Bientôt un restaurant à vocation sociale :

Au Tampon, Les Cuisines de l'Espoir redonnent du goût à la vie


Publié / Actualisé
Depuis 2015, l'association Potentiel, qui porte les Cuisines de l'Espoir, basée au Tampon, mène un projet de réinsertion auprès de détenus afin de préparer leur réinsertion. Ce programme d'accompagnement, mené avec le soutien des Services pénitentiaires d'insertion et de probation (SPIP), vient de prendre un tournant différent. En effet, une réforme budgétaire a coupé les vivres aux Cuisines de l'Espoir. Mais l'association remet le couvert, avec une petite modification de la carte.
Depuis 2015, l'association Potentiel, qui porte les Cuisines de l'Espoir, basée au Tampon, mène un projet de réinsertion auprès de détenus afin de préparer leur réinsertion. Ce programme d'accompagnement, mené avec le soutien des Services pénitentiaires d'insertion et de probation (SPIP), vient de prendre un tournant différent. En effet, une réforme budgétaire a coupé les vivres aux Cuisines de l'Espoir. Mais l'association remet le couvert, avec une petite modification de la carte.

Les Cuisines de l’Espoir, c’est 52 personnes accompagnées vers la réinsertion à travers un projet novateur : des cours de cuisine chaque matin, des repas préparés et distribués aux SDF à midi et la nuit dans Saint-Pierre et des ateliers de travail sur soi.
En effet, acquérir une compétence est une chose, mais pour Olivier Cozette, là n’est pas l’ingrédient essentiel : " La compétence, c’est vite dépassé, ce qui reste, c’est le caractère ", explique-t-il, convaincu que la réinsertion passe par un travail approfondi sur la personne et les raisons de son mal-être.

"Ce taux de récidive n’est que de 23%, sur un public composé à 90% de multirécidivistes alors qu’il est de 39% de récidive en général, pour un public carcéral qui suit un programme de préparation à la sortie et de 63% de récidive pour une sortie sans préparation. Nous sommes fiers de ces résultats, qui montrent que notre angle d’action est juste. "
Mais pour l’instant les crédits sont gelés du côté du SPIP. Les Cuisines de l’Espoir n’ont pas l’intention de raccrocher le tablier pour autant. "Nous allons nous tourner vers des publics en rupture de relations sociales, lesquels faisaient déjà partie de nos programmes ", souligne Olivier Cozette.
En effet, loin de se limiter aux seuls aménagements de peine autorisés par le juge d’application des peines (JAP), l’association Les Cuisines de l’Espoir accueillait un public mixte, détenus et personnes en situation de précarité.

Un restaurant sur le feu

La seconde phase de développement des Cuisines de l’Espoir, qui mijote depuis une année, concerne l’ouverture d’un restaurant. Un projet qui exige des moyens. Les résultats, mais aussi les valeurs d’économie sociale et solidaire que prône l’association Les Cuisines de l’Espoir, ont convaincu des partenaires de poids : la Caisse d’Epargne, le Crédit Agricole, Réunion Activ’. " Grâce à ces partenaires, nous avons réuni 65 000 euros. Nous sommes actuellement à la recherche d’un local pour ouvrir ce restaurant. "

Côté fonctionnement, Olivier Cozette ne s’en cache pas, il ne compte pas sur les subventions pour faire bouillir la marmite : " Nous l’avons bien vu, avec la réforme du SPIP, compter sur les subventions, c’est devoir renoncer à l’action en cas de coupes budgétaires. Nous nous dirigeons vers un autofinancement, via des prestations auprès du grand public ".

Assurer l’autonomie financière

Les personnes en formation, encadrées par trois professionnels du secteur de la restauration (chef de cuisine, encadrant cuisine et chef de salle) auront en effet plusieurs casseroles sur le feu : " Nous allons lancer un service traiteur ainsi qu’un service de restauration de midi. Le but, c’est que le public qui veut soutenir une action d’économie sociale et solidaire vienne chez nous, parce que c’est bon et que l’ambiance est sympa. Nous pensons aussi à des repas à thèmes pour des associations ".
Avec les recettes tirées de ces actions soutenues par de nombreux bénévoles (ndlr, nos photos montrent uniquement les bénévoles en service et non les détenus, ainsi que les actions menées, notamment lors de la Course Duo de Famill'Espoir), l’association Les Cuisines de l’Espoir est convaincue d’équilibrer son budget, et, si subvention il y a, au titre de l’insertion, eh bien, ce sera en plus, pour faire encore davantage.
" Bien sûr, les personnes en situation de précarité restent notre souci : un repas de midi sera servi à des personnes qui passent par des difficultés dans une salle mise à notre disposition par la mairie du Tampon ", tient à préciser le président des Cuisines de l’Espoir.

Sensibiliser collèges et lycées

Le projet de restaurant est donc sur les rails, reste juste à trouver le local, dans le Sud, peut-être à Saint-Pierre, dans un quartier populaire. En attendant, les liens se poursuivent entre les anciens stagiaires et l’association. " Avec l’accord de certains d’entre eux, nous avons mené un partenariat avec des collèges et des lycées, pour qu’ils aillent témoigner de leur parcours et de leur réinsertion auprès des élèves. Nous avons eu d’excellents retours des jeunes mais aussi des enseignants et des chefs d’établissement sur cette initiative de prévention de la délinquance ", conclut Olivier Cozette.
Des témoignages émouvants de rédemption, car beaucoup travaillent désormais, et pas forcément dans le secteur de la restauration. D’autres ont créé leur micro-entreprise, avec le soutien de l’association mère qui porte Les Cuisines de l’Espoir, Potentiel, laquelle dispose aussi d’une couveuse d’entreprises, La Couveuse de Potentiel. Les Cuisines de l’Espoir, c’est une popote qui ne manque manifestement pas de sel…

ml/www.ipreunion.com

   

1 Commentaire(s)

Marie , Posté
J'aimerais y participer, comment faire . Pourriez-vous me renseigner svp. Merci (Prenez contact avec l'association Potentiel -Webmaster)