Crise économique et sociale à La Réunion :

Jean-Hugues Ratenon demande aux parlementaires de démissionner pour faire pression sur l'Etat


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Jean, baskets, la tenue décontractée de Jean-Hugues Ratenon ce dimanche 7 octobre 2018 allait dans le sens de son discours, tenu lors d'un rassemblement devant la préfecture : être un élu mandaté par le peuple, issu du peuple et soucieux d'apporter des réponses à ses électeurs. Le ton, en revanche, n'avait rien de décontracté. Jean-Hugues Ratenon, devant un public composé d'adhérents, de connaissances et de rares promeneurs, a fait la liste des difficultés que connaît La Réunion, chiffres à l'appui. Et proposé une solution drastique : la démission collective des élus et des parlementaires pour inciter le gouvernement à trouver des solutions aux problèmes de La Réunion.
Jean, baskets, la tenue décontractée de Jean-Hugues Ratenon ce dimanche 7 octobre 2018 allait dans le sens de son discours, tenu lors d'un rassemblement devant la préfecture : être un élu mandaté par le peuple, issu du peuple et soucieux d'apporter des réponses à ses électeurs. Le ton, en revanche, n'avait rien de décontracté. Jean-Hugues Ratenon, devant un public composé d'adhérents, de connaissances et de rares promeneurs, a fait la liste des difficultés que connaît La Réunion, chiffres à l'appui. Et proposé une solution drastique : la démission collective des élus et des parlementaires pour inciter le gouvernement à trouver des solutions aux problèmes de La Réunion.

" Un élu n’est pas élu pour faire carrière, estime le député de La France Insoumise. On entend souvent dire qu’untel, qui a fait trois mandats, est donc un bon politique. On est élu pour porter les soucis des électeurs devant le gouvernement et trouver des solutions. Il faut arrêter de courber l’échine devant les élus et leur demander des comptes de leur action. "

Pour lui, à quoi bon être élu si on se contente d’étudier ou de rendre des rapports sur la situation sociale sans apporter de réponses efficaces. Ou de faire des relevés sur la chèreté de la vie sans régler le problème : " On sait pourquoi les prix sont jusqu’à 40% plus chers à La Réunion. Il y a des rapports, des articles de presse, qui disent pourquoi c’est comme ça. Alors pourquoi les politiques ne bloquent pas ces mécanismes, pourquoi laisser les lobbys prendre le pouvoir ? "

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Un calendrier d'action pour régler les problèmes un par un

Dans son discours, Jean-Hugues Ratenon a listé les points-clés sur lesquels il faudrait des solutions : les retraités à qui il faut rendre du pouvoir d’achat, les jeunes sans formation qu’il faut encadrer et coacher efficacement, les jeunes diplômés à qui il faut assurer une rémunération à hauteur de leur formation, les logements sociaux insuffisants qu’il faut impérativement construire, les problèmes de santé, liés à la mauvaise qualité de l’alimentation, à l’eau potable pas si potable selon des études qui circulent. " Ça sert à quoi ces études, si on ne trouve pas de solutions à mettre en place ? ", a-t-il scandé.

Le député a interpellé ses collègues députés, qui n’étaient pas présents, en exigeant un calendrier précis d’action à proposer au gouvernement. " Je sais qu’on ne règlera pas tous les problèmes d’un coup, mais il faut impérativement qu’on établisse un calendrier d’action et qu’on se tienne à ces objectifs. Nous avons été élus pour ça. "

Une démission collective pour faire plier le gouvernement

Projet peut-être un peu trop ambitieux ? " Alors il faut démissionner !, répond Jean-Hugues Ratenon, qui l’a dit et redit : " En local ou national, on n’est pas élu pour faire carrière. Si on ne peut pas faire avancer les choses, alors on démissionne. " Ce qui vaut pour lui, il l’a reconnu. Avant de se rétracter habilement : " Mais démissionner tout seul, ça ne sert à rien. "

Le député veut bien reconnaître à tous ses collègues élus, quel que soit leur mandat, la volonté de faire avancer les choses à titre individuel : " Nous savons bien que les blocages ne sont pas qu’au niveau local. Mais si nous n’obtenons rien, alors il faut démissionner en masse, collectivement. Et là, je vous promets que quelque chose va se passer. " Dont acte ?

Une confiance que semblait partager sur certains points son public, une cinquantaine de personnes manifestement déjà convaincues par les arguments du député de La France insoumise. Plus que des questions qui auraient ouvert un vrai débat, ce sont des credos qui se sont exprimés avec une éloquence militante presque égale à celle du député Jean-Hugues Ratenon. Reste à savoir ce que pensent tous les autres élus réunionnais de cette proposition.

ml/www.ipreunion.com

   

1 Commentaire(s)

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A voir et à écouter JH Ratenon, on s’aperçoit, c’est flagrant, qu’il imite le style, le phrasé, le débit, bref, la façon de parler de Paul Vergès. Mais il n’en a ni la profondeur, ni l’intelligence tactique car à quoi ça rime de faire une conférence de presse seul pour demander aux autres députés de démissionner ? Aurait-il fait la même chose si Perceval Gaillard avait été élu il y a une semaine ? Non évidemment. La défaite de Perceval qui tombe sous les 5 % c’est d’ailleurs un peu la sienne. On sait maintenant qu’il a eu un gros coup de bol en 2017 de se faire élire et même un petit coup de main de ceux qui voulaient faire perdre Gonthier au second tour.
En outre, on peut reprocher à Ratenon son suivisme par rapport à Mélenchon, on aurait aimé avoir un député réunionnais moins soumis à son chef, un député ayant une autonomie comme Ruffin ou Clémentine Autain.
Illustration : Kwa Films

Kwa Films

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