Grâce à la collection d'un pharmacien :

Le Tampon : un vivier de plantes médicinales endémiques à découvrir


Publié / Actualisé
La Biodiversité réunionnaise, c'est un sujet qui touche de près la commune, nominée "Site pilote pour la Reconquête de la Biodiversité" en 2017 par Ségolène Royal, alors Ministre de l'Ecologie. La municipalité vient d'inaugurer le Jardin aromatique et médicinal Marc Rivière, un pharmacien de Saint Louis, amoureux des plantes médicinales, et planche sur un écomusée des plantes médicinales qui devrait voir le jour d'ici 2020. Plus ambitieux encore, le Projet Endémiel, qui consiste à planter des espèces indigènes mellifères adaptées sur 36 km de La Pointe à la Plaine des Cafres et de reconstituer les quatre habitats naturels du Tampon jusqu'à 1700m d'altitude, devrait recevoir son financement en 2019 et fera l'objet d'une thèse de doctorat par un chercheur réunionnais.
La Biodiversité réunionnaise, c'est un sujet qui touche de près la commune, nominée "Site pilote pour la Reconquête de la Biodiversité" en 2017 par Ségolène Royal, alors Ministre de l'Ecologie. La municipalité vient d'inaugurer le Jardin aromatique et médicinal Marc Rivière, un pharmacien de Saint Louis, amoureux des plantes médicinales, et planche sur un écomusée des plantes médicinales qui devrait voir le jour d'ici 2020. Plus ambitieux encore, le Projet Endémiel, qui consiste à planter des espèces indigènes mellifères adaptées sur 36 km de La Pointe à la Plaine des Cafres et de reconstituer les quatre habitats naturels du Tampon jusqu'à 1700m d'altitude, devrait recevoir son financement en 2019 et fera l'objet d'une thèse de doctorat par un chercheur réunionnais.

André Thien-Ah-Koon, maire du Tampon, a bien connu l'homme à qui est dédié ce jardin : " Un homme  affable, humaniste soucieux de l’avenir de la santé des Réunionnais. En sa qualité de pharmacien à Saint Louis, au soir de sa vie, il m’avait fait la surprise de m’offrir deux de ses livres, répertoriant les plantes endémiques médicinales de notre île et la manière de s’en servir. Il m’avait même recommandé de me référer à ses écrits pour me soigner parce qu’ils étaient basés sur des expériences scientifiques qu’il avait conduites en sa qualité de Docteur en pharmacie". Et le premier édile d'ajouter : " Il me rappelait souvent qu’il était important de se rapporter au dosage pour l’utilisation des plantes médicinales, car un mauvais emploi pouvait avoir des conséquences incalculables".

Un don de 200 plantes médicinales

Marc Rivière est né le 1er novembre 1926 à La Rivière Saint-Louis. Sa passion pour les plantes médicinales s’est affirmée lors de ses études de pharmacie à Montpellier qui l’ont amené à travailler avec le célèbre Pr Guy Privat du laboratoire de Botanique et de Cryptogamie. A son retour sur l’île, il exerça dans la même officine à Saint-Louis, toujours soucieux de la sécurité d’emploi des médicaments et des plantes.
Résidant à l’Etang-Salé les Bains, il a réuni une collection de plus de 200 plantes exotiques, indigènes et endémiques qu’il était fier de partager avec ses visiteurs. A son décès, le 18 février 2017, son épouse et ses enfants ont légué son oeuvre et sa collection de plantes à l’APLAMEDOM, l'association de préservation des plantes médicinales réunionnaises présidée par le Dr Claude Marodon, pharmacie. "Naturellement, c’est en respectant ses dernières volontés que j’ai sollicité son ami et actuel maire du Tampon, André Thien-Ah-Koon, pour héberger ce patrimoine laissé à l’ensemble des Réunionnais", explique Claude Marodon.

Un jardin ouvert au public

Olivier Voillequin, architecte paysagiste et ingénieur principal à la Ville du Tampon, s'est occupé de la mise en oeuvre de ce Jardin Marc Rivière qui a été inauguré début novembre. "Certaines de ces plantes aromatiques et médicinales sont des plantes exotiques, c'est à dire qu'elles viennent d'ailleurs, mais d'autres sont endémiques, c'est à dire originaires de La Réunion telles Bois Joli Coeur, Bois de Senteur Blanc, Bois Jaune, Mazambron ou Ambaville. Certaines sont protégées car en voie de disparition : leur culture est réservée au Parc National dans un habitat qui leur est favorable. Grâce à cette collection, nous avons pu bénéficier de certaines de ces plantes, ce qui permet de les montrer au public, car c'est une chose de les voir dans un livre mais c'en est une autre de les voir réellement".

Le Jardin Marc Rivière est en effet ouvert au public chaque jour de 7h30 à 17h30.

4 jardins pilotes en cours de création

Parallèlement à l'ouverture de ce Jardin Marc Rivière, la commune du Tampon porte le projet de Route mellifère, rebaptisée Endemiel.  "Ce projet répond à l'appel à projets Projet d'Investissement d'Avenir " sites pilotes pour la reconquête de la Biodiversité " lancé par le Commissariat général à l'investissement, l'Ademe, le Ministère de l'Environnement et l'Agence Française de la Biodiversité il y a quelques années", précise Olivier Voillequin. Projet sur lequel la ville du Tampon a été lauréate en 2017 parmi 3400 communes candidates. "Le prix du Meilleur projet nous a été remis par Ségolène Royal en avril 2017", précise Olivier Voillequin.

Ce projet va être financé dès 2019, précise l'architecte paysagiste. Ce projet consiste à créer une route mellifère qui sera un corridor écologique de 36 km où seront plantés plus de 52 000 individus d'espèces indigènes mellifères typiques des 4 habitats naturels présents sur la commune, de 400 m à 1700 m d'altitude".

Quatre jardins pilotes qui réuniront 9 000 plantes d'espèces indigènes et endémiques de La Réunion, d'un coût global de plus de 900 000 euros pour lequel l'Etat devrait intervenir à hauteur de 500 000 euros. Cerise sur le gâteau : "Ce projet de route mellifère va faire l'objet d'une thèse par un doctorant réunionnais", conclut Olivier Voillequin.

ml/www.ipreunion.com
 

   

2 Commentaire(s)

Aterla , Posté
👍
Marielvehuel , Posté
Gratitude pour cette magnifique initiative .Fière de mes racines créoles.....