Appels aux maires et aux clubs :

Le CROS mobilise autour de la Journée NO Sports


Publié / Actualisé
Pour protester contre la baisse des subventions pour le sport et pour les Jeux des Iles, le Comité Régional Olympique et Sportif a invité les maires du département, ce samedi 8 septembre 2018, à assister à une rencontre au cours de laquelle ses représentants ont expliqué leurs doléances et invité les maires à les soutenir dans leur décision de boycotter la Fête du Sport, initiée par le Ministère.
Pour protester contre la baisse des subventions pour le sport et pour les Jeux des Iles, le Comité Régional Olympique et Sportif a invité les maires du département, ce samedi 8 septembre 2018, à assister à une rencontre au cours de laquelle ses représentants ont expliqué leurs doléances et invité les maires à les soutenir dans leur décision de boycotter la Fête du Sport, initiée par le Ministère.


Dans la salle, les élus étaient peu nombreux. Mais motivés par le débat. Si chacun des présents a tenu à rappeler son attachement à la défense du sport, ils ont aussi souligné combien pouvait être parfois pesant le fait d’être le premier recours des associations sportives. " Quand les subventions d’Etat ou des collectivités territoriales ne sont pas au rendez-vous, c’est sur la collectivité locale,  sur la mairie donc, que les associations tombent ", a souligné l’un d’eux. Rappelant que l’entretien des piscines et des équipements sportifs était déjà une lourde charge.

Néanmoins, pas question de renvoyer les sportifs dans les cordes. Les élus présents ont redit leur soutien au CROS et par là-même à toutes les ligues de sport et associations, en insistant sur le fait qu’il " ne devait pas y avoir un recul du service public " sur le terrain du sport.  Surtout à La Réunion qui doit faire face à un autre obstacle, celui de l’éloignement. Pour les athlètes des Pôles Espoir, inscrits aux compétitions nationales et internationales. " Nous sommes loin de tout et en plus 30% de notre population est au chômage, contre 9% en métropole. La Réunion doit être aidée davantage, en raison de ces obstacles ".

Des bénévoles investis mais fatigués

Dans les différents discours de la présidente et de ses vice-présidents, est reconnu en boucle le souci que représente cette baisse de financement et le poids que cela fait peser sur les bénévoles.  Véronique Lagourgue, de la Ligue de Kayak et secrétaire générale du CROS, a été très claire : " Depuis des années, et cela remonte au siècle dernier, je n’ai pas eu une minute pour m’asseoir dans le kayak tellement je suis mobilisée autour des tâches administratives et de l’encadrement ! Ca n’a rien d’étonnant que les Ligues ne trouvent plus suffisamment de bénévoles. On exige de nous toujours plus d’engagement, toujours plus de compétences et au bout, il n’y a aucune reconnaissance. "

Et de lister les baisses de subventions comme autant de preuves de ce manque de considération pour des bénévoles qui peuvent travailler jusqu’à 30 heures par semaine parfois pour être utiles aux autres. Un constat repris aussi  par Alain Descorsier, de la Ligue de Canne de Combat : " On passe parfois un temps fou sur des catalogues pour trouver des tenues moins chères, pour grappiller quelques euros ".

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Déplafonnement de la Taxe Buffet

Quant à Ericka Bareigts, présente durant toute la rencontre, son intervention a porté notamment sur le déplafonnement de la Taxe Buffet.  "Actuellement, a-t-elle rappelé, la Taxe Buffet qui rapporte 50 millions est redistribuée à hauteur de 50% pour financer le sport. Ce montant est plafonné à maximum 25 millions. Mais pendant le débat parlementaire à venir, nous allons demander son déplafonnement, pour que les sommes reversées puissent dépasser les 25 millions actuels. "

La députée a également déploré que la baisse de budget global du Ministère des Sports ait fait perdre quatre millions pour La Réunion. Le déplafonnement, s’il était voté, pourrait compenser cette perte.

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Mais pour l’heure, le trésorier du CROS n’en est pas à émettre des " si ", le principe de réalité est au contraire bien présent dans son discours : " Pour l’heure, en ce qui concerne les Jeux des iles, le budget promis par La Région a été baissé de 10%, celui de l’Etat est en baisse de 7% et nous n’avons encore aucune réponse du Département qui nous avait promis des fonds pour la mi-septembre ", a expliqué Daniel Rouvière pour qui le financement des jeux des îles est loin d’être une compétition gagnée. 

" Nous n’avons rien obtenu encore au niveau du CROS, sinon 150 euros, 100 000 de l’Etat et 50 000 de La Région, sur les 600 000 promis. C’est très inquiétant car nous allons devoir verser des acomptes pour l’hébergement à hauteur de 67 000 euros, des acomptes pour le transport aérien, pour les tenues… ".

Peu d'ouvertures dans le financement privé

Mot de la fin avec Yohann Guillou, président de la Ligue de basket et membre actif du collectif Prézisport : " On ne demande pas plus qu’avant mais des coupes raisonnables pour pouvoir fonctionner normalement. Sinon, des clubs fermeront et où iront ces jeunes, s’ils n’ont plus le sport ? Demander plus aux familles n’est pas envisageable, déjà pour 70 euros par an, beaucoup nous demandent de payer en trois fois. Si nos cotisations augmentent, ce sera impossible pour beaucoup de jeunes. Va-t-on aller vers un sport à deux vitesses, pour les riches d’un côté, pour les pauvres de l’autre ? "

Quant à la question de faire porter sur les entreprises une partie du coût du fonctionnement du sport au titre du mécénat, tous les responsables présents ont conscience des limites de cette proposition : " Même la compagnie régionale ne nous a pas fait de tarifs exceptionnels pour aller aux Jeux des Iles ", a souligné le Président de la Ligue de basket.

 

 

Le match continue donc entre financeurs et sportifs. Lundi, le collectif Prézisports doit rencontrer le Département. Monique Cathala a rappelé en conclusion l’impératif de " travailler ensemble, CROS et Prézisports solidaires " et s’est dit soulagée de constater une telle mobilisation autour de la Journée NO Sports. "L'Etat a décidé d'organiser la Fête du sport avec le monde économique, les collectivités, sans demander l'avis du monde sportif. Et en même temps, les subventions baissent. On va nous demander de travailler bénévolement pour cette Fête du Sport, d'assurer l'animation, mais les sous, ce n'est pas nous qui les avons, nous en avons même de moins en moins alors que nous représentons 160 000 licenciés et 1600 clubs." Pour Monique Cathala, l'heure est bien au boycott, histoire de montrer ce que pèse réellement le monde sportif à La Réunion.

 

Tel était bien le but de cette rencontre de ce samedi 8 septembre 2018 : inciter les mairies à fermer les clubs sportifs en guise de protestation les 22 et 23 septembre, lors de la Fête du Sport, comme l'explique dans notre vidéo Adolphe Pépin, l'un des vice-président du CROS.

Le message est passé. En principe, ce devrait donc être journées mortes pour le sport les 22 et 23 septembre, à La Réunion, si les mairies adhèrent à l'unanimité à la proposition du CROS.

ml/www.ipreunion.com


 

   

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Illustration : Kwa Films

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