Perturbations dans les airs :

Le long-courrier d'Air Austral en sursis


Publié / Actualisé
Et si la guerre du low-cost long-courrier amenait Air Austral à se recentrer sur les vols régionaux ? C'est une hypothèse que n'exclut pas Marie-Joseph Malé, président directeur général, qui faisait le point sur la situation de la compagnie régionale ce lundi 26 septembre 2018. Du côté des syndicats, on regrette une fois de plus de "tout apprendre par la presse". L'intersyndicale devrait se réunir prochainement pour analyser ses annonces et décider de la conduite à tenir.
Et si la guerre du low-cost long-courrier amenait Air Austral à se recentrer sur les vols régionaux ? C'est une hypothèse que n'exclut pas Marie-Joseph Malé, président directeur général, qui faisait le point sur la situation de la compagnie régionale ce lundi 26 septembre 2018. Du côté des syndicats, on regrette une fois de plus de "tout apprendre par la presse". L'intersyndicale devrait se réunir prochainement pour analyser ses annonces et décider de la conduite à tenir.

Marie-Joseph Malé ne le cache pas, le paysage concurrentiel est devenu très intense depuis l’arrivée de French Bee en 2017. Conséquence, " notre part de marché entre Paris et La Réunion est passé de 35% à 30% ", note le responsable d’Air Austral.

Aussi, quand bruisse la rumeur de l’éventuelle arrivée d’une nouvelle compagnie low-cost long-courrier, Air Austral réfléchit à infléchir sa stratégie.

En ligne de mire, les compagnies Norwegian et Level qui regarderaient avec intérêt la destination Réunion. " Au jeu des pronostics, si tant est que l'une de ces deux compagnies ait réellement le projet d'ouvrir des vols vers La Réunion, Level aurait plus de chance d'être cette compagnie. Au regard de ses difficultés financières, on imagine mal Norwegian se lancer dans une aventure aussi coûteuse. A peine arrivée en France, Level n'a en effet pas hésité à se positionner sur les Antilles, un marché également très important et concurrentiel ", note La Tribune dans un article publié ce lundi.

Puis de citer Marie-Joseph Malé : " Nous avons bien résisté cette année grâce à notre stratégie de diversification mise en place il y a quelques années. Pour autant, on ne peut pas exclure l'arrivée d'une deuxième low-cost long-courrier " explique-t-il. Dans cette hypothèse, " nous ne pourrons plus continuer avec une stratégie de diversification. Le premier choc a été rude, le deuxième risque aussi de l'être et il faudra nécessairement réfléchir à un scénario un peu plus de rupture ", a-t-il ajouté.

Selon la Tribune, ce scénario passerait notamment par une réduction de la voilure sur le long-courrier pour se recentrer sur le réseau régional, ce qui fait planer des risques et conséquences sur les emplois. "On apprend une fois de plus tout cela par la presse" peste Marie-Noëlle Wolff, déléguée syndicale UNSA Aérien SNMSAC Air Austral. "On ne nous a jamais parlé de cette inflexion stratégique, ni de l'achat de nouveaux avions", ajoute-t-elle, regrettant "l'absence de dialogue social" au sein de la compagnie. Compte tenu de ces informations, l'intersyndicale devrait se réunir prochainement. "Nous allons analyser ces informations et décider de la conduite à tenir", explique la représentante syndicale.

Air Austral semble d’ailleurs avoir pris les devants sur cette stratégie en nouant et en renforçant son partenariat avec Air Madagascar, avec notamment l’ouverture prochaine de la ligne Fort Dauphin – Tuléar – La Réunion. En ce qui concerne les appareils, les deux compagnies poursuivent  la rénovation de la flotte moyen-courrier avec le remplacement prévu de trois boeing à l’horizon 2020 – 2021. Pour le long-courrier, les remplacements devraient intervenir en 2023. Une manière d'inscrire déjà dans la durée cette nouvelle priorité stratégique qui pourrait amener la compagnie régionale à se recentrer sur la zone.

www.ipreunion.com

   

1 Commentaire(s)

R. Lauret, Posté
gout anou le gâchis de l’arrêt du projet d’Airbus A380 d’Air Austral annonçait un nouveau bouleversement dans le transport aérien. Deux mois et demi plus tard, un nouvel élément confirme que la décision de Didier Robert de supprimer le projet d’Airbus A380 pour des raisons politiciennes risque bien de produire tous ses effets. Rappelons que l’A380 permettait de produire des billets d’avion 30 % moins cher, toute l’année et sans subvention. Cette solution technique au problème du coût du transport entre La Réunion et le reste du monde se heurtait au projet clientéliste de Didier Robert.