Une enquête en ligne pour cerner les plans d'action :

La qualité de l'eau encore et toujours en question(s)


Publié / Actualisé
Une dizaine de communes réunionnaises sont régulièrement impactées par des coupures d'eau ou des alertes sur la qualité de l'eau au robinet. Des bassins de baignade, plus rarement le lagon, sont momentanément interdits de trempette. On pourrait désespérer de lire à longueur d'années des relevés sanitaires catastrophiques concernant nos rivières. Mais ça bouge... un peu. Du 2 novembre 2018 au 2 mai 2019, le Comité de l'Eau et de la Biodiversité de La Réunion organise une grande consultation publique sur les enjeux de l'eau sur l'île.
Une dizaine de communes réunionnaises sont régulièrement impactées par des coupures d'eau ou des alertes sur la qualité de l'eau au robinet. Des bassins de baignade, plus rarement le lagon, sont momentanément interdits de trempette. On pourrait désespérer de lire à longueur d'années des relevés sanitaires catastrophiques concernant nos rivières. Mais ça bouge... un peu. Du 2 novembre 2018 au 2 mai 2019, le Comité de l'Eau et de la Biodiversité de La Réunion organise une grande consultation publique sur les enjeux de l'eau sur l'île.

Les épisodes pluvieux, les coulées de boue, les tempêtes, les décharges à ciel ouvert, les rats... tout cela n'arrange pas l'affaire des conduits d'eau potable ou des lieux de baignade à La Réunion.

Rien de nouveau à cela. Cela fait des années que les relevés épidémiologiques se succèdent avec le même constat : l'eau à La Réunion est loin de présenter un niveau sanitaire suffisant. Même si les choses s'améliorent depuis une dizaine d'années, dans une partie de l'île.

Des réseaux insuffisamment adaptés

Néanmoins, selon le rapport de l'Observatoire Régional de la Santé sur la qualité des eaux réunionnaises en 2018, un Réunionnais sur deux boit de l’eau de mauvaise qualité. Et pourquoi ? Parce que la sécurité sanitaire des réseaux de distribution est insuffisante dans 46 % des cas. Selon l'ARS OI, les traitements de l'eau pour en faire une boisson potable ne sont pas adaptés à la pollution présentée, ou font fi de la nécessité de traitement de chloration.

Régulièrement des avis d'alerte émanant des régies d'eau précisent que l'eau de tel secteur (ndlr, fréquement Sainte-Marie, Bras-Panon, Saint-André, Saint-Benoît, La Plaine des Palmistes, Salazie, Cilaos et l’Etang-Salé) est impropre à la consommation pendant quelques heures et qu'il faut consommer de l'eau en bouteille ou faire bouillir trois minutes l'eau du robinet avant consommation.

En juin 2016, l'ARS OI soulignait qu'il y avait trois fois plus de gastroentérites sur l'île qu'en métropole : " Trop de germes pathogènes restent présents dans l’eau ", avait souligné alors le Directeur Général de l’ARS OI de l'époque, François Maury.

Un plan de 100 millions d'euros

Ce ne sont pourtant pas les moyens qui manquent à première vue : en 2016, une enveloppe de 100 millions d’euros a été débloquée pour le financement d’usines de potabilisation. Pour les communes de plus de 5 000 habitants, les fonds provenaient de crédits européens (Feder) à hauteur de 45,97 millions d’euros, du Conseil Régional et de l’Etat pour une enveloppe globale de 85 millions d’euros.

Lire aussi=> 100 millions d'euros pour améliorer la qualité de l'eau du robinet

Pour les réseaux concernant moins de 5 000 habitants, l'enveloppe était de 15 millions d’euros. Et bien sûr une petite répercussion du coût des travaux était prévisible sur les factures des consommateurs, même si le coût de l'eau reste plus abordable à La Réunion (environ 1,85 euros le m3) qu'en métropole (environ 3,75 euros le m3) .

Malgré ces mesures, en 2018, la qualité de l'eau, pour quasiment la moitié des Réunionnais, n'est toujours pas optimale.

Même les nappes phréatiques

A la contamination de l'eau potable par des parasites, des résidus de médicaments que les traitements des usines de potabilisation ne savent pas éliminer, s'ajoute la contamination en surface par des pesticides et des résidus chimiques, qui finissent par aboutir dans les nappes phréatiques. A noter tout de même qu'à La Réunion le taux de pesticides a baissé de 25% dans les cours d'eau entre 2008 et 2014, mais de manière inégales dans les différentes régions de l'île.
Un entrepreneur réunionnais (ndlr, EcoBlue Réunion et Maurice) a mis au point un système pour récupérer l'eau atmosphérique : autrement dit "extraire" l'humidité de l'air pour "créer" de l'eau.

Un début de solution ? Mais pas pour tout le monde, vu le coût de l'équipement et le niveau de vie moyen des habitants des communes concernées par la mauvaise qualité du réseau d'eau.

Une consultation publique pour orienter les aménagements futurs

L'enquête ouverte le 2 novembre par le Comité de l'eau et de la biodoversité Réunion présente l'intérêt d'interpeller chacun, administrés, collectivités et institutions, sur la gestion de l'eau à La Réunion.

Sous forme d’un questionnaire, chacun sera invité à donner son avis sur les grands enjeux de l'eau à La Réunion et à proposer des solutions à long terme aux défis actuels.

Ces avis seront recueillis et examinés par le Comité de l’Eau et de la Biodiversité, qui en tiendra compte pour mettre à jour le Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE) et les documents de gestion des risques d’inondation.

Cette enquête (ndlr, à partir du 2 novembre sur www.comite-eau-biodiversite-reunion.fr) part d'une bonne intention mais d'ici à ce que des réponses concrètes soient apportées aux Réunionnais vivant dans les secteurs les moins bien lotis en matière d'eau potable, pas mal d'eau risque encore de couler sous les ponts, au-delà des radiers et jusqu'au lagon.

ml/www.ipreunion.com

   

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