Plus de malades, moins de traitements.... :

Alzheimer : une journée pour mieux penser la prévention


Publié / Actualisé
Ce 21 septembre est la Journée Mondiale de la maladie d'Alzheimer. A La Réunion, cette pathologie du vieillissement concernerait environ 10 000 personnes dont la moitié ne serait pas encore diagnostiquée. L'antenne réunionnaise de France Alzheimer organise une journée d'action le 30 septembre, avec une marche au départ de Sainte-Marie et un pique-nique partagé autour d'animations diverses à l'arrivée, au Parc Coeur Vert, à La Trinité à Saint-Denis.
Ce 21 septembre est la Journée Mondiale de la maladie d'Alzheimer. A La Réunion, cette pathologie du vieillissement concernerait environ 10 000 personnes dont la moitié ne serait pas encore diagnostiquée. L'antenne réunionnaise de France Alzheimer organise une journée d'action le 30 septembre, avec une marche au départ de Sainte-Marie et un pique-nique partagé autour d'animations diverses à l'arrivée, au Parc Coeur Vert, à La Trinité à Saint-Denis.

Avec le vieillissement de la population, le nombre de personnes concernées par cette pathologie à La Réunion, ne peut qu'augmenter. Selon l'étude Gramoune Care de l'ARS, 40% des Réunionnais auront plus de 60 ans en 2040. Or l'hypertension artérielle et le diabète, pathologies courantes sur l'île, sont autant de facteurs prédisposant à développer précocémment la maladie d'Alzheimer ou une maladie associée. Or les moyens de stabiliser la maladie sont de plus en plus difficilement inaccessibles, pour beaucoup de personnes âgées ici à La Réunion, depuis le 1er août 2018 qui a marqué l'arrêt du remboursement par l'assurance maladie de quatre médicaments.

Le problème pourrait se complexifier encore un peu plus si le gramoune est aussi atteint de la maladie de Parkinson. En effet, après le déremboursement de ces quatre médicaments anti-Alzheimer (Aricept, Ebixa, Exelon, Reminyl), c’est maintenant le tour d’un traitement contre Parkinson, maladie fréquemment associée à Alzheimer, le Sinemet, de défrayer la chronique. En effet, ce médicament se retrouve en rupture de stock auprès du laboratoire. La carence est annoncée jusqu’à mars 2019. Pour l’instant à La Réunion, pas d’alerte encore sur la disponibilité de ce médicament, qui concerne un certain nombre de malades atteints d’Alzheimer et de Parkinson. Ce médicament peut heureusement être remplacé par un générique (mais pas sans avis médical).

30 euros, c'est un coût

L’accumulation de ces mésaventures décourage parfois les familles. " Ma mère n’a pas de gros revenus, à 79 ans, elle vit avec 700 euros à peine. Le déremboursement des médicaments qui la stabilisaient a été une grande claque, explique Martine, dyonysienne. 30 euros, ce n’est pas beaucoup peut-être, mais pour elle, c’est une somme et pour nous aussi. "

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Pour l’aider, Martine et sa famille prennent maintenant en charge ces traitements les mois où le budget est serré. " On dit qu’ils manquent d’efficacité et que c’est pour ça qu’il faut les payer nous-mêmes, mais ma mère se sentait mieux avec. S’ils sont si peu efficaces, pourquoi les laisser en vente alors ? ". Pour elle, l’impression qui domine, c’est que les vieux n’intéressent personne, "surtout quand ils deviennent un peu zinzin", dit-elle.

" C’est vrai que beaucoup de nos adhérents nous disent que leurs parents, surtout ceux en début de maladie, se sentaient mieux avec ces traitements, explique Sylvie Agniez, vice-présidente de Alzheimer Réunion. Nous n’intervenons pas directement dans ce débat du déremboursement, mais nous soutenons l’action de l’association France Alzheimer et maladies apparentées qui a saisi le Conseil d’Etat, comme d’autres associations, pour faire annuler cette décision."

A La Réunion, les responsables de l'association locale cherchent surtout à développer leurs moyens d'action. "Nous recevons des subventions de l'ARS, de la Région, du Département mais peu de dons", précise Sylvie Agniez. L'association voudrait donc informer le public sur les donations par testament. "Nous avons besoin de moyens pour agir auprès des aidants et des familles, pour les aider à comprendre la maladie et mieux entourer leurs malades. Beaucoup de ces aidants sont inquiets par l'ampleur de la tâche."

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Prévenir au plus tôt 

Georges, 73 ans, s'inquiète lui aussi. Non pas pour un parent.. mais pour lui. "Cette maladie me fait peur, avoue-t-il. Je ne veux pas aller en hôpital ni en maison de retraite. Je connais comme tout le monde des histoires de gramounes perdus sur la route ou qui ne savent plus ce qu'ils font".

La prévention, il y croit. C'est d'ailleurs pour ça qu'il va participer à la journée du 30 septembre pour s'informer, pour rencontrer des gens "comme lui", inquiets pour leur santé future. "J'ai déjà commencé à marcher tous les jours pour fluidifier le sang, je vais au club pour jouer à des jeux de société, je fais des mots croisés pour garder ma tête".

Certains professionnels de santé ou associatifs s'interrogent depuis deux jours sur l'absence de mention des maladies mentales du vieillissement dans le Plan Santé présenté par Emmanuel Macron, même si le gouvernement souhaite rendre obligatoire la mise en œuvre des projets territoriaux de santé mentale sur les territoires d’ici 2020. Reste à savoir quelle place y tiendront la prévention et le traitement de la maladie d'Alzheimer ?

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ml/www.ipreunion.com

 

   

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