Écoles :

Du nouveau dans les cartables: dictées quotidiennes, quatre opérations et la Marseillaise


Publié / Actualisé
Les nouveaux programmes pour l'école primaire, publiés au JO du 26 juillet, ont pour ambition, du point de vue du Ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer, de remettre de l'ordre dans les cartables. Et surtout dans les matières grises des écoliers. Le Conseil Supérieur de l'Enseignement a validé ces programmes mais soumis des ajustements dans trois matières, le français, les mathématiques et l'enseignement moral et civique. Dans les faits, les changements en français, mathématiques et enseignement moral et civique ne sont pas si extraordinaires que cela sur le fond. Plus de dictée, les quatre opérations dès le cycle 2, et la Marseillaise, apprise couplet par couplet à chaque nouveau niveau de classe atteint depuis le CE2. Formez vos bataillons, les programmes, c'est ce qui suit...
Les nouveaux programmes pour l'école primaire, publiés au JO du 26 juillet, ont pour ambition, du point de vue du Ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer, de remettre de l'ordre dans les cartables. Et surtout dans les matières grises des écoliers. Le Conseil Supérieur de l'Enseignement a validé ces programmes mais soumis des ajustements dans trois matières, le français, les mathématiques et l'enseignement moral et civique. Dans les faits, les changements en français, mathématiques et enseignement moral et civique ne sont pas si extraordinaires que cela sur le fond. Plus de dictée, les quatre opérations dès le cycle 2, et la Marseillaise, apprise couplet par couplet à chaque nouveau niveau de classe atteint depuis le CE2. Formez vos bataillons, les programmes, c'est ce qui suit...

Au fil des déclarations ministérielles des derniers mois, on avait l’impression de retourner vers l’école de grand-papa. Celle qui apprend à l’élève à appliquer des règles plutôt qu’à se creuser la tête sur le pourquoi du comment de la dite règle. Un coup d’œil dans les nouveaux programmes relativise un peu cette impression. Finalement, on prend les mêmes et on recommence. Les objectifs sont définis, les compétences travaillées mises en lien avec les domaines du socle commun. Les attendus de fin de cycle sont énumérés et restent identiques à ceux des programmes de 2015. Seul l’itinéraire pour parvenir au but diverge quelque peu. Avec oui, il faut le reconnaître un certain conservatisme récupéré quant aux méthodes. Notamment sur les "repères annuels" de compétences alors que le principe de cycle était jusqu'ici la règle.


En français, dictée et grammaire reprennent du galon

Les gros changements consistent donc, en français, à revenir aux dictées quotidiennes même au collège, à enseigner les subtilités du passé simple à toutes les personnes du verbe et non plus seulement aux troisièmes personnes du singulier et du pluriel (programmes 2015), à revenir sur les notions de compléments d’objets direct et indirect et des compléments circonstanciels, devenus un peu flous à l’usage du prédicat qui est désormais obsolète, à peine deux ans après sa mise en service. 

Les programmes insistent sur l’attribut du sujet, l’épithète, les adverbes, les conjonctions, les prépositions, les notions de polysémie et d’homonyme dès le cycle 3.
Du côté de la conjugaison, le passé composé et le plus-que-parfait s’ajoutent au présent, futur, imparfait et passé simple. Certains enseignants s’interrogent sur l’orientation de l’apprentissage de la lecture sur le codage-encodage, autrement dit sur le décryptage, à leurs yeux un peu sacrifié au cycle 2 à l’essentiel de la lecture, à savoir la compréhension de ce qu’on lit.

Pour permettre aux élèves de progresser, les programmes établissent trois mots d'ordres : répétition, régularité et ritualisation d’activités de lecture et d’expression orale et écrite. Le français, on y revient plus fois par jour en classe, sous toutes ses formes, écrites ou orales.

En maths, les quatre opérations dès le cycle 2

La vieille notion d’automatisme (qui figure aussi en français) qui avait quelque peu disparu depuis quelques années est de retour dans ces nouveaux programmes et ce dès le cycle 2. En clair l’élève doit acquérir des automatismes procéduraux et mémoriser petit à petit les résultats. Créer des routines en gros.

La résolution de problèmes dans les apprentissages mathématiques reste au centre des programmes tant au cycle 2, pour "permettre d'aborder de nouvelles notions, de consolider des acquisitions, de provoquer des questionnements" et au cycle 3 pour évaluer "la maitrise des connaissances" et montrer une " appropriation qui en garantit le sens ".

Au cycle 2, les nouveaux programmes insistent sur le rôle des manipulations, autrement dit des expérimentations avec des objets,  de la verbalisation et de la formalisation à l'aide des symboles. Les programmes plébiscitent les écrits (cahier de leçons) dès le cycle 2 jusqu’au cycle 3. Un travail de copie chronophage à ce niveau, face à des élèves qui maîtrisent encore mal l'écrit, et qui ne donne pas forcément la clé de la compréhension, hélas. Heureusement que les jeux de manipulation compenseront.  

Le changement majeur consiste à introduire le calcul à partir des quatre opérations dès le cycle 2 grâce à des problèmes qui permettent heureusement d’en comprendre le sens et évidemment par étapes progressives. 

Enfin, au cycle 2 comme au cycle 3, "l'étude des grandeurs et de leur mesure" est consolidée pour construire des connaissances de l’espace essentielles.
Autre préconisation nouvelle pour juger de la réussite du cycle dans "repères annuels", l’addition posée de trois nombres en fin de CP, ce qui risque d’être acrobatique pour la plupart des élèves à ce niveau. Ou des exercices de calcul en ligne également très compliqués pour des élèves de CP. Sans doute ces critères de repères seront-ils légèrement modulés.
 

L'hymne national et respect, en éducation morale et civique

Les nouveaux programmes conservent certains éléments de ceux de 2015 mais opèrent aussi un retour remarqué sur l’époque Chevènement (ndlr, 1985) autour de l’apprentissage de La Marseillaise que les plus jeunes devraient apprendre à reconnaître en cycle 1, avant d'en maîtriser un nouveau couplet à chaque passage de niveau à partir du CE2, ainsi que les principaux symboles républicains, les droits de l'Homme et de l'Enfant. Hormis l'hymne national à apprendre par coeur, le mot respect est l'une des valeurs montantes des programmes d’EMC.

Les ateliers philo, très prisés dans les précédents programmes pour travailler sur une éthique du vivre-ensemble, ne sont plus évoqués dans les programmes en primaire. En revanche rien n’interdit aux enseignants, au titre de leur liberté pédagogique, de mettre en place ces supports ou d’autres ateliers pour sensibiliser les élèves au respect des lois et des codes sociaux. Au vu des défis sociaux actuels, on aurait pu attendre des contenus si ce n'est plus ambitieux mais au moins plus précis.

ml/www.ipreunion.com

   

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