Le Secrétaire général de FO-Fonction Publique est à la Réunion :

Christian Grolier, inquiet sur l'avenir du statut des fonctionnaires


Publié / Actualisé
De passage sur l'île après une étape à Mayotte, le Secrétaire général de FO Fonction Publique, Christian Grolier, a fait part à la presse, ce mercredi 19 septembre 2018, de ses inquiétudes concernant le statut d'agent de la Fonction Publique dans un contexte de baisse des effectifs et de réforme des retraites.
De passage sur l'île après une étape à Mayotte, le Secrétaire général de FO Fonction Publique, Christian Grolier, a fait part à la presse, ce mercredi 19 septembre 2018, de ses inquiétudes concernant le statut d'agent de la Fonction Publique dans un contexte de baisse des effectifs et de réforme des retraites.

Ce mercredi 19 septembre, le secrétaire général national de FO-Fonction Publique doit rencontrer le secrétaire général de la préfecture pour évoquer le prochain comité directeur, prévu en octobre, qui actera de la réorganisation du service public dans l’île.  "A La Réunion, comme ailleurs, il y aura un projet de réorganisation des services. La Direction régionale de la Jeunesse et des Sports, par exemple, est concernée par cette réorganisation. Nous voulons savoir ce qu’il adviendra des agents transférés, quelles sont les conditions de la mobilité, sera-t-elle imposée ou choisie, dans quelles conditions cette mobilité sera accompagnée."

Les garanties d’accès au service public pour l’usager

Le secrétaire général national de FO-Fonction publique se dit aussi interpellé par les conditions d’accès au service public pour l’usager, à égalité de droits sur tout le territoire. " Entre 2004 et 2014,  la Fonction Publique d’Etat a perdu 264 000 postes budgétaires, notamment sur le Ministère de l’Economie et des Finances, le Ministère des Transports, et à l’Ecologie qui est le troisième ministère en terme de pertes de postes, c’est quand même paradoxal en période de transition écologique ", souligne-t-il.

La retraite à points enterre le statut

Autre point d’inquiétude, le projet de réforme des retraites. " Il y a une particularité dans le régime de retraite des fonctionnaires : nos pensions sont comprises dans le budget de l’Etat et inscrites au Grand livre de la dette publique. Ce qui signifie qu’elles doivent être payées, quel que soit l’état budgétaire de l’Etat.  Dans un système à points tel qu’il semble qu’on veuille nous l’imposer, il y a une grosse inquiétude pour l’avenir du statut d’agent de la Fonction publique. Si demain on nous dit " Vous allez avoir des points, mais on ne peut pas vous garantir le montant du point au moment de la retraite, on ne peut plus nous garantir la carrière et donc il n’y a plus de statut."


Pour Christian Grolier, le gouvernement manifeste clairement " une volonté de changer le modèle social, ce qui pose question sur le rôle qu’on veut faire jouer à la Fonction Publique et comment on finance le service public ".

Une manifestation le 9 octobre

Quoi qu’il en soit et pour s’imposer encore et toujours en qualité de corps intermédiaire pour défendre les droits des agents, le syndicat national fait déjà campagne pour les élections professionnelles de décembre 2018. Et se défend d’avoir besoin de recruter : " Nos effectifs sont stables ", affirme Christian Grolier, soutenu par le secrétaire général de la section Réunion, Eric Margueritte. Lequel se refuse pourtant à donner des chiffres : " Les chiffres n’ont pas d’importance. Nous n’avons pas de baisse d’adhésions à La Réunion mais c’est vrai qu’il y a en revanche une baisse de fréquentation sur les manifestations ".

Comme l’explique Janick Cidney, secrétaire départemental FO-Fonction Publique, " aujourd’hui, les agents hésitent à compromettre leur avancement, ce qui explique qu’on a du monde aux assemblées générales et moins aux manifestations."
Et si le secrétaire national de FO Fonction publique rappelle dans un sourire que " la volonté du  syndicat n’est pas d’appeler à la grève tout le temps ", il compte bien sur une mobilisation maximale le 9 octobre prochain. "Il ne faut pas se dire qu'on se vengera de la casse sociale dans quatre ans dans les urnes, ça ne fait que porter profit aux extrêmes. En Europe, l'extrême-droite n'est jamais aussi forte que là où les syndicats ont reculé."

ml/www.ipreunion.com

 

   

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