L'Autorité de la Concurrence dénonce trop de monopole et d'importations :

Matériaux de construction : "39% plus cher à La Réunion qu'en métropole"


Publié / Actualisé
L'Autorité de la Concurrence a analysé les raisons des prix prohibitifs sur les marchés des matériaux de construction à La Réunion et à Mayotte par rapport à l'Hexagone. La différence va jusqu'à 39% de plus pour notre île et 35% pour l'île aux parfums. Suite à ces constats, l'Autorité de la Concurrence a formulé plusieurs recommandations au gouvernement pour faire baisser les prix.
L'Autorité de la Concurrence a analysé les raisons des prix prohibitifs sur les marchés des matériaux de construction à La Réunion et à Mayotte par rapport à l'Hexagone. La différence va jusqu'à 39% de plus pour notre île et 35% pour l'île aux parfums. Suite à ces constats, l'Autorité de la Concurrence a formulé plusieurs recommandations au gouvernement pour faire baisser les prix.

Ciment, granulats, enduits de façade, bois de charpente, tôles de toiture ou carreaux de céramique : tous ces matériaux coûtent plus d’un tiers plus cher alors que la différence constatée par les services déconcentrés de la Direction Générale de Concurrence et de la Répression des Fraudes pour le niveau général des prix tourne plutôt autour de 7%. " Les matériaux de construction représentent près du tiers du coût de la construction d'un logement à La Réunion ou à Mayotte, analyse l’Autorité de la Concurrence. En réduisant leur niveau à celui de la métropole, ce coût baisserait donc de 12 % en moyenne. "

Le pourquoi des différences de prix

Dans les départements et régions d'Outre-mer (DROM), la petite taille des marchés et leur éloignement des principales sources d'approvisionnement sont des obstacles naturels à l'obtention de prix comparables à ceux observés en métropole. " Cependant, ces spécificités ne suffisent pas à expliquer à elles seules l'importance des écarts de prix constatés entre la métropole et les DROM ", estime l’Autorité de la Concurrence.

Selon cette administration, d'autres éléments expliquent également cet écart comme l’exigence de certification CE ou NF dans les matériaux utilisés " qui génère une forte dépendance des territoires ultramarins aux importations européennes et en provenance de métropole ". Ou encore les difficultés de stockage liées à la rareté du foncier qui font exploser les loyers à 25 euros le m2 à Mayotte contre 7 à 10 euros en petite couronne parisienne.

Sans oublier la réglementation applicable à la construction avec des normes non nécessaires dans les DOM comme l’isolation phonique dans une zone tropicale où les portes et les fenêtres ont tendance à rester ouvertes en quasi permanence.

Lire aussi : L'Autorité de la concurrence dénonce trois ententes entre entreprises du BTP de La Réunion

L’Autorité de la Concurrence insiste aussi sur " le degré élevé de concentration de certains marchés ". De cette concurrence réduite à peau de chagrin résulte des marges importantes : "  A La Réunion, ils peuvent représenter jusqu'à 80 % ou 100 % voire au-delà selon une étude de la Dieccte. Ainsi, les taux de marge dans le ciment peuvent aller jusqu'à 90 % et ils sont en moyenne de 80 % dans les carreaux de céramique ".

Les solutions pour faire baisser les prix

Pour faire baisser les prix, l'Autorité de la Concurrence préconise de simplifier la normalisation et la certification, par équivalence et sur place, à partir d’un tableau de correspondances avec les normes CE, ce qui réduirait les coûts de transport et adapter les normes aux contraintes locales. " L’implantation  d'antennes locales de bureaux de certification nationaux et l'accréditation de structures locales capables de réaliser des tests de performance en découle logiquement ", selon l’Autorité de la Concurrence.

Dans ce même esprit, l’Autorité de la Concurrence recommande " le développement des filières locales de matériaux, créatrices d’emplois, comme les isolants biosourcés et les briques de terre compressées mahoraises ", ou encore l'achat de ciment à l'île Maurice qui le commercialise à 90 euros la tonne contre 210 euros à La Réunion.  La mutualisation des achats et des espaces de stockage est aussi une alternative permettant des économies.

Autre piste envisagée par l'Autorité de la Concurrence "faire entrer de nouveaux acteurs sur le marché et renforcer les petits opérateurs", afin de casser les prix par une concurrence accrue.

Enfin, conclut l'instance de régulation des prix, " il apparaît indispensable d'améliorer la connaissance des marchés par les pouvoirs publics, notamment les différents prix de gros et de détail pratiqués et le niveau des marges, et pour cela, l'obligation de publication des comptes sociaux des acteurs doit être une priorité. "

ml/www.ipreunion.com

   

3 Commentaire(s)

Popol, Posté
a quand l égalitée sur les tarifs internet on a une difference de 15 euros l égalitée reelle a été votée mais pas appliqué
Pas surpris , Posté
Même magouille aussi dans le domaine de l'électroménager, la hifi...
Converti , Posté
39% + cher et en plus certaines sociétés de matériaux de construction osent encore frauder l’etat Et dissimuler leur chiffre d’affaire! Le PNF est bienvenu sur notre île à la fraude