Détox de plastique :

Interdiction de la vaisselle à usage unique : les professionnels prêts au changement


Publié / Actualisé
Acheter un kari poulet dans une boîte plastique, déchirer l'emballage plastique pour sortir une fourchette plastique, verser dans un verre plastique un peu de soda d'une bouteille plastique... Plastique, plastique, plastique... Vous suivez ? Mais bientôt, on ne parlera plus que de bambou, bois, amidon de maïs, pulpe de canne à sucre, carton... Le 14 septembre dernier, l'Assemblée nationale a approuvé l'interdiction au 1er janvier 2020 de la vaisselle à usage unique. Sus à cette matière terrible qui met plusieurs centaines d'années à se décomposer dans la nature. A La Réunion où le pique nique en famille et les repas à emporter sont une véritable tradition, le changement sera difficile...ou pas. Du côté des professionnels, ce changement est bien accueilli. Les restaurateurs sont prêts et motivés à faire bouger les choses à leur niveau.
Acheter un kari poulet dans une boîte plastique, déchirer l'emballage plastique pour sortir une fourchette plastique, verser dans un verre plastique un peu de soda d'une bouteille plastique... Plastique, plastique, plastique... Vous suivez ? Mais bientôt, on ne parlera plus que de bambou, bois, amidon de maïs, pulpe de canne à sucre, carton... Le 14 septembre dernier, l'Assemblée nationale a approuvé l'interdiction au 1er janvier 2020 de la vaisselle à usage unique. Sus à cette matière terrible qui met plusieurs centaines d'années à se décomposer dans la nature. A La Réunion où le pique nique en famille et les repas à emporter sont une véritable tradition, le changement sera difficile...ou pas. Du côté des professionnels, ce changement est bien accueilli. Les restaurateurs sont prêts et motivés à faire bouger les choses à leur niveau.

Dans les présentoirs du "Miam’s restaurant", situé en face de la cathédrale de Saint-Denis, des jolies salades, tout prêtes et appétissantes, dans des plats en plastique… Plus pour très longtemps, "nous avons déjà mis en place une commande prévisionnelle pour début janvier 2019, nous allons passer à la barquette en carton," raconte le gérant. Pour lui, l’interdiction de la vaisselle jetable en plastique était plus que nécessaire. Elle était " obligatoire ". Les contenants à usage unique sont responsables de 70% de la pollution des mers. Rien qu’en France, nous jetons 150 gobelets en plastique par seconde. On va jusqu’à en retrouver dans les espèces marines, comme dans l’estomac de ce cachalot retrouvé échoué sur une plage espagnole. Il avait englouti 29 kg de plastique… Miam. Au "Green Island" dans la rue piétonne dionysienne, les mêmes discours sont de mise : "nous savons tous qu’il faut y passer, le plastique fait beaucoup de dégâts." Ce restaurateur passera bientôt aux couverts en bois, "c’est joli et ça se marie bien avec nos couleurs," estime-t-il.

Carton ou bois, il existe à côté énormément d’alternatives qui se présentent aux professionnels. Nous pouvons trouver des couverts en bambou ou en bioplastique. Les assiettes peuvent être en pulpe de canne à sucre, en fibre de maïs, ou en feuille de palmier, les gobelets en carton ou en plastique réutilisable… Et comme l’être humain est inventif il a même créé des emballages comestibles et des papiers biodégradables avec des graines inclues qui poussent une fois plantées…

Bien sûr ce changement représente un coût. La vaisselle écologique est beaucoup plus chère : d’après le site Foodconnexion.fr, le kit de couvert bio coûte 0,26 euros l’unité contre 0,11 euros pour la version plastique. Le double, mais parfois c’est le triple. Les prix chez les traiteurs, boulangers, et autres vont-ils augmenter pour contrer cet écart ? Pour les restaurateurs interrogés, c’est presque la même réponse partout : "c’est un coût supplémentaire mais pour la bonne cause" Certains vont laisser le choix au clients : au Green Island, si vous venez avec vos propres couverts et contenants, vous aurez une remise de 5 à 10%. D’autres hésitent encore : "Nous n’avons pas assez d’élément pour savoir si le prix va être empaqueté, explique le gérant du Miam’s restaurant. Ici nous n’avons pas augmenté les prix depuis trois ans, il faut voir, il est trop tôt."

Implication des clients

La principale bataille pour les restaurateurs ne sera pas les prix mais le comportement des gens. Pour le gérant du Miam’s, certes "il y a plein de possibilités, mais elles demandent une plus grande implication des clients." Venir avec sa propre gamelle ou ses couverts par exemple n’est absolument pas dans les mentalités. Frédérique travaille dans une boulangerie de la rue de la Compagnie, encore au tout plastique. Si elle n’a pas encore réfléchi à d’autres alternatives, elle laisse toujours le choix aux clients : "on demande toujours s’ils veulent des couverts plastique. On ne les met pas automatiquement." Mais dans la réalité, la commerçante avoue que " personne ne vient avec ses couverts." Pour la commerçante, le changement de mentalité et d’habitude doit se passer des deux côtés du comptoir. Le déjeuner sans plastique n’est pas encore pas pour demain… au mieux pour 2020.

   

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