[LIVE/PHOTOS/VIDEOS] Elles étaient poursuivies par la Région :

Médiathèque Cimendef: jugées pour violation de domicile, les députées Bareigts et Bello relaxées


Publié / Actualisé
Ericka Bareigts et Huguette Bello étaient convoquées par le tribunal correctionnel de Saint-Denis ce vendredi 14 septembre 2018. Poursuivies par la Région, elles devaient répondre d'une "violation de domicile." Les faits remontent au 3 mars 2018 où les deux députées avaient voulu visiter la médiathèque Cimendef de Saint-Paul devenue Conservatoire régional. Le président de Région, Didier Robert, s'était opposé à leur présence dans les étages. Il avait ensuite porté plainte - en sa qualité de président de la collectivité régionale -, contre les deux députées qui étaient quand même monté à l'étage du bâtiment. Les parlementaires ont été relaxées. Et, fait rare, dans un tribunal correctionnel, le président a tenu à souligner : "mesdames on vous fait un mauvais procès, vous n'avez pas franchi la ligne rouge, je rejoins le procureur pour dire que cette affaire n'aurait jamais dû arriver devant le tribunal" qui n'est pas une arène politique. "Ce type de débat ne se résout pas dans les prétoires mais dans les urnes" a ajouté le président. L'histoire ne dit pas si le président de Région a senti le souffle de la gifle...
Ericka Bareigts et Huguette Bello étaient convoquées par le tribunal correctionnel de Saint-Denis ce vendredi 14 septembre 2018. Poursuivies par la Région, elles devaient répondre d'une "violation de domicile." Les faits remontent au 3 mars 2018 où les deux députées avaient voulu visiter la médiathèque Cimendef de Saint-Paul devenue Conservatoire régional. Le président de Région, Didier Robert, s'était opposé à leur présence dans les étages. Il avait ensuite porté plainte - en sa qualité de président de la collectivité régionale -, contre les deux députées qui étaient quand même monté à l'étage du bâtiment. Les parlementaires ont été relaxées. Et, fait rare, dans un tribunal correctionnel, le président a tenu à souligner : "mesdames on vous fait un mauvais procès, vous n'avez pas franchi la ligne rouge, je rejoins le procureur pour dire que cette affaire n'aurait jamais dû arriver devant le tribunal" qui n'est pas une arène politique. "Ce type de débat ne se résout pas dans les prétoires mais dans les urnes" a ajouté le président. L'histoire ne dit pas si le président de Région a senti le souffle de la gifle...
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    Les députées s'expriment à la sortie du tribunal

    "Un jugement très éclairé, très argumenté (…) Ce débat n’avait aucune raison de se passer dans les murs d’un tribunal (…). C’était un débat politique" résume Ericka Bareigts.

    "Ces choses là se règlent en dehors d’un tribunal",  ajoute Huguette Bello.

    Regardez :

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    Le tribunal correctionnel de Saint-Denis relaxe Bello et Bareigts

    Le tribunal déclare le conseil régional recevable dans sa requête. Les députées Bello et Bareigts sont relaxées des fins de la poursuite.

    Applaudissements dans la salle

    Fait rare, Le président du tribunal commente : "Mesdames on vous fait un mauvais procès, vous n'avez pas franchi la ligne rouge, je rejoins le procureur pour dire que cette affaire n'aurait jamais dû arriver devant le tribunal" qui n'est pas une arène politique. "Ce type de débat ne se résout pas dans les prétoires mais dans les urnes" a ajouté le président. L'histoire ne dit pas si le président de Région a senti le souffle de la gifle...

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    L'audience est suspendue pour délibération.

    En attendant, les députées s'expriment :

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    Plaidoirie de Maître Saubert

    Maître Saubert, avocat d'Ericka Bareigts et d'Huguette Bello : "Mon confrère nous parle de la crise requin, de la Guyane, il nous dit aussi que le directeur de cabinet de La Région n’était pas habilité à donner une autorisation de visite et qu’il aurait fallu la demander au directeur de l’établissement, le conservatoire en l’occurrence seul compétent en la matière. Mais alors pourquoi c’est la Région et non le conservatoire qui poursuit mesdames Bello et Bareigts ?"

    Maître Saubert estime que le conseil régional ne peut légalement pas poursuivre Ericka Bareigts et Huguette Bello pour violation de domicile : "La Région a tenté un coup politico-judiciaire en montant un dossier où elle ne sait pas comment elle s’appelle ni où elle habite".

    L’avocat demande que la Région soit déboutée de l’ensemble de ses demandes

    Fin de plaidoirie

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    Le procureur ne prend pas de réquisitions

    Me Creissen porte ensuite le débat sur plan de Zorey Kreol : Madame Bareigts a dit en Guyane qu’elle avait la peau noire, Madame Bello est connue pour ses prises de position dans la crise requin.

    "Le parquet n’entend nullement s’associer aux poursuites engagées par la partie civile (la région en l’occurrence ndlr), annonce le procureur. Par ailleurs je ne suis pas persuadé que le tribunal correctionnel soit l’enceinte appropriée pour un débat qui est clairement politique."

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    La Région plaide pour une "violation de domicile" contre les députées Bello et Bareigts

    Les auditions des deux députées sont terminées. Maître Creissen prend la parole pour la région : il plaide le fait que si le rez-de-chaussée était ouvert au public mais que ces étages étaient fermés,  il y a bien eu "violation de domicile".

    Il affirme qu’à son arrivée à la tête de la mairie de Saint-Paul, Joseph Sinimalé a trouvé une commune très endettée et qu’il a dû vendre l'équipement devenu inutile. [Mouvement de désapprobation dans la salle].

    Il plaide que Vincent Begue ne pouvait pas donner l’autorisation de visiter le bâtiment. [Pour rappel ledit Vincent Begue n’a signalé à aucun moment à Huguette Bello qu’il n’était pas habilité à lui répondre.]

    « Les deux députées étaient suivies dans le bâtiment par la même troupe qui se trouve dans cette salle aujourd’hui, poursuit l’avocat de la Région. Imaginez qu’un enfant ait été agressé » [Murmures de désapprobation dans la salle]

    « Il y a eu de leur part la volonté faire un coup politique et médiatique, » ajoute Me Creissen.

    Se tournant ensuite vers les deux députées, l'avocat de la Région ironise : "vous avez eu de la chance de tomber sur un vigile délicat." [Rires dans la salle]

    "Elles ont commis un délit avec leur écharpe tricolore qu’elles portaient indûment ce jour là", insiste-t-il

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    Les deux députées n’en démordent pas : il y a eu gaspillage dans l’utilisation des fonds publics pour la médiathèque Cimendef

    Maître Creissen estime qu’Huguette Bello n’aurait pas dû téléphoner à Vincent Begue du cabinet de Didier Robert. Selon lui, il fallait qu'elle demande directement une autorisation au directeur du Conservatoire.

    Nouveau rire dans la salle : c’est en effet la région qui gère le bâtiment.

    Huguette Bello se défend : "il est inutile de répondre à cette question."

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    Rires et récit

    Après avoir résumer le contexte, le président demande des précisions sur les faits

    "Vous avez prévenu la région de votre venue ? questionne le président

    - Oui, j’ai prévenu monsieur Vincent Begue, directeur de cabinet de Didier Robert, qui nous a dit que nous ne pourrons pas visiter les étages à cause de travaux... qui n’existaient pas, répond Huguette Bello.

    - Personne de la région n’est venu nous accueillir par contre, souligne Ericka Bareigts. Il y avait toute une équipe de gros bras, de nervis.

    - On nous a accusé d’avoir été violentes : je n’ai jamais frappé personne de ma vie, assur la députée Bello.

    - En même temps madame Bello, vous avez le Bras dans le plâtre", observe le Président

    Rire des deux députées et de la salle.

    Victime d’un accident domestique, Bello a effectivement le bras dans le plâtre

    "Je pèse 48kg, s'explique quant à elle Ericka Bareigts. J’aurais été incapable de violenter la personne qui était devant moi" (les images projetées dans la salle montre un vigile imposant qui surveille l’ascenseur). "Je n’ai jamais frappé personne" insiste-t-elle.

    Nouvel éclat de rire dans la salle.

    (Photo réalisée avant l'audience)

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    800 000 euros de livres

    Huguette Bello rappelle que 800 000 euros de livres et de documents ont été acquis pour la Médiathèque : "Nous assistons à un autodafé virtuel," s'alarme-t-elle.

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    [VIDEO] Rappel

    Accompagnées par le collectif "Citoyen Cimendef", les députées Ericka Bareigts et Huguette Bello s'étaient mobilisées samedi 3 mars 2018 pour entreprendre une visite de la Médiathèque Cimendef de Saint-Paul. L'accès à certaines parties du bâtiment leur avait été refusé et les deux députées avait forcé le passage. Regardez :

    Lire aussi => Matinée musclée à la Médiathèque Cimendef de Saint-Paul

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    La députée Bello souligne l'absence du président de la Région

    La députée Bello ne comprend pas pourquoi elle et Ericka Bareigts sont jugées aujourd’hui : "vous avez fort à faire monsieur le président, dit-elle, et voilà que deux parlementaires qui voulaient défendre le droit à la lecture se retrouvent devant vous par la volonté d’un président de région qui lui même n’est pas la."

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    Un chantier à 18 millions d’euros

    Bello rappelle qu’en tant que maire de Saint-Paul (2008-2014) c’est elle qui avait lancé les travaux de la médiathèque Cimendef. Le chantier a coûté 18 millions d’euros. Elle rappelle que son successeur à la mairie, Joseph Sinimalé, a ensuite vendu le bâtiment à la Région.

    Ainsi, la mairie de Saint-Paul a du rembourser près de 4 millions d’euros à l’Etat puisque la subvention avait été allouée pour une médiathèque et non pour un conservatoire régional.

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    Projection d'un reportage

    Maître Creissen fait projeter un reportage de réunion 1ere montrant ce qui s’est passé à la médiathèque. Le président ne comprend pas pourquoi l’avocat de la région montre cette vidéo, la projection est alors interrompue.

    Le président demande aux deux députées de donner leur version des faits

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    Huguette Bello et Ericka Bareigts prennent la parole

    « Je trouve cela extraordinaire d’être devant vous, nous avons mené beaucoup de manifestations devant le conseil régional il y a une vingtaine d’années. Nous ne sommes pas venues à la médiathèque comme des délinquantes, mais simplement pour protester contre la fermeture de cet équipement » annonce en substance Huguette Bello.

    Ericka  Bareigts ajoute que toutes deux assument le fait d’avoir voulu visiter la médiathèque : « La région nous demande de respecter la loi c’est aussi ce que nous demandons »

    Le tribunal décide de joindre l’incident au fond. Le procès se poursuit

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    Rappel à l’ordre

    Les juges rappellent à l’ordre Maître Creissen lorsqu’il commence a plaider sur le fond du dossier : "les députées ne sont pas venues en écharpe tricolore dans ce bâtiment public qu’est le tribunal. Nous sommes ici pour débattre d’un incident (l’irrecevabilité)" lui explique le président

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    "Juridiquement recevable" pour l'avocat de la région

    Maître Creissen prend la parole pour la région. Il estime que la citation de la région à l’encontre députées Ericka Bareigts et Huguette Bello est juridiquement recevable.

    L’irrecevabilité soutenue par l’avocat de la défense porte sur "une mauvaise dénomination de la citation qui désigne le conseil régional et pas la médiathèque."

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    "Irrecevabilité de la procédure"

    L’avocat de La Défense Fabrice Saubert plaide l’irrecevabilité de la procédure engagée par la région. Cette dernière est défendue par Maitre Creissen ancien avocat de ... Thierry Robert

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    Ericka Bareigts interrogée devant le tribunal

    Bonjour, bienvenu dans ce live.

    Devant le tribunal, la députée Ericka Bareigts s'est exprimée à notre micro : "Deux députées poursuivies au tribunal par un Président de Région, c'est je crois assez exceptionnel."

    Dans le tribunal, la salle d’audience est déjà pleine. Beaucoup de membre du collectif de défense de la médiathèque Cimendef sont présents pour soutenir les deux députées.

     

À propos

"La culture n'est pas une marchandise, c'est un droit vital", annonce d'emblée une pancarte déposée devant le tribunal correctionnel. Plusieurs militants sont présents pour soutenir les deux députées. Ils ont dressé une trentaine de panneaux sur lesquels sont collés des articles presse expliquant la destruction de la médiathèque Cimendef, remplacée par un Conservatoire régional. Regardez :

Les faits qui sont reprochés à Ericka Bareigts et Huguette Bello remontent au 3 mars 2018. Ce jour là, les deux députées, accompagnées par le Collectif Cimendef, avaient forcées l’accès de la médiathèque devenu un Conservatoire régional.
La Région Reunion, propriétaire des lieux avait alors condamné un "comportement et des actes de violences indignes de parlementaires" et entamé une procédure judiciaire. Mais le parquet n’avait retenu que les faits de "violation de domicile."

Lire aussi => Le procès d'Ericka Bareigts et Huguette Bello renvoyé et Matinée musclée à la Médiathèque Cimendef de Saint-Paul

   

2 Commentaire(s)

Alain, Posté
Que de temps perdu, d'argent gaspillé, d'heures de travail inutiles pour les magistrats ! Pour arriver à quoi ? Rien.
Franchement les gens de La Région feraient mieux de s'occuper des vraies souffrances des Réunionnais, sur ce coup la ils sont ridicules, mais cela devient habituel (hélas) avec cette équipe.
Macatia, Posté
Je n'arrive pas à comprendre comment deux petites madames qui pèsent à peine quelques s kilos puissent faire violence à des gros nervis de la Région dont les poids se mesurent en quintaux pour leur physique et dont les cerveaux sont inversement proportionnels à leur masse musculaire. C'est une honte, la justice a bien d'autres chats à fouetter sinon c'est une manière pour didix de faire diversion pour détourner les regards des réunionnais sur la venue dans l’île du PNF concernant l'appel d'offre de la NRL.