La Confédération appelle à la mobilisation le 8 septembre :

Réforme des retraites : l'UCR-CGTR craint une explosion sociale


Publié / Actualisé
Lors de la conférence de presse du jeudi 23 août, la Confédération des travailleurs retraités a sorti les mitraillettes verbales contre la politique du gouvernement en matière de retraite. Politique dont on ne connaît pas encore les contours mais dont les grandes lignes incitent la UCR-CGTR à la plus grande circonspection. Et le mot est faible...Pour Max Banon et Roger Alagama, les porte-parole de l'UCG-CGTR, la réforme des retraites en cours est une menace pour l'avenir, au risque d'"une explosion sociale".
Lors de la conférence de presse du jeudi 23 août, la Confédération des travailleurs retraités a sorti les mitraillettes verbales contre la politique du gouvernement en matière de retraite. Politique dont on ne connaît pas encore les contours mais dont les grandes lignes incitent la UCR-CGTR à la plus grande circonspection. Et le mot est faible...Pour Max Banon et Roger Alagama, les porte-parole de l'UCG-CGTR, la réforme des retraites en cours est une menace pour l'avenir, au risque d'"une explosion sociale".

En première ligne, la menace de suppression des pensions de réversion. "A La Réunion, 97% des femmes sont concernées !", s’inquiète Max Banon, l’un des membres actifs de la CGTR qui rappelle au passage qu’Emmanuel Macron a fait le choix de supprimer l’impôt sur la fortune. "La pension de réversion, c’est une part importante de la retraite des femmes à La Réunion. La moyenne de leurs retraites, c’est 605 euros dont une bonne part de réversion quand ce n'est pas la totalité de leur retraite. "

Un déficit organisé

Ensuite, la disparition des régimes spéciaux, " fruits de négociations, de conventions collectives, d’accords dus à la pénibilité parfois ", soulignent Max Banon et Roger Alagama. Mais si ce n’était que ça ! La fin de la cotisation chômage et des cotisations sociales, c’est, pour les représentants de l’UCG-CFTR le sommet de l’hypocrisie gouvernementale : " On vous dit qu’on va augmenter ainsi les salaires mais on est juste en train de créer mécaniquement le déficit du système d’indemnisation du chômage et de la Sécurité sociale ".

Un changement de société

Le régime à points, pour les représentants de l’UCG-CGTR, c’est la fin d’un monde, l’apocalypse en quelque sorte : " Avec la retraite à points, Macron a annoncé un changement de société. Cette réforme renonce au principe de retraite solidaire où les actifs cotisent pour tous, même pour ceux qui ne travaillent pas. On entre dans un autre projet de société, où la pension de retraite sera faible, puisque les temps non travaillés ou travaillés à temps partiels ne donneront pas les points en suffisance pour avoir une retraite à taux plein. "

Et les syndicalistes de dénoncer aussi cette future retraite indexée sur la performance économique qui ajuste la valeur du point en fonction de la croissance. " Et cela tout en gardant une politique de distribution des dividendes dans l’option de la politique néo-libérale sur la richesse produite ".

Et de citer quelques chiffres évocateurs : " En France, 10% des patrons les plus riches sur les 500 milliardaires que compte la France ont reçu d’avril 2018 au titre de leur actionnariat 67,40 euros par 100 euros de bénéfices. On ne peut pas payer l’emploi et  payer l’investissement avec les 26,40 euros restants et espérer développer une entreprise ainsi ! Il ne sera pas possible de retrouver une croissance selon ce modèle ! ".

Appel à la mobilisation pour le 8 septembre

Alors qu’une journée de manifestation est prévue le 8 septembre contre la réforme des retraites telles qu’elle est annoncée, l’UCR-CGTR réclame le retour de la demi-part du quotient familial accordée aux veufs et aux veuves, des 10% pour les parents de trois enfants et plus, la création d’une indemnité compensatrice Vie chère à La Réunion, le maintien des pensions de réversion, l’abandon de la hausse de la CSG, le paiement des pensions le premier jour du mois…

Et pour obtenir tout ça, il faut du monde dans la rue le 8 septembre. Une mobilisation difficile, reconnaissent les deux syndicalistes. " Les gens râlent, mais ils subissent, ils ne bougent pas. Jusqu’au moment où le système va exploser et là, ça va faire mal ! "

S'ils s'adressent aux jeunes actifs, les syndicalistes lancent aussi un avertissement aux retraités actuels : " Il ne faut pas croire que les retraités actuels ne seront pas touchés par la réforme. Ils seront touchés comme les autres."

ml/www.ipreunion.com

 

   

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