début d'après-midi, vendredi 3 août 2018. La rencontre très attendue par les familles avec les membres du cabinet du Président de Région et un directeur général adjoint des services, Patrice Bertil, n'a pas tourné à l'avantage des étudiants. Les élus régionaux campent sur leurs positions, ces bourses ne relèvent pas de leur compétence mais de la compétence des régions d'accueil. Ainsi que de l'Etat. Le discours n'a pas évolué d'un iota depuis le début de la semaine. Les familles, excédées, ont décidé d'occuper les lieux une fois de plus.

Pour Eddy Mercier, un papa très engagé à défendre la cause de tous les étudiants concernés par ce refus de bourses d'études, l'immobilisme des élus est inacceptable. "Depuis mercredi, on nous râbache la même chose, que c'est à l'Etat de payer et pas à la Région et que l'Etat n'a pas besoin de la Région pour amorcer son aide. Or l'Etat nous a dit le contraire à la préfecture. Rien n'avance." Et l'heure tourne. Pour la plupart des étudiants, le départ était prévu d'ici quelques jours. Et la décision de la Région, son absence de revirement quant à sa décision de supprimer les aides aux études pour ces 45 étudiants, voire de propositions concrètes vers d'autres voies de financement, contraignent ces jeunes gens à l'incertitude. Partir sans savoir avec quoi vivre ? Rester et venir nourrir le flot des jeunes chômeurs ?

La Région se montre manifestement insensible à ces avenirs compromis. "On nous a proposé d'attendre la semaine prochaine pour rencontrer le Président de Région, qui est actuellement en vacances". Mais les familles savent que Didier Robert a écrit au Préfet pour affirmer sa position et annoncer qu'il avait sollicité l'aide des régions d'accueil pour les étudiants réunionnais. "Il est donc au courant de ce qui se passe. Aujourd'hui, avec les nouvelles technologies, on peut très bien s'entretenir avec lui maintenant, en visioconférence", affirme un parent qui n'a pas l'intention d'être "promené" encore longtemps par les élus régionaux.

La colère monte

Jean-Bernard Laravine, père d'un étudiant reçu à l'IFSI de Toulouse, ne décolère pas : "Nous demandons la preuve que les élus régionaux ont voté en séance pléinière l'arrêt des aides. Or ils ne nous donnent pas ce document. Ils se moquent de nous : ils nous disent que les jeunes n'ont qu'à partir, qu'ils vont s'occuper que les régions d'acccueil leur allouent des aides et que la Région Réunion viendra en complément si c'est insuffisant. Mais le Président de Région nous raconte n'importe quoi : c'est écrit noir sur blanc que les aides régionales ne peuvent pas se cumuler. Qu'ils arrêtent de raconter des bêtises : ils ont reçu de l'Europe neuf millions pour l'aide à la mobilité professionnelle. La Région nous a pris pour des moins que rien, on ne l'oubliera pas, mais on ne baisse pas les bras". En fait, les collaborateurs de la Région ont juste trouvé une copie d'un mail transmis aux proviseurs des lycées le 11 juin 2018 pour annoncer le "nouveau contexte d'accompagnement" à mettre sous le nez des familles en colère et des étudiants déçus.

Lorenza, l'une des étudiantes qui doit intégrer l'IFSI de Paris, se déclare atterrée : "Je devais être à Paris pour le 15 août, et là, on se retrouve sans rien, LADOM ne donne rien sans la Région, la Région ne donne rien donc LADOM ne donne rien." Lorenza a quelques économies grâce à un CDD ces derniers mois. Mais elle est amère : "La Région décide d'aider des étudiants qui partent au Québec ou en Belgique, mais pas ceux qui vont étudier en métropole. En plus, ils coupent les aides alors que nous sommes la dernière promotion à ne pas avoir le statut universitaire et donc le droit aux bourses du CROUS. L'année prochaine, ça n'existera plus. Pourquoi ne pas avoir maintenu le dispositif pour nous, cette dernière année ? J'ai l'impression qu'étudier devient un luxe".

La jeune fille est d'autant plus déçue qu'elle rêve d'ouvrir un cabinet à La Réunion. "Je suis née ici, j'ai toute ma famille ici, je veux travailler ici et pour ça, je dois aller étudier en métropole, parce qu'ici c'est bouché. J'ai raté le concours à La Réunion mais je l'ai réussi à Paris." Pour Lorenza, Valérie, Alison, Lauriane et tant d'autres, l'heure est à la désillusion. Mais pas au renoncement. A l'heure où nous mettons en ligne ce papier, les familles et les étudiants ont décidé d'occuper les lieux. Ils ne baissent pas les bras.

Sans vivres, ils veulent passer la nuit à la Région

A 18h, la Pyramide inversée s'est vidée de ses occupants. Sauf les parents et les étudiants, toujours mobilisés. "Ils se sont bien foutus de nous, tempète Eddy Mercier. On ne bougera pas. On passera la nuit ici, dans la salle de réunion. On a tous faim, mais on ne bougera pas." Des parents, qui étaient partis acheter des provisions, se sont vus interdire l'accès à l'hôtel de Région, laissant les troupes dans la salle de réunion sans moyens de se restaurer. Le sentiment de colère monte en même temps que la prise de conscience d'une intention de manipulation chez leurs interlocuteurs : "Quand ils nous ont dit mercredi de revenir aujourd'hui, ils savaient très bien qu'ils n'auraient pas de réponses à nous donner", analyse Eddy Mercier. Qui redit son dégoût devant la manière dont les jeunes étudiants "ont été et sont méprisés par les élus régionaux". Depuis la fin de la réunion, aucun personnel administratif, et encore moins les élus qui n'ont pas assisté à la rencontre, n'est revenu dans la salle. Les famillles et les étudiants sont seuls avec leur colère et leur dégoût.

Quant à Huguette Bello, son communiqué donne l'ambiance qui règne entre les élus. "Le premier pilier de la politique de Didier Robert vient de s'effondrer", écrit-elle, rappellant le slogan en cours depuis 2015 : "Un passeport réussite pour chaque Réunionnais". Et la députée d'enfoncer le clou : "Ce pilier a perdu tout son sens avec la suppression des aides aux étudiants des carrières sanitaires et sociales, en partance pour l'Hexagone(...) Dans le contexte de chômage des jeunes que nous connaissons à La Réunion, cette décision de Didier Robert de faire des économies sur l'avenir de la jeunesse est incompréhensible et cruelle." Et de rappeler quelques dépenses de la Région au passage qui n'ont pas la même honorable visée d'insertion : "Il est insupportable de penser que la Région n’arrive pas à financer les 495 € mensuels pour les 10 mois d’une année de formation, soit environ 495 000 € (sur une base de 100 étudiants). Pour mémoire, c’est ce qu’a coûté la journée chômée offerte aux agents de la Région par Didier Robert après lavictoire des Bleus", conclut la députée PLR. 

 ml/www.ipreunion.com (mis en ligne vendredi 3 août 2018 à 14h20 - Actualisé à 20h44)

   

5 Commentaire(s)

Le malbar , depuis son mobile, Posté
Salut est-ce que pour une fois vous pourriez prendre pitié de se pauvre homme il travail dure il est sur le rotule c pour se là nous réunionnais ont paye des vacances pour lui qu’importe que nos enfants puissent pas étudié que nous mêmes ont se serre la ceinture pour pouvoir boucler la fin du mois pourvu que le king a de quoi se faire plaisir et faire plaisir à tout c lécheurs qui le courent après et s’étalent devant lui (couillon comme nous sommes ont trouvera encore le moyen de voter pour les personnes qu’ils va pouvoir manipulé)le king est mort vive le king
Sandou, Posté
Cabinet du président robert : des clowns et incompétents en puissance, avec de l’embo , qui adorent se pavaner dans les soirées grandioses aux frais de la princesse. Ces bras cassés n’apporteront guère de solution car leurs enfants sont au chaud dans des appartements parisiens avec « parquet au sol », champagne en dessert, et une vie luxueuse. Sauf que la petite roue elle tourne elle...............................................
JE TRAVAILLE , Posté
il dit quoi le président de Région ? je travaille pour le bien de La Réunion
THOR, Posté
C'est perdu d'avance Didier Robert n'a pas de coeur c'est bien connu il préfère aider le carnaval aux Seychelles et Maurice alors ti réunionnais......
Patoule, Posté
Un président en vacances aux USA, depuis 1 mois! Life is short we need holidays !