APL, allocations, retraite, contrats aidés... :

Le coût humain du coup de rabot ne passe pas


Publié / Actualisé
Dimanche 26 août 2018, les déclarations du Premier Ministre et du Ministre de l'Economie ont mis en boule syndicats et associations sportives, elles aussi mises à la diète avec la baisse des subventions et la fin des contrats aidés. Un coup de rabot supplémentaire sur le pouvoir d'achat et les possibilités d'action qui provoque la fureur des syndicalistes qui préparent la riposte. En espérant que les salariés, chômeurs, retraités et associatifs seront au rendez-vous.
Dimanche 26 août 2018, les déclarations du Premier Ministre et du Ministre de l'Economie ont mis en boule syndicats et associations sportives, elles aussi mises à la diète avec la baisse des subventions et la fin des contrats aidés. Un coup de rabot supplémentaire sur le pouvoir d'achat et les possibilités d'action qui provoque la fureur des syndicalistes qui préparent la riposte. En espérant que les salariés, chômeurs, retraités et associatifs seront au rendez-vous.

" Ce gouvernement prend les retraités pour des cons… ! ". La phrase choc de Roger Alagama, au nom de la CGTR, donne le ton.  L’augmentation de 0,3% des pensions de retraite ne passe pas.  A FO, Eric Fontaine a peut-être un langage plus châtié mais le fond de sa pensée va dans le même sens : " APL, alloc, retraites… Le gouvernement est en train de démolir notre modèle social et il tire sur les derniers de cordée, les plus faibles, les plus vulnérables ! "

A la CFDT, Karl Maillot se dit " choqué " mais si, à FO, " on s’en doutait, eh bien là, c’est fait : le gouvernement a bien tiré sur les plus faibles qui vont de nouveau subir de plein fouet cette baisse du pouvoir d’achat. L’augmentation de 0,3% est absolument ridicule à côté de tout ce que les gens vont perdre au quotidien avec l’inflation. " Et de rappeler qu'à La Réunion, 40% des habitants vivent sous le seuil de pauvreté : "Comment vont-ils pouvoir s'en sortir ?". Moïse Mazeau, au syndicat Solidaires, englobe tout le monde : " Les retraités sont pris en otage ainsi que les plus vulnérables, les travailleurs les moins favorisés et les associations qui s’occupent des plus vulnérables, tout le monde est frappé de plein fouet ! "

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Serrage de ceinture à tous les niveaux

Comme Solidaires, nombreux sont les syndicats à évoquer aussi le monde associatif qui subit lui aussi la baisse des subventions, l’augmentation du coût de la vie qui freine les velléités de bénévolat pour encadrer des actions au profit des plus démunis et jouer un rôle essentiel d’éducateur et de cohésion sociale.  " Quand j’étais jeune, j’étais moi aussi parti sur un mauvais chemin, témoigne Johan Guillou, président de la Ligue de basket. C’est le sport qui m’a remis sur le bon chemin. Mais aujourd’hui les Ligues sportives, et bien sûr les associations, n’ont plus les moyens de faire ce boulot social. Encore là, on vise les plus vulnérables. A la Ligue de basket, si nous étions sur le même budget qu’il y a deux ans on embaucherait deux personnes, une secrétaire administrative et un éducateur sportif. Mais là on est plutôt à envisager un licenciement économique ! "

. Même discours à la Ligue de natation : " Nous avons déjà mis fin à des contrats aidés et là, si, ça ne s’arrange pas, d’ici la fin de l’année, il faudra encore licencier une personne ", explique Guilène Faubourg, la présidente. Dans toute La France 459 000 contrats aidés, l’Etat a réduit la voilure à 200 000 nouveaux contrats aidés en 2018. Et ce n’est pas fini.
Guilène Faubourg évoque aussi les baisses de subventions, ne permettant plus l’organisation de compétitions internationales et, forcément, démotivant parfois les jeunes nageurs. " Sur deux exercices, nous avons perdu au moins 30% de subventions, c’est énorme ! Comment faire autant avec moins de moyens ? Les clubs nous le reprochent souvent, mais où est la solution ? "

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Vers des actions fortes en septembre

La solution, le bénévolat ? Comme Johan Guillou, des présidents d’associations notent le désinvestissement des bénévoles pourtant indispensables. Les risques que représentent la responsabilité engagée, qui font réfléchir à deux fois les bonnes volontés. Mais pas seulement : " Le carburant est cher, tout est cher. S’engager, c’est donner beaucoup, or les gens n’ont plus les moyens de donner. " Même s’ils  reconnaissent aussi que les moyens ne sont pas seuls en cause : " La société évolue vers plus d’individualisme, on joue moins collectif ", regrette Guilène Faubourg.

Les syndicats eux aussi s’inquiètent de l’apparent abandon des salariés et des retraités pour défendre le modèle social. Réunis en intersyndicale en fin de semaine, les représentants syndicaux vont tenter de mettre sur pied une action de protestation collective. " On en parle avec nos adhérents, mais c’est vrai que ce n’est plus comme avant. On peine à mobiliser. "

Pour Eric Fontaine, de FO, l’incompréhension est là : " Les retraités ne sont pas tous grabataires, et pourtant, lors des dernières manifestations, ils n’étaient pas là. " Pour autant, les syndicats ne sont pas prêts à baisser les bras. " C’est grave ce qui se joue là, on est dans une situation qui ne peut être que défensive ", conclut Eric Fontaine. Mais pour mener bataille, il faut fédérer et c'est bien sur la non-mobilisation des troupes que compte le gouvernement pour faire passer des réformes au goût amer. Et comme le disait Roger Alagama (CFTR) la semaine dernière en conférence de presse, "le jour où ça va exploser, ça va faire mal."

ml/www.ipreunion.com

   

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    1 Commentaire(s)

    Jose, Posté
    C'est ça l'effet pervers de l'Europe, ça s’appelle le nivellement par le bas, au profit des élites !

    Vive Macron, produit de la haute finance !