Les effectifs en surnombre à La Réunion :

Les kinésithérapeutes réunionnais et mahorais se dotent d'un Ordre régional


Publié / Actualisé
Avec une moyenne d'âge de 32 ans et une rémunération moyenne de 3500 euros en début de carrière libérale, la profession de kinésithérapeute à La Réunion est en plein boom. A la veille de l'inauguration du nouveau Conseil régional de l'Ordre par la présidente nationale de l'Ordre des masseurs kinésithérapeutes, Pascale Mathieu, et par des membres du bureau national présents sur l'île depuis quelques jours, Alain Choulot, le président de l'Ordre départemental Réunion-Mayotte, a expliqué à Imaz Press les enjeux et défis de la profession sur une zone sur-dotée en professionnels, et l'intérêt de la régionalisation de l'Ordre.
Avec une moyenne d'âge de 32 ans et une rémunération moyenne de 3500 euros en début de carrière libérale, la profession de kinésithérapeute à La Réunion est en plein boom. A la veille de l'inauguration du nouveau Conseil régional de l'Ordre par la présidente nationale de l'Ordre des masseurs kinésithérapeutes, Pascale Mathieu, et par des membres du bureau national présents sur l'île depuis quelques jours, Alain Choulot, le président de l'Ordre départemental Réunion-Mayotte, a expliqué à Imaz Press les enjeux et défis de la profession sur une zone sur-dotée en professionnels, et l'intérêt de la régionalisation de l'Ordre.

Depuis la création de l'Ordre national des masseurs kinésithérapeutes en 2006, chaque région dispose de sa Chambre disciplinaire pour analyser les litiges patient-professionnel et sanctionner le cas échéant.

"La Réunion, en tant que département, n'avait pas de Chambre disciplinaire locale mais était reliée à l'Ile de France, ce qui était contraignant, notamment sur le plan financier quand il fallait se déplacer pour une audience", explique Alain Choulot, président de l'Ordre départemental des masseurs kinésithérapeutes. " La réforme des Ordres de santé en février 2017 nous a permis de créer une région Réunion Mayotte et donc une Chambre disciplinaire, ce qui nous a paru bien préférable, étant donné l’augmentation importante du nombre de kinés. "

Quatre sanctions disciplinaires depuis 2007

Qui dit plus de professionnels dit aussi plus de risques de dérapage. " Depuis la création de l’Ordre national en 2006, nous avons eu 142 affaires à étudier. Toutes ne se sont pas terminées par une saisine de la Chambre régionale disciplinaire. " De fait, environ une quinzaine de ces affaires ont été traduites devant la Chambre disciplinaire d’Ile de France, certaines ont fait l'objet d'avertissements, et quatre de sanctions. "La plus sévère était de huit mois d'interdiction d'exercice pour plusieurs atteintes à la déontologie, les trois autres allaient de deux mois d'interdiction à des interdictions avec sursis", précise Alain Choulot.

Des pratiques parfois mal comprises des kinés eux-mêmes

En termes de dérapages, la profession avait été remise au pas au début des années 2000, quand la Sécurité Sociale avait sanctionné des prises en charge de plusieurs patientes dans des boxes différents pour la rééducation périnéale.  " A cette époque, en effet, la Sécurité sociale avait mis le hola à cette suractivité. Mais les Ordres départementaux ont été créés depuis et c’est le travail de l’Ordre de faire respecter les bonnes pratiques ".

Alors quid de la " pratique à plusieurs " ? Comprendre la prise en charge de plusieurs patients en même temps ? " Pour la traumatologie, c’est autorisé par les textes ", tranche le président.

Reste que certains kinés s’insurgent devant ce qu’ils appellent "la course au portefeuille", préférant prendre le temps d'accompagner les patients un à un, pendant les séances d'électrothérapie ou de gymnastique.

De même, sur l'ouverture des cabinets le samedi, l'Ordre n'a pas vocation à légiférer. C'est pourtant une plainte récurrente de patients salariés qui ne peuvent pas effectuer leurs soins en semaine et abandonnent leur traitement, faute d'avoir trouvé l'un des rares kinés à assurer une permanence de soins le samedi matin...

Une région sur-dotée qui risque de souffrir du Plan Santé 2022

Avec 1856 kinés en exercice et une vingtaine de diplômés qui sortent chaque année de l'école de Saint Pierre, la région est fortement sur-dotée, notamment dans l'Ouest et le Sud, régions plus attractives.

 

La "course au portefeuille" risque d'être accentuée par le Plan Santé 2022 présenté par Emmanuel Macron. Ce plan supprime le paiement à l'acte pour le forfait par pathologie. Au risque de générer une moindre prise en charge pour multiplier les forfaits ?

Alain Choulot n'y croit pas. " C'est certain que ce règlement au forfait va avoir un impact sur les revenus des libéraux, mais plus en métropole qu'ici où la lettre clé Dom permet une rémunération 12 à 13% plus élevée qu'en métropole." Pour le président de l'Ordre, la déontologie des masseurs-kinésithérapeutes réunionnais prévaut sur les ambitions financières. Le nombre de masseurs-kinésithérapeutes bénévoles sur le Grand Raid en témoigne.

ml/www.ipreunion.com

   

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