La France et les Comores se rabibochent :

Les reconduites aux frontières reprennent à Mayotte


Publié / Actualisé
Un communiqué conjoint de Jean-Yves Le Drian, le ministres des affaires étrangères français et de son homologue comorien Souef Mohamed El Amine a été publié mardi 6 novembre. Un premier pas vers une sortie de crise, un "document-cadre" sera "signé par les deux Etats avant la fin du mois de novembre 2018", assure le communiqué. La lutte contre l'immigration illégale va donc pouvoir reprendre à Mayotte. Pour les services de l'État, elle ne s'est jamais arrêtée. Pour le collectif des citoyens de Mayotte, durant la période de suspension des reconduites aux frontières, elle n'a jamais été aussi inefficace. Coup de projecteur sur cette crise migratoire qui s'est intensifiée ces neuf derniers mois sur l'île aux parfums.
Un communiqué conjoint de Jean-Yves Le Drian, le ministres des affaires étrangères français et de son homologue comorien Souef Mohamed El Amine a été publié mardi 6 novembre. Un premier pas vers une sortie de crise, un "document-cadre" sera "signé par les deux Etats avant la fin du mois de novembre 2018", assure le communiqué. La lutte contre l'immigration illégale va donc pouvoir reprendre à Mayotte. Pour les services de l'État, elle ne s'est jamais arrêtée. Pour le collectif des citoyens de Mayotte, durant la période de suspension des reconduites aux frontières, elle n'a jamais été aussi inefficace. Coup de projecteur sur cette crise migratoire qui s'est intensifiée ces neuf derniers mois sur l'île aux parfums.

Une crise diplomatique inédite

Ce communiqué conjoint des deux minsitres des affaires étrangères met fin aux mesures prises par les deux pays concernant les flux migratoires. Le 21 mars dernier, Moroni décide de ne plus réadmettre ses ressortissants en situation irrégulière en provenance de l’île aux parfums, considérant que Mayotte est une île comorienne. En représailles, le 4 mai, Paris décide de geler la délivrance de visas pour tous les ressortissants comoriens désirant se rendre en France. Le dialogue est rompu entre les deux pays. Puis il reprend, en coulisses, des négociations, des tractations avant d’en arriver à un accord.

À Mayotte, les autorités n’ont pas perdu de temps. Aussitôt le communiqué publié, les reconduites à la frontière comorienne ont repris. Il y en a eu une le mercredi 7 octobre et il y en aura une autre ce vendredi 9 novembre. Rapide, vous direz-vous. Mais la situation est urgente. Durant la crise, les tensions autour de l’immigration clandestine ont été plus vives que jamais. Le lieu qui a cristallisé ces frustrations c'est le bureau de l’immigration. Bloqué par le collectif des citoyens de Mayotte durant plusieurs mois, du jamais vu en France. Le collectif dénonçait une " immigration clandestine massive et une montée de l’insécurité à Mayotte ".

Lire aussi : Symbole de la crise migratoire - Le bureau de l'immigration de nouveau fermé

Côté préfecture, Julien Kerdoncuf, le sous-préfet en charge de la lutte contre l’immigration clandestine garde la face "durant la période de suspension des reconduites aux frontières, la lutte contre l‘immigration illégale s’est maintenue à son niveau normal sauf que la procédure n’allait plus jusqu’au bout." Effectivement, toujours autant d’obligations de quitter le territoire français notifiées mais après un séjour en centre de rétention de cinq jours maximum, les personnes en situation irrégulière étaient relâchées dans la nature.

Une aubaine pour les passeurs

Pendant ce temps là, les passeurs se frottent les mains. Selon nos confrères de France Mayotte Matin, les kwassas-kwassas affluent en masse. Depuis fin mars, ils seraient plus de 10.000 clandestins à être entrés sur le territoire. Ce chiffre, Julien Kerdoncuf le dément formellement et insiste sur le fait que "des actions en profondeur aux frontières de Mayotte ont été menées pour dissuader les personnes en situation irrégulière d’entrer dans le département. Nous avons aussi accru notre présence sur le terrain."

Les départs volontaires 

Autre volet abordé par Julien Keroncuf, les départs volontaires. L’année dernière, au 1er octobre 2017, on comptabilise 14.200 reconduites aux frontières, 2.000 départs sont volontaires, des personnes en situation illégale qui souhaitent rentrer à Mayotte pour diverses raisons.
Cette année, à la même date, 9.600 reconduites aux frontières sont recensées, cette fois, 4.300 départs volontaires sont comptabilisés. Deux fois plus.

Ces chiffres révèlent deux choses :
• il y a eu 4.600 reconduites aux frontières de moins cette année (sans doute liée à la crise diplomatique) malgré le fait que les services de l'État s'entêtent à dire que les chiffres sont sensiblement les mêmes,
• autre constat, les personnes en situation irrégulières se sont appropriées le système des départs volontaires pour pouvoir rentrer aux Comores à moindre frais.

Aujourd’hui, les conséquences de la crise diplomatique entre la France et les Comores sont bien là : plus de personnes en situation irrégulière sont présentes à Mayotte. Les services de l’État n’ont pas pour autant prévu de se lancer dans une chasse à l’homme et comptent maintenir leur "rythme de croisière" en continuant à mener chaque semaine entre 20 et 25 opérations dédiées à la lutte contre l’immigration clandestine. Pas assez pour le collectif des citoyens de Mayotte qui demande une intensification des interventions au vu de la situation actuelle dans le département. 

fh/www.ipreunion.com

   

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