Alea jacta est (*) (actualisé) :

Bois Blanc : des procédures seraient déjà enclenchées pour l'ouverture de la carrière


Publié / Actualisé
Ce vendredi 9 novembre, la Commission départementale de la Nature, des Sites et des Paysages (CDNPS) a émis un avis favorable à l'ouverture et à l'exploitation de roches massives sur le site de Bois Blanc. Un avis, consultatif, le dernier. Maintenant, tout repose sur les épaules du Préfet, son avis sera définitif. Pourtant, la Région commencerait déjà à préparer l'ouverture de la carrière de Bois Blanc. Une décision qui va à l'encontre de l'avis d'une majorité de l'opinion publique. Il y a deux mois, plus de 5.000 personnes se sont mobilisées en formant une chaîne humaine sur plusieurs kilomètres contre le projet de carrière à Bois Blanc.
Ce vendredi 9 novembre, la Commission départementale de la Nature, des Sites et des Paysages (CDNPS) a émis un avis favorable à l'ouverture et à l'exploitation de roches massives sur le site de Bois Blanc. Un avis, consultatif, le dernier. Maintenant, tout repose sur les épaules du Préfet, son avis sera définitif. Pourtant, la Région commencerait déjà à préparer l'ouverture de la carrière de Bois Blanc. Une décision qui va à l'encontre de l'avis d'une majorité de l'opinion publique. Il y a deux mois, plus de 5.000 personnes se sont mobilisées en formant une chaîne humaine sur plusieurs kilomètres contre le projet de carrière à Bois Blanc.

" Il fallait s’y attendre "

Pour le collectif Touch pa nout Roche, l’avis favorable de la CDNPS n’est pas une surprise " c’était couru d’avance " affirme Elodie Marais, la porte parole du collectif " la CDNPS est constituée de personnes pro-Région. Il y a des acteurs du BTP, des transporteurs, des carriers, tout ceux qui ont intérêt que cette carrière soit ouverte. C’est un manque de partialité, un manque d’indépendance."

Le combat continue

Elodie Marais admet qu’aucune mobilisation n’est prévue pour le moment mais " les gens ne baissent pas les bras pour autant, la colère est toujours là ". Pour la porte parole du collectif, il reste encore des actions à mener " on ne peut pas cautionner le fait que l’État favorise les multinationales au détriments des Réunionnais. L’État et toutes ces commissions ferment les yeux sur les dangers environnementaux et sanitaires liés à l’ouverture de cette carrière juste pour un pactole. "

Un dossier qui traîne

Ce projet de carrière est un véritable serpent de mer, trois enquêtes publiques ont été menées. Les deux premières, en 2015 et 2016, s’étaient conclues par des avis négatifs. Mais pour la dernière, les trois enquêteurs avaient émis un favorable " sans réserve " de leur part "  à condition que le projet soit mené en conformité avec l’ensemble des normes législatives et réglementaires le régissant ainsi que les recommandations et prescriptions des différents schémas d’aménagement du territoire réunionnais " . Cette décision avait fait bondir le collectif Touch pa nout Roche, d’où la mobilisation " 3 fois non à la carrière de Bois Blanc " qui avait rassemblé plus de 5.000 personnes.

Lire aussi : Bois-Blanc : une chaîne humaine de 5000 personnes pour dire non à la carrière

Lire aussi : Le commissaire enquêteur donne un avis favorable pour la carrière de Bois Blanc

Côté politique

Le maire de Saint-Leu, Bruno Domen, farouchement opposé au projet, n’a pas tardé à réagir à la décision du CDNPS. Un avis consultatif pourtant, l’édile dénonce " un véritable passage en force des services de l’État et de la Région au profit des multinationales " car selon lui, la modification du PLU (plan local d’urbanisme  pourrait être approuvée ce mois-ci et l’exploitation de la carrière pourrait débuter en avril 2019.

Karine Nabénésa, conseillère régionale est sur la même longueur d’onde. Elle rappelle que la justice s’est prononcée contre le projet de carrière de Bois Blanc " la Cour d’appel de Bordeaux a balayé d’un revers de main le Schéma départemental des Carrières sur lequel repose le projet de Bois Blanc" Cette situation pourrait bientôt changer. Selon nos informations, dès la semaine prochaine, la Région compte modifier le schéma d’aménagement régional. Cela permettra à la collectivité de déclasser le site de Bois Blanc, actuellement considéré comme une zone agricole et d’obtenir les autorisation pour pouvoir exploiter le terrain et ainsi pouvoir contourner la décision de justice de la Cour d’appel de Bordeaux rendue en 2014.

Lire aussi : La cour d'appel annule l'arrêté du préfet qui "prend acte de la décision"

Avant même l’avis définitif du Préfet, les démarches pour une ouverture prochaine de la Carrière de Bois Blanc seraient donc déjà bien amorcées.

(*) Alea jacta est = le sort en est jeté

fh/www.ipreunion.com

   

4 Commentaire(s)

Surcouf, Posté
On peut être pour ou contre, mais il faut écrire ce qui est juste: en 2016, l'avis de la commission d'enquête n'était pas négatif mais FAVORABLE.
CHABAN, Posté
Aléa jacta, j'ai cru au nouveau surnom de notre globe-trotters 6800.
Alea pour ce qu'il touche, et jacta pour moulin à parole. 😉
Bruno Bourgeon, Posté
CNDPS : 11 aux ordres de l'état ou de la préfecture (3 DEAL, 1 DAAF, 1 Conseil Départemental, 1 Chambre d'agriculture, 4 carriers, 1 association des maires), 3 neutres (maires), 4 contre la carrière (2 associations environnemantales, le maire concerné, 1 représentant de l'ONF) : le compte est vite fait. C'était couru d'avance. Vive la démocrature française!
Henri, Posté
Arrêtez cette aberration écologique et géologique, la NRL en tout viaduc, et puis c'est tout !