Des syndicalistes veulent porter plainte :

CHU : l'Inspection générale des affaires sociales dénonce une gestion opaque


Publié / Actualisé
Lors d'une conférence de presse ce mardi 7 août 2018, la Fédération autonome de la fonction publique hospitalière de la Réunion (FAFPHR) a quasiment demandé la tête des dirigeants du CHU. S'appuyant sur le rapport de l'IGAS 2 rendu public en juillet, la FAFPH a détaillé les points essentiels qui ont conduit un établissement hospitalier, pourtant bénéficiaire en 2012, à un déficit chronique. Estimé, selon la FAFPHR, à 130 millions d'euros cinq ans après le changement de direction. La FAFPHR a saisi la Chambre régionale des comptes en novembre 2017 à l'instar de la Ministre de la Santé qui a demandé que ce rapport soit rendu public, et attend patiemment les conclusions de cette vénérable institution pour déposer, le cas échéant, une plainte pour détournement d'argent public. Pas de doute, il y a de l'ambiance.
Lors d'une conférence de presse ce mardi 7 août 2018, la Fédération autonome de la fonction publique hospitalière de la Réunion (FAFPHR) a quasiment demandé la tête des dirigeants du CHU. S'appuyant sur le rapport de l'IGAS 2 rendu public en juillet, la FAFPH a détaillé les points essentiels qui ont conduit un établissement hospitalier, pourtant bénéficiaire en 2012, à un déficit chronique. Estimé, selon la FAFPHR, à 130 millions d'euros cinq ans après le changement de direction. La FAFPHR a saisi la Chambre régionale des comptes en novembre 2017 à l'instar de la Ministre de la Santé qui a demandé que ce rapport soit rendu public, et attend patiemment les conclusions de cette vénérable institution pour déposer, le cas échéant, une plainte pour détournement d'argent public. Pas de doute, il y a de l'ambiance.

La température monte depuis un moment au CHU de La Réunion. Et ce n’est pas la mise en ligne du rapport de l’IGAS 2 qui va faire baisser la fièvre. L’IGAS ne fait pas dans l’éloge facile quand elle estime que " le système de management mis en place a considérablement accru les risques de l’établissement, notamment sur le plan financier, sur le plan juridique et sur le plan de la maîtrise des processus de gestion ".

Mais s’il n’y avait que ça ! L’IGAS enfonce le clou sur lequel la FAFPHR entend bien taper bientôt avec le marteau de la Justice : " De plus, la présentation opacifiée de la réalité du CHU aux instances et à la tutelle a empêché de mettre en évidence l’aggravation continue de sa situation budgétaire (…) ". En clair, le budget manquerait de sincérité. Et la FAFPHR a découvert avec surprise dans le rapport de l'IGAS que le CHU comptait 400 employés de plus que le nombre toujours annoncé par la Direction de l'établissement : 6900 au lieu de 6500.

Sur le volet immobilier, le chantier mené à Saint-Pierre, prévu à 82 millions d’euros, a dérapé jusqu’à 110 millions d’euros (estimation au démarrage des travaux). L’IGAS note au passage que " le plan de financement n'a jamais été stabilisé et n'est toujours pas assuré ". Sans oublier de préciser au passage quelques procédures de validation en cours dans la fonction publique hospitalière sur lesquelles le CHU se serait assis, ainsi que l'exemple d'un marché public de plusieurs dizaines de milliers d'euros signé par un salarié qui n'avait pourtant pas de délégation de signature. Last but not the least, l’IGAS aurait constaté que les risques juridiques " étaient accrus par une maîtrise insuffisante de certains processus de gestion… ".  Une manière élégante de parler d’incompétence pour l’équipe de direction ?

Côté management, recrutements, licenciements, favoritisme ou harcèlement, le rapport de l’IGAS, qui pèse 300 pages, n’est pas avare non plus.

Des responsabilités partagées

La FAFPHR, outrée par ces " méthodes de voyous en col blanc ", a écrit au préfet et aux élus, pour dénoncer la dérive financière et les points litigieux relevés par l’IGAS En vain. " Pourquoi personne n’a réagi ? ", se demandent encore ses représentants.

L'IGAS, en tout cas, a répondu à la mission de contrôle et d'analyse qui lui était confiée. Outre les points évoqués plus haut, dans ce rapport, tout le monde en prend pour son grade : l’ARS, alors dirigée par Chantal de Singly, qui " aurait manifesté une trop grande indulgence (…)", le Comité technique d’établissement et le Conseil de Surveillance qui " n’ont pas joué tous les rôles qui leur sont dévolus par la loi…". La Direction Générale, soupçonnée de favoritisme envers un agent dont la formation a coûté bonbon : 18 500 euros, et dont les récupérations d'heures supplémentaires auraient été très- trop - généreusement amendées. Entre autres avantages...

Dépôt de plainte envisagé

" Nous avions obtenu de pouvoir consulter ce rapport avant qu’il ne soit rendu public il y a quelques jours, souligne Ysaline Tronc, ce qui nous a décidé à saisir la Chambre Régionale des Comptes en novembre 2017. Nous attendons ses conclusions et nous sommes bien décidés à porter plainte pour détournement d’argent public. "
Selon le Dr Catherine Goud, porte-parole du syndicat, le CHU " a besoin d’une nouvelle équipe de direction, intègre et compétente ", parce qu’il en va de la sécurité des patients, "mise à mal par les restrictions budgétaires qui impactent les ressources humaines et matérielles " et du bien-être des agents hospitaliers. Au passage, la FAFPHR signale aussi l'entorse aux principes de bonne gestion dans la Fonction publique hospitalière, principes qui établissent que lors du départ d'un Directeur général, son adjoint n'est jamais nommé à son poste. "Et pourtant c'est ce qui s'est passé, lors du départ de David Gruson, c'est son adjoint, Lionel Calenge, qui a été nommé, alors que cela ne s'est jamais vu ailleurs !".

Unanimes, les représentants de la FAFPHR affirment ne pas vouloir d’un "CHU Sounouk". " Le CHU de La Réunion, en 2016, avait la pire notation qui soit,  autrement dit D. En 2017 nous sommes remontés à C, c’est mieux, mais c’est encore mauvais", conclut le Dr Goud. Ambiance, vous disais-je…

ml/www.ipreunion.com

   

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