Les maires ont pallié la baisse des contrats aidés (actualisé) :

Rentrée scolaire : les "taties" seront au rendez-vous


Publié / Actualisé
La rentrée, le 18 août prochain se fera à l'heure et a priori sans remous. Les communes, qui avaient dû repousser la reprise des cours l'an dernier, suite à la baisse des contrats aidés qui a impacté l'encadrement des tout-petits et l'entretien des écoles, ont eu quelques mois pour se faire à cet état de fait. Déploiement d'équipes, polyvalence, réaménagements d'horaires et semaine des quatre jours ont permis de compenser la perte de nombreux contractuels au sein des écoles, et notamment des classes maternelles.
La rentrée, le 18 août prochain se fera à l'heure et a priori sans remous. Les communes, qui avaient dû repousser la reprise des cours l'an dernier, suite à la baisse des contrats aidés qui a impacté l'encadrement des tout-petits et l'entretien des écoles, ont eu quelques mois pour se faire à cet état de fait. Déploiement d'équipes, polyvalence, réaménagements d'horaires et semaine des quatre jours ont permis de compenser la perte de nombreux contractuels au sein des écoles, et notamment des classes maternelles.

Au Tampon, l’une des communes qui avait connu de forts soubresauts lors de l’annonce de la baisse drastique des contrats aidés en 2017, " la rentrée se présente correctement malgré les contraintes auxquelles nous devons faire face ", nous a expliqué Idriss Omarjee, directeur de cabinet du maire, André Thien Ah Koon. " Lors de la précédente rentrée, en août 2017, nous avions 1 à 2 ATSEM par école maternelle seulement. Au fil des mois, nous avons progressivement amélioré la situation pour assurer 1 ATSEM pour chaque classe de petite section et 1 ATSEM pour 2 classes de moyenne section, dans les 31 écoles concernées. Pour la rentrée 2018, ce même ratio est mis en place. "
De même, les garderies du matin et les pauses méridiennes voient leur encadrement renforcé. " C’est budgétairement moins confortable qu’avant, mais la mairie a fait ce qu’il fallait pour maintenir le ratio d’encadrement des enfants, en redéployant des moyens. "

La polyvalence au programme des écoles

De fait, la baisse des contrats aidés a contraint les communes à déshabiller Paul pour habiller Pierre, selon l’expression consacrée, afin de ne pas augmenter la fiscalité locale. Le Tampon n’y a pas coupé, mais Saint-Benoit aussi : " Nous aurons une ATSEM par classe de petite section et une ATSEM sur deux classes de moyenne section, explique Alexandre Catan, le directeur de cabinet du maire, Jean-Claude Fruteau.
Ceci étant, les personnels d’encadrement en classe, souvent appelés ATSEM par habitude alors qu’il s’agit très souvent de contractuelles embauchées selon le principe des contrats aidés, ne sont pas les seuls effectifs à être pressurés par le désengagement de l’Etat qui, outre avoir coupé dans les effectifs, ne finance plus que 50% du salaire contre 80% à la mise en place de ces contrats aidés. Les agents d’entretien des écoles sont aussi impactés par ces restrictions : " Nous avons revu les horaires, redéployé des personnels travaillant sur les routes et sur l’environnement ", précise Alexandre Catan.

Davantage de " petites classes ", moins de moyens

A Saint Pierre,  la commune s’est beaucoup investie depuis quelques temps sur l’ouverture de 7 classes de TPS ainsi que sur celle d’une nouvelle classe passerelle pour les enfants dès 2 ans. " Cette classe passerelle sera ouverte à la rentrée à l’école Georges Fourcade à Bois d’Olives, en complément de celle existante sur l’école Edith Piaf à Terre Sainte ", souligne Jean-Michel Jobard, directeur de cabinet du maire, Michel Fontaine. Quarante enfants, sur ces deux classes, bénéficieront donc d’une scolarisation précoce.
Néanmoins, malgré ce fort investissement sur le secteur petite enfance, la mairie doit faire avec les moyens du bord, ce qui exclut le temps plein par classe des personnels non enseignants : " Le nombre d’ATSEM mobilisé par école sera au moins égal à la moitié du nombre de classes de l’école ", nous a précisé Jean-Michel Jobart. " Ces agents interviendront autant que de besoin conformément à un planning établi en coordination avec la direction de l’école. Chaque classe pourra ainsi bénéficier d’un "temps ATSEM" en fonction des besoins formulés et programmés par le corps enseignant ". Des indications qui manquent un peu de précision mais malgré notre insistance, nous n’avons pas pu en savoir plus.


La semaine de quatre jours en poids d’équilibre

A Saint Denis, la ville a décidé de maintenir une ATSEM par classe de TPS, de PS, de MS et de GS. " C’est une volonté politique, affirme Ibrahim Cadjee, l’élu en charge du projet éducatif. " De 600 postes en contrats aidés, nous sommes passés à 200 pour pallier la moindre prise en charge de l’Etat qui nous laisse désormais 50% de la charge du salaire. Il a fallu faire un jeu de passe-passe budgétaire pour maintenir les postes en maternelle, mais c’est notre choix de privilégier la qualité éducative. "
Comme le précise Ibrahom Cadjee, ce jeu d’équilibre est passé aussi par une réduction du temps de travail. " Les contractuels en poste dans les écoles ne travaillent plus sur une année comme précédemment mais sur huit mois afin que nous puissions équilibrer le budget ", regrette l’élu.

Au Port et à Saint André, qui n’ont pas encore répondu à nos sollicitations, la rentrée devrait se faire aussi dans la douceur, sans modification particulière par rapport à l'an dernier, hormis le passage à la semaine de quatre jours. Une réorganisation plébiscitée par la plupart des parents qui vient à point pour soulager les finances des communes. Moins de temps de garderie à assumer, redéploiement des personnels techniques le mercredi…

Un an après les turbulences provoquées par la décision du gouvernement de réduire la participation de l’Etat dans les contrats aidés puis d’y mettre fin en les remplaçant par les PEC (Parcours Emplois Compétences) plus contraignants pour les employeurs en raison du volet formation important pendant lequel le salarié ne travaille pas, les communes réunionnaises ont le sentiment qu’elles ont bien mérité un bon point pour leur gestion du risque de carence de personnels non enseignants dans les écoles maternelles.

ml/www.ipreunion.com
Mis en ligne le 9 août à 3h et actualisé le 9 août à 11h16

   

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