La Saline - Sus aux nuisibles (actualisé) :

Un colloque pour chasser les tiques et mouches harceleuses de bovins


Publié / Actualisé
Le Groupement de Défense Sanitaire de la Réunion organise à l'Espace Tamarun ( Saline-les-Bains) les 5 et 6 septembre 2018 les premiers Etats Généraux de la santé animale. Un colloque auquel sont invités les éleveurs locaux, les vétérinaires, les élus mais aussi les consommateurs. Des spécialistes reconnus animeront les débats qui visent à élaborer une stratégie commune entre les acteurs du monde agricole pour trouver une solution aux problèmes sanitaires posés par les mouches-boeufs, les tiques et les moucherons piqueurs.
Le Groupement de Défense Sanitaire de la Réunion organise à l'Espace Tamarun ( Saline-les-Bains) les 5 et 6 septembre 2018 les premiers Etats Généraux de la santé animale. Un colloque auquel sont invités les éleveurs locaux, les vétérinaires, les élus mais aussi les consommateurs. Des spécialistes reconnus animeront les débats qui visent à élaborer une stratégie commune entre les acteurs du monde agricole pour trouver une solution aux problèmes sanitaires posés par les mouches-boeufs, les tiques et les moucherons piqueurs.

Les bonnes idées naissent souvent par hasard. C’est le cas de ces premiers Etats Généraux de la Santé Animale. L’année dernière, au hasard de la visite du Dr Thomas Hue, un spécialiste reconnu des tiques et vétérinaire installé en Nouvelle-Calédonie, l’idée a germé : organiser un colloque, réunir spécialistes et acteurs du monde agricole pour réfléchir collectivement à un problème qui affecte La Réunion, celui des insectes vecteurs de maladies pour les bovins. Et travailler sur solutions qui pourraient être mises en place, notamment pour les maladies induites par les tiques. 

" Une des méthodes préconisées pour lutter contre la tique et les maladies transmises par la tique, l'anaplasmose et la babesiose, est le changement de race. Les races élevées à la Réunion viennent essentiellement de la métropole et sont très sensibles aux tiques. On pourrait envisager de se tourner vers des races différentes, venues des Iles Vierges par exemple, ou tout simplement une race péi. Il y a des solutions, mais le débat doit être collectif et la stratégie doit être adoptée collectivement ", explique Ann Dernburg, vétérinaire conseil au Groupement de Défense Sanitaire de la Réunion (GDS).

Un problème local, des solutions locales

Changer de race bovine pour une moins sensible aux tiques et une piste à creuser. Mais il y a aussi d’autres sujets de débats, comme les moyens possibles pour affaiblir les vecteurs que sont les mouches, les tiques et les moucherons piqueurs, qui sont à l’origine de maladies comme l’anaplasmose, la leucose bovine enzootique ou la babésiose chez les bovins.

" Ne rêvons pas, explique Ann Dernburg, nous ne parviendrons pas à éliminer ces vecteurs. En Nouvelle-Calédonie, les Etats-Unis, qui avaient importé la tique au moment de la dernière guerre, ont dépensé des milliards de dollars pour éradiquer la tique du territoire, et ils n’y sont pas parvenus. A Porto Rico, en Martinique et en Guadeloupe, non plus. Le but n’est pas de les éradiquer mais de voir quelle stratégie commune nous pouvons mettre en place pour affaiblir ces vecteurs, diminuer leur nombre et donc le nombre d’animaux malades. "

Pour animer les débats, le GDS a donc fait appel à des spécialistes reconnus, qui seront tous épaulés par un technicien du GDS lors des débats. " A partir d’une problématique locale, avec l’aide des acteurs locaux, nous voulons trouver des solutions locales ", soutient Ann Dernburg.

Une campagne antivectorielle à lancer

Les maires et les conseillers généraux ont été invités à participer aux débats. Viendront, viendront pas ? L’histoire le dira. Mais notre interlocutrice avoue rêver du moment où les communes décideront collectivement de soutenir cet effort vétérinaire de lutte contre les arthropodes vecteurs de maladies chez les bovins : "  Pourquoi ne pas décréter sur l’île une période de lutte contre les mouches et les tiques, les communes et leurs partenaires mettant les moyens nécessaires, comme cela se fait pour lutter contre la dengue ou pour dératiser ? ", conclut Ann Dernburg.

Les débats auront lieu les 5 et 6 septembre à l’espace Tamarun à La Saline les Bains. Les consommateurs sont aussi invités à participer à la rencontre. L’entrée est gratuite mais l’inscription, obligatoire, doit être enregistrée dès à présent, soit sur le site du GDS (www.GDS974.com) soit auprès de l’accueil (tél. 0262 27 54 07).

www.ipreunion.com mis en ligne à 3:00 le 20/08/18 actualisé à 8:56

   

2 Commentaire(s)

Pakito, Posté
j ai été éleveur pdt 25ans , aujourd hui naturopathe
en France de plus en plus de tique dans nos campagne qui touche de plus en plus l humain pour être porteuse de la maladie de lyme . Afin d être moins la cible de ses insectes je vois 2 actions possibles, répulsif a base de citron..., et changé le gout des sueur qui sont nourriture de ces insectes , donc intégrés des huiles essentielles , certain complément alimentaire pour déharmoniser l insecte de sont hôtes
SOWETO, Posté
La leucose bovine enzootique est une maladie contagieuse des bovins qui se transmet par des piqûres d'insectes et notamment les tiques (Amblyomma variegatum et Boophilus microplus) mais aussi par les mouches piqueuses du bétail (Stomoxys calcitrans et Stomoxys nigra qui pullulent ici à la Réunion) et aussi par les voies iatrogènes (aiguilles des seringues utilisées plusieurs fois...), le taux d'infestation est proche de 70% des troupeaux. L’éradication de cette maladie à la Réunion est une utopie tant qu'une action conjuguée de lutte ne soit pas menée contre les vecteurs cités plus haut et le dépistage systématique des bovins porteurs du virus n'est pas mise en place. A la réunion la réglementation n'est pas respectée tant pour la lutte des maladies réputées contagieuses que pour les maladies transmises lors de la monte publiques (le contrôle des taureaux reproducteurs). Les autorités oublient souvent que la Réunion est une île donc un milieu fermé et que toute introduction d'animaux ou de plantes vivants est la voie élective d'entrée des maladies. Monsieur le Préfet nie ce principe fondamental qu’on apprend à l’école que la porte d’entrée des maladies est l’importation des plantes et des animaux vivants. A méditer aussi sur les raisons pour lesquelles en France, on lutte contre la LBE, raisons zootechniques ou sanitaires. La LBE affaiblit l’organisme du bétail et fait le lit de nombreuses autres maladies souvent mortelle. Il semblerait qu’il existe un lien entre les cancers du sein et la consommation du lait renfermant le virus de la leucose. Peut-on mener cette enquête à la réunion pour comparer le taux de cancer du sein par rapport à celui de la métropole, en Chine on ne boit pas trop le lait et il n’y a peu de cancer du sein.
Dans les années 90, la Daf de l’époque a missionnée un chercheur de l’IMVT pour mener une enquête parasitaire à la Réunion. Ce remarquable travail dirigé par le Dr Nicolas Barré a fait l’objet d’un rapport dont la conclusion est simple : En milieu tropical, le principal fléau de notre élevage reste les problèmes parasitaires tant externes que les parasites internes qui déciment directement et indirectement nos troupeaux.
Ses travaux terminés le Dr Barré a proposé des solutions d’éradication et de lutte notamment par l’introduction de parasitoïdes (Tachnephagus et Spalangia) pour venir à bout de ces parasites dans le cadre d’une lutte biologique contre les mouches piqueuses des bovins. Malheureusement on n’entend plus parler des lâchers ou d'élevage de ces parasitoïdes alors qu’à l’Ile Maurice la lutte biologique a porté ses fruits contre les mouches qui transmettent la maladie du Surra.
D’autres pistes existent mais cela demande des investissement que la Région n’est pas prête de financer notamment la recherche de l’existence d’un champignon entomopathogènes qui pourrai venir à bout de nos mouches piqueuses qui transmettent des maladies souvent mortelles à notre bétail.