Après la victoire du "non" :

Référendum en Nouvelle-Calédonie: les réactions


Publié / Actualisé
Voici les réaction après la victoire du "non" à l'indépendance en Nouvelle-Calédonie
Voici les réaction après la victoire du "non" à l'indépendance en Nouvelle-Calédonie

Jean Hugues Ratenon, député : "je prends acte des résultats mais je comprends la grande déception des Kanaks"

Le Peuple Calédonien s'est exprimé ce dimanche 04 novembre par référendum sur l'indépendance du territoire. Le non l'a emporté avec près de 57% des suffrages et un taux de participation qui avoisine les 80%. La démocratie s'est exercée, je prends acte des résultats mais je comprends la grande déception des Kanaks qui aspirent à une pleine souveraineté.

Les inégalités sociales sont criantes entre Kanaks et Caldoches et reflètent les résultats totalement inversés dans les deux provinces, en fonction de la population qui les composent. Ils démontrent une fois de plus le clivage profond entre les communautés et les visions foncièrement opposées: l'une, les Caldoches, sont attachés au pouvoir métropolitain; l'autre, les Kanaks, affirment leur droit à la pleine souveraineté.

Les résultats plus serrés que prévus nous imposent la prudence vu que c'est la population importée qui fait cette majorité. En tout état de cause: ce référendum du 04 novembre ne doit pas annuler les accords de Matignon de 1988 et des accords de Nouméa en 1998 qui laissent la possibilité à la population de la Nouvelle Calédonie de se prononcer une nouvelle fois en pleine responsabilité.

Jean Hugues Ratenon

Parti socialiste : Nouvelle-Calédonie, une ambition commune


Aujourd’hui, la Nouvelle-Calédonie a vécu l’une des étapes importantes de son histoire. Rien n’était écrit. Trente ans après les accords signés par Michel Rocard, Jean-Marie Tjibaou et Jacques Lafleur, la paix durable a remplacé la violence. Le dialogue s’est substitué au conflit. Les Calédoniens discutent ensemble de leur avenir.

Nous saluons la très belle participation des Calédoniens qui, à  près de 80 %, se sont rendus aux urnes pour choisir le destin de leur territoire.
Ce référendum est l’une des promesses tenues des Accords de Matignon (1988) et de Nouméa (1998) discutés et signés par les gouvernements socialistes de Michel Rocard puis de Lionel Jospin. Le dernier quinquennat, qui a vu l'accompagnement de l’État durant la crise du nickel, a permis de déterminer la question posée aux électeurs et de sécuriser, avec les différentes parties, la liste électorale. Il n’aurait bien sûr pu avoir lieu sans l'importante mobilisation des dirigeants calédoniens tout au long de ces trois décennies notamment au sein des nombreuses réunions des comités de signataires. La tenue de ce référendum est une réelle victoire collective.

Nous prenons acte de la décision d'une large majorité des votants de vouloir poursuivre un destin au sein de la République française, de construire l’avenir avec l’ensemble des Français.

La gauche socialiste est fière d’avoir fortement contribué à la paix, d’avoir reconnu la dignité du peuple kanak et d’avoir engagé ce processus unique. La pleine détermination des peuples à disposer d’eux-mêmes est une valeur fondamentale pour les socialistes.

Ce référendum constitue une étape. Le processus doit se poursuivre. À ce titre, nous demandons que l’État maintienne et amplifie ses efforts en faveur de la Nouvelle-Calédonie, condition de la réussite de ce processus inédit de décolonisation. Il doit être mieux ciblé pour réduire, de manière plus volontariste, les inégalités qui subsistent, lutter contre la vie chère et faire le pari du développement durable.

Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti socialiste
Ericka Bareigts, secrétaire nationale à la France océanique et la Croissance bleue

Nadia Ramassamy, députée, se félicite de la poursuite du destin commun avec la France

Ce dimanche 4 novembre, 174 154 électeurs Néo-Calédoniens étaient appelés à se prononcer " oui " ou " non " à la question suivante : " Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? ". Après 95 % du dépouillement, 57 % des électeurs ont voté pour le " non " à la pleine souveraineté et à l’indépendance.

Présidente de l’Intergroupe parlementaire des Outre-mer, Mme la Députée Nadia Ramassamy se félicite de la poursuite du destin commun entre la France et la Nouvelle-Calédonie. Façonnée par la civilisation millénaire du peuple Kanak, représentant 14 % de l’espace maritime de la France, et située au coeur de la zone stratégique " Indo-pacifique " à équidistance de l’Australie, des Îles Fidji, du Vanuatu et de la Nouvelle-Zélande, la Nouvelle-Calédonie est une richesse inestimable pour la France.

Trente ans après les Accords de Matignon, ce référendum doit écrire un nouveau chapitre entre Paris et Nouméa avec la consolidation de la paix, la poursuite du dialogue entre toutes les sensibilités politiques, la lutte contre les inégalités sociales, et la reconnaissance du patrimoine culturel et linguistique de toutes les communautés de la Nouvelle-Calédonie.

C’est dans cet esprit que la France et la Nouvelle-Calédonie doivent continuer leur histoire commune, afin de faire face aux grands défis de notre temps, aussi bien dans les domaines de la paix, de la sécurité internationale, et du climat.

Nadia Ramassamy

David Lorion, député : "le dialogue entre les communautés doit continuer"

30 ans après les accords de Matignon, le référendum de ce dimanche est un jour historique pour la Nouvelle-Calédonie. Avec 57% en faveur du maintien d'une Calédonie française, la victoire doit être modeste, mais incontestable (75% de participation) et le dialogue entre les communautés doit continuer pour que ce référendum n'ouvre pas à une instabilité institutionnelle.

C'est pour cette raison qu'il était prévu dans les accords de Matignon, dans les quatre prochaines années de nouvelles consultations afin que le dialogue ne soit pas rompu.
Dès lors, la Nouvelle-Calédonie est en train de se construire un destin particulier, dotée d’une seule île française et de plusieurs communautés reconnues dans leurs différences.
 

David Lorion

Parti Communiste Réunionnais : "un scrutin qui ne règle pas le problème de fond du pays, dialogue nécessaire dans un pays coupé en deux"

Le résultat du référendum en Nouvelle-Calédonie n’a pas été le raz de marée annoncé contre l’indépendance. Marqué par une forte participation, le vote a vu une majorité pour l’indépendance dans tout le pays à l’exception de la région de Nouméa où se trouve la capitale qui a fait basculer le scrutin en faveur du " non ". Dans la Province Nord, le " Oui " a rassemblé 77,4 % des suffrages, pour un taux de participation de 80 %. Dans la Province des îles, 82 % des suffrages se sont portés sur le " Oui ", avec une participation de 61 %. Dans la Province Sud, c’est un tout autre résultat avec 26 % pour le " Oui " avec 83 % de participation. Le " Grand Nouméa " a voté à 78 % pour le " non ", avec un taux de participation de 82 %.

Il faut également noter que des Kanaks ont suivi l’appel au boycott du scrutin lancé par les partisans d’un vote restreint seulement aux premiers habitants du pays, excluant donc les immigrés.

Objectivement, le " Oui " a donc globalement progressé.

Conscients de la situation fragile, des partisans du maintien dans la France ont déclaré que ce résultat ne remet pas en cause la poursuite du droit à l’autodétermination qui nécessite de construire un consensus. D'ailleurs, un autre référendum portant sur la même question est toujours possible, il suffit qu’un tiers du Congrès qui sera élu l’année prochaine soit favorable à cette idée.

Or, les indépendantistes détiennent aujourd’hui 40 % des sièges au Congrès. Paris l'avait d'ailleurs confirmé le 4 octobre dernier : " à l’issue des élections provinciales de 2019, si un tiers des membres du congrès de la Nouvelle-Calédonie le demandait, un deuxième référendum portant sur la même question sera organisé dans les dix-huit mois qui suivent cette demande. En cas de nouveau refus de l’accession à la pleine souveraineté, il pourra être suivi d’un troisième référendum ".

Voici un extrait du communiqué diffusé par le parti de Philippe Gomès, Calédonie ensemble, favorable au " non " à l’indépendance : " ce résultat n’est pas une fin. C’est une nouvelle étape de l’histoire de notre pays. (…) Nous devrons poursuivre le dialogue avec les indépendantistes afin de construire les consensus nécessaires pour parachever notre émancipation politique et économique au sein de la République, et ainsi, conforter le vivre-ensemble et la paix dans notre pays. (…) afin de permettre l’indispensable poursuite de l’exercice du droit à l’autodétermination, qui est constitutionnalisé, dans un contexte moins contraint que celui résultant de l’application stricte de l’accord de Nouméa. "

Rappelons que Philippe Gomès est un ancien président de la Nouvelle-Calédonie, il est actuellement député.

En conclusion, personne ne considère que ce scrutin puisse régler en quoi que ce soit les problèmes de fond de la Nouvelle Calédonie. Il y a une revendication transversale portée par l'ensemble des habitants, c'est celle de l'émancipation de cette ancienne colonie, émancipation qui aujourd'hui est loin d'être acquise. Tant que l'ancienne puissance coloniale ne règlera pas ce problème fondamental, les préjugés, les peurs, les haines et les incertitudes continueront à hanter la société calédonienne.

Les dirigeants parisiens agir rapidement pour ne pas laisser s'installer les frustrations. Ce qui est vrai pour la Nouvelle Calédonie l'est tout aussi vrai pour les anciennes colonies appelées les Outre-Mer français. Les responsables politiques de France sauront-ils enfin tirer la leçon ?
 

Parti communiste réunionnais

   

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