Elle a tout fait pour tenter de le sauver :

Talya, brisée par le décès de son bébé au CHU Sud


Publié / Actualisé
Talya est une maman solo, qui a tout vendu, tout tenté, tout osé pour essayer de sauver Nayanah, son bébé de 18 mois. Cette petite fille est décédée le 12 septembre 2018, au CHU Sud après un exode de Madagascar aux Comores, puis à Mayotte et enfin une évacuation sanitaire à La Réunion le 24 août. Nanyanah a été inhumée ici à La Réunion. Pour sa maman, repartir est un déchirement. Autour d'elle, un petit réseau solidaire s'est créé, touché par l'immense peine de cette jeune femme de 29 ans qui a perdu sa raison de vivre, son enfant unique.
Talya est une maman solo, qui a tout vendu, tout tenté, tout osé pour essayer de sauver Nayanah, son bébé de 18 mois. Cette petite fille est décédée le 12 septembre 2018, au CHU Sud après un exode de Madagascar aux Comores, puis à Mayotte et enfin une évacuation sanitaire à La Réunion le 24 août. Nanyanah a été inhumée ici à La Réunion. Pour sa maman, repartir est un déchirement. Autour d'elle, un petit réseau solidaire s'est créé, touché par l'immense peine de cette jeune femme de 29 ans qui a perdu sa raison de vivre, son enfant unique.

Talya a 29 ans. Il y a quelques mois, elle vivait encore à Madagascar. Le père de Nayanah l'a quittée et elle se retrouve toute seule à la naissance de sa princesse. Elle travaille, possède sa maison. Tout se passe plutôt bien jusqu'aux 6 mois du bébé.

Nayanah commence à convulser. Puis elle fait un arrêt cardiaque et un coma. A son réveil, Nayanah aura une paralysie faciale, puis de tout le côté droit. Talya doit s'arrêter de travailler pour s'occuper de sa fille. Elle commence à vendre ses meubles afin d'avoir de l'argent pour payer la rééducation de sa fille. Mais après 5 mois de rééducation, aucun résultat probant. " Le médecin m’a dit qu'à Madagascar ils n'ont pas ce qu'il faut pour l'aider ", explique Talya, dont la voix se brise à chaque fois qu’elle évoque son drame. 

Talya décide de vendre sa maison et tout ce qu'elle possède pour faire établir leurs passeports, payer les visas, les deux billets d’avion et partir à Moroni afin de bénéficier de soins pour sa fille auprès de sa famille, qui est comorienne. L’espoir commence à revenir : Nayanah, au bout de 4 mois, a récupéré l'usage de sa main et commence à serrer des objets.  Talya est heureuse mais ce bonheur sera de courte durée... " Ma fille a refait un épisode de convulsion et un arrêt cardiaque ", explique la jeune maman. Son état  empire.
Elle consulte des médecins à l’hôpital de Hombo, et, d'après eux, Nayanah serait mourante... Tahira refuse cette option et elle se dit qu’elle n’a pas tout tenté. : à Mayotte, il y a un hôpital français. Peut être que eux, ces mzoungou, ces Blancs, pourront prendre soin de sa fille et la guérir ?

Un seul espoir, Mayotte

" Il me restait 600 euros d’économies. J’ai décidé de prendre un KwassaKwassa avec pour me rendre à Mayotte. J’avais très peur que nous nous noyions comme ça arrive parfois. Mais je me suis dit que ma fille était mourante, qu’ici il n’y avait personne pour l'aider. Soit je reste et elle meurt, soit nous mourrons toutes les deux en mer... Soit j'arrive à Mayotte avec les Blancs et ils pourront m'aider. Je n'ai plus rien à perdre..."

Neuf heures interminables pour faire la traversée jusqu’à Mayotte. " La mer était agitée, la barque était en mauvais état, prenait l’eau. Pour boucher le trou, nous avons utilisé nos vêtements ", se souvient Talya. Qui se rend immédiatement au CHU de Mayotte.

Nayanah est prise en charge avec bienveillance.  Mais son état est critique. " On m’a annoncé qu’elle devait être transférée à La Réunion J’ai préparé ses affaires, j’étais triste car je n’avais plus d’argent après avoir payé la traversée. Je ne pouvais pas l’accompagner. "
C’est alors qu’une dame arrive et lui annonce qu’elle peut accompagner sa fille en évacuation sanitaire. L’équipe sur place ayant obtenu les autorisations nécessaires…

Partir, un déchirement

Le 24 août 2018, Nayanah et sa maman arrivent dans un autre hôpital français : le CHU Sud Réunion. Des examens, des recherches génétiques sont effectués mais le pronostic vital de l’enfant est engagé. " Les médecins m’ont fait comprendre qu’il n’y avait guère d’espoir. Ils ont été si gentils avec moi ".

Trois semaines après son arrivée, Nayanah refait un arrêt cardiaque. Ses reins ne filtrent plus rien. C’est la fin. " Je ne voulais pas qu’on la débranche, explique en pleurant Talya. Je voulais qu’elle parte quand elle l’aurait décidé. "

Trois jours après, le 12 septembre 2018, c’est la fin, vraiment. " Je me couchée avec elle, je l’ai entourée de mes bras, je lui ai dit qu’elle pouvait partir si elle voulait, que je ne lui en voudrais pas, que je l’aimais et ne voulais pas qu’elle souffre. Je l’ai tenue contre moi, je l’ai embrassée et elle est partie. " Les larmes coulent.  " Ma fille… tout ce que j’avais… Que vais-je devenir sans elle ?… "
Nayanah, 18 mois, a été inhumée ici à La Réunion. Un déchirement pour sa maman, qui ne peut envisager d’abandonner le corps de son enfant ici. " Aller au cimetière, lui parler, c’est la chose qui me relie encore à la vie ", dit-elle.

ml/www.ipreunion.com

 

   

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