3% des jeunes de 17 ans ont déjà tenté de se donner la mort :

Suicide des adolescents : un drame pas toujours évitable


Publié / Actualisé
L'émotion est vive dans les établissements de santé mentale à La Réunion suite au suicide samedi 18 août d'une jeune fille de 16 ans, hospitalisée pour dépression à la Clinique des Flamboyants. Selon les statistiques, 3% des adolescents de 17 ans ont fait une tentative de suicide. Des procédures d'encadrement ont été clairement posées par la Haute Autorité de Santé pour tenter d'éviter ces drames.
L'émotion est vive dans les établissements de santé mentale à La Réunion suite au suicide samedi 18 août d'une jeune fille de 16 ans, hospitalisée pour dépression à la Clinique des Flamboyants. Selon les statistiques, 3% des adolescents de 17 ans ont fait une tentative de suicide. Des procédures d'encadrement ont été clairement posées par la Haute Autorité de Santé pour tenter d'éviter ces drames.

Aux Flamboyants, l’émotion est palpable : " Ce drame rappelle avec violence le besoin de prise en charge de ces souffrances, qui sont de plus en plus nombreuses. Comme tout établissement de santé mentale, nous sommes confrontés à ce risque, même si c’est rarissime, explique Aude d’Abbadie-Savalli, Directrice générale du Groupe Les Flamboyants. Nous travaillons au quotidien pour que cela n’arrive pas, par des entretiens individuels, des groupes de parole, des traitements médicamenteux. Mais en 20 ans d’activité, ça nous est déjà arrivé d’avoir un patient qui décide d’en finir, malheureusement. "

Comment éviter de tels drames, même rares, au sein des établissements hospitaliers de santé mentale ? La Directrice générale du Groupe Les Flamboyants s’avoue impuissante : " Notre établissement répond à toutes les recommandations pour l’accueil des patients dépressifs. Nous allons même au-delà de ces recommandations par éthique personnelle, mais la dépression est une maladie très grave. Vous avez beau avoir tous les dispositifs possibles de prévention, si une personne est décidée à en finir, parce que, dans sa souffrance, ça lui paraît être la seule issue possible, elle y parviendra, quoi que vous fassiez pour prévenir son geste. Nous ne sommes pas là pour enfermer les gens, mais pour les soigner. " 

Pour l’heure, aux Flamboyants, une cellule médico-psychologique est à la disposition de la famille de l’adolescente qui a mis fin à ses jours, des patients qui ont vécu le drame et de leurs familles, ainsi que du personnel soignant.

Un accueil très encadré des ados dépressifs

La Haute Autorité de Santé a publié en 1998 des recommandations : tout adolescent suicidant doit être adressé aux urgences d’un établissement de soins où une triple évaluation somatique, psychologique et sociale doit être systématiquement réalisée. En cas d’absence de gravité somatique, cette évaluation peut être faite hors établissement hospitalier, au sein d’un réseau pluridisciplinaire habitué à prendre en charge des adolescents.

" Une TS (ndlr, tentative de suicide) chez un adolescent n’est jamais une conduite anodine à mettre sur le compte d’une crise d’adolescence et ne doit jamais être banalisée ", souligne un directeur d’établissement qui accueille des adolescents en souffrance en métropole et qui tient à garder l’anonymat étant donné le contexte de cet article. " Bien qu’aucun critère ne soit formellement prédictif, il faut rechercher les éléments faisant craindre une récidive à court terme ".

Selon la HAS, l’hospitalisation doit être la règle, tout particulièrement en cas de risques de récidive immédiate de la TS, en cas de pathologie psychiatrique non stabilisée, si l’environnement extérieur est jugé particulièrement défavorable, s’il n’est pas possible de mettre en place rapidement un suivi suffisamment structuré par un réseau ambulatoire.

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Une durée d’hospitalisation variable

" Il n’y a pas de règle standard concernant la durée optimale de séjour hospitalier ", conclut notre expert. Dans les cas les moins graves, une semaine suffit parfois, le temps d’organiser la prise en charge ambulatoire. Pour les cas plus graves, la HAS se montre plus exigeante : " Une hospitalisation qui viserait seulement à mettre temporairement l’adolescent à l’écart de ses difficultés ne peut suffire. Il est essentiel que soient développés simultanément et dès le début du séjour hospitalier des soins somatiques et psychiques. " Malheureusement parfois inefficaces pour enrayer l’envie d’en finir.

Le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les 15-24 ans, après les accidents de la circulation et représente 16 % des décès de cette tranche d’âge en 2014 (chiffres ONS).

ml/www.ipreunion.com

   

1 Commentaire(s)

Sociale, Posté
deuxième cause de mortalité mais certains accidents ne peuvent ils pas être considérés comme liés à une conduite suicidaire?