Après le rapport accablant de l'Inspection générale des affaires sociales :

CHU : la Direction y va de son grain de sel


Publié / Actualisé
Suite à notre article du mercredi 8 août 2018, " CHU : l'IGAS dénonce une gestion opaque ", faisant écho de la conférence de presse de la FAFPHR, la direction de l'hôpital nous a adressé, comme nous nous y attendions, une réaction. La même, mot pour mot, que nous avions déjà lue sur le site d'un confrère, le 24 juillet 2018. Un discours de défense bien rodé et stéréotypé pour tous les médias qui relatent le rapport accablant de l'IGAS. Et que nous transmettons ici, même sur les points polémiques que notre article n'avait pourtant pas évoqués.
Suite à notre article du mercredi 8 août 2018, " CHU : l'IGAS dénonce une gestion opaque ", faisant écho de la conférence de presse de la FAFPHR, la direction de l'hôpital nous a adressé, comme nous nous y attendions, une réaction. La même, mot pour mot, que nous avions déjà lue sur le site d'un confrère, le 24 juillet 2018. Un discours de défense bien rodé et stéréotypé pour tous les médias qui relatent le rapport accablant de l'IGAS. Et que nous transmettons ici, même sur les points polémiques que notre article n'avait pourtant pas évoqués.

Dans cette réaction, la direction du CHU souligne qu’elle juge "particulièrement à charge" ce document.  On ne saurait mieux dire. Le CHU estime que le travail de l'IGAS "est présenté sous un prisme particulièrement réducteur puisqu'il n'a pas été mis en cohérence ni avec la partie hospitalo-universitaire, ni avec le surcoût de la prise en charge des patients de Mayotte à partir de 2016, ni avec le groupement hospitalier du territoire, ni avec la direction commune du CHU avec le GH Est-Réunion. C'est-à-dire avec un CHU créé récemment (en 2012) et inséré dans un contexte territorial d'intervention marqué par des contraintes liées à son insularité".

Et l’IGAS avait justement dit…

Le CHU juge, par ailleurs, que les aides consenties par le gouvernement depuis juillet 2017 "invalident largement plusieurs analyses de l'Igas". Sauf celle qui dit textuellement que " le CHU n’a pas souhaité prendre les mesures que son redressement nécessitait, préférant voir dans son environnement les causes de son déficit et demeurer dans une logique de revendications d’aides financières extérieures " ? (ndlr, IGAS, tome 1, page 3, note 4).

La direction du CHU insiste particulièrement sur " le projet de reconstruction du bâtiment central de son site sud à Saint-Pierre, qui a finalement décroché 40 millions d'euros (M€) d'aides du COPERMO (ndlr, Comité interministériel de performance et de la modernisation de l’offre de soins), en janvier 2018 alors que l'IGAS préconisait de suspendre l'opération ". Eh oui, l'IGAS n'aime pas trop les aides extérieures, si l'on en croit ce qui précède. Et le CHU de préciser que sur le volet exploitation, " le Gouvernement a validé (ndlr, en 2017) la trajectoire financière du CHU de La Réunion jusqu’à 2022 avec un accompagnement financier de 50 M€ dégressifs sur cinq ans, "dont 6,5 M€ pérennes, correspondant aux surcoûts générés par la prise en charge des patients de Mayotte, surcoûts donc reconnus ".  Surcoûts expliqués depuis 2016, donc. Et avant ?

Lire aussi  CHU : l'Inspection Générale des Affaires Sociales dénonce une gestion opaque

Des mesures de redressement entamées

A tout seigneur tout honneur, la direction du CHU, qui ne rougit pas d'un p’tit coup de cirage de pompes, signale que " depuis la nomination de l’actuel Directeur Général du CHU, les comptes financiers du CHU de La Réunion ont été certifiés au titre de 2016, puis 2017. " Et de noter avec une satisfaction tout à fait compréhensible que le déficit principal " est en baisse de 41,5% en 2017, passant de - 35 millions d’euros à - 21 millions d’euros ". Dans un souci de transparence louable, la direction du CHU précise qu’il aurait été de -28,5 millions d’euros sans certaines aides exceptionnelles (sic).

Si nous donnons acte à la direction du CHU que ce rapport a bien débuté en 2015 pour s’achever en 2017, le fait que la direction du CHU ait entamé dès 2016 les manœuvres d’écopage des voies d’eau, ne rend pas caduques les analyses 2012-2016 de l’IGAS et ses recommandations.

D’ailleurs, précise la direction de l’hôpital, plusieurs de ces recommandations sont mises en œuvre. A la louche, la validation du projet médical d'établissement 2017-2021, la révision du périmètre des pôles depuis le 1er mai, la suppression de tous les doublons d'instances nord-sud, la mise en place de directions fonctionnelles transversales (sauf celle des travaux et des services techniques), le suivi mensuel budgétaire et de l'effectif par l'ARS Océan Indien, le respect strict des règles de gestion des ressources humaines, notamment en ce qui concerne le recrutement des cliniciens, sans oublier le remboursement de la nouvelle bonification indiciaire, la suspension de la majoration DOM de 40% par les praticiens hospitaliers pendant leurs congés bonifiés et celle de la majoration DOM pour les contractuels.

Lire aussi Hôpital : Le gouvernement veut compenser la désindexation des primes

Et puisse qu'on en parle...

Enfin, l’hôpital s'engage également à mieux encadrer les déplacements vers la métropole et de mettre prochainement une procédure en œuvre  pour éviter les précédents abus. Soit dit en passant, là, nous avions été sympa et n’avions pas insisté sur ce volet polémique du rapport de l’IGAS qui évoque certains favoritismes présumés et divers dérapages de (trop) nombreuses missions en métropole suivies de congés ou bénéficiant de récupérations jugées excessives par l’IGAS.

Mais comme le courrier de la direction nous répond sur ce point que nous n’avions pourtant pas précisément évoqué, nous lui donnons acte de ses explications spontanées. L'IGAS avait en effet remarqué que "la durée du déplacement en métropole est fréquemment beaucoup plus longue que la durée de la mission qui en est l'objet initial" ,que "de nombreux agents du CHU profitent d'un déplacement professionnel [...] pour prolonger leur séjour parfois de manière significative et répétée",  notamment "certains cadres de direction qui exploitent cette opportunité pour prendre des congés en métropole. Et l'IGAS de préciser que "la grande majorité des dossiers examinés ne font pas mention de congés posés par l'agent". Selon l'Igas, cette "absence de contrôle ne peut que générer un accroissement important des risques d'abus, de détournement illicite et de préservation de privilèges". 

Il y a toutefois un point sur lequel le CHU ne transige pas et refuse la solution préconisée par l’IGAS : le retour à Bellepierre ou à Terre Sainte de la Direction de l’hôpital " qui tient à rester à Saint-Paul ". C’est vrai que l’Ouest a son charme…

ml/www.ipreunion.com

   

Mots clés :

    1 Commentaire(s)

    C pas fini , Posté
    Tout ça n est pas fini
    Lisez les annexes ...
    On en reparlera ... c sur