Sixième jour de violences urbaines :

L'explosion était prévisible, elle n'a pas été anticipée


Publié / Actualisé
Six jours. Six jours que durent les barrages de routes et les violences urbaines. Des gendarmes et des policiers ont été blessés, certains grièvement. Des automobilistes, des particuliers ont été menacés, volés, agressés. Des commerces ont été pillés. Poursuivis pour outrage, violence, menace de mort... des manifestants ont été condamnés, parfois lourdement. En six jours La Réunion est passée d'une situation précaire à une situation explosive. Sans qu'il soit possible de déterminer a quel moment la tension retombera. Comment on est-on arrivé là ?
Six jours. Six jours que durent les barrages de routes et les violences urbaines. Des gendarmes et des policiers ont été blessés, certains grièvement. Des automobilistes, des particuliers ont été menacés, volés, agressés. Des commerces ont été pillés. Poursuivis pour outrage, violence, menace de mort... des manifestants ont été condamnés, parfois lourdement. En six jours La Réunion est passée d'une situation précaire à une situation explosive. Sans qu'il soit possible de déterminer a quel moment la tension retombera. Comment on est-on arrivé là ?

Les causes sont sans doute multiples, il y a bien la profonde crise socio-économique dans laquelle se débat La Réunion depuis plus de trente ans. Les chiffres peuvent être répétés à l’envi, ils sont connus de tous. 42% de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, 23% des actifs au chômage, dont une majorité de jeunes, une importante proportion de la population qui survit uniquement grâce aux minimas sociaux, l’échec scolaire, des familles souvent au chômage depuis trois générations… Tous les ingrédients de l’explosion étaient réunis.

Depuis longtemps, leur ampleur n’a cessé d’augmenter au fil des années. Pourtant, peu de décideurs, peu de pouvoirs politiques, peu de gouvernants n’ont su ou n’ont voulu prendre la mesure de la catastrophe annoncée.

Et nous sommes aujourd’hui au sixième jour d’une crise d’une intensité jamais égalée depuis trente ans. A la revendication légitime des gilets jaunes concernant la cherté de la vie et le sentiment d’humiliation s’est ajoutée la colère sans contrôle de centaines de jeunes, livrés à eux mêmes et disant n’avoir que ce moyen d’expression " puisque, disent-ils, nous ne sommes jamais entendus. "

Face à eux se trouve la majorité de la population, celle qui au départ se retrouvait dans la revendication des gilets jaunes et qui dit aujourd’hui ne plus comprendre. Ne plus comprendre pourquoi c’est contre elle que se sont dressés les blocages de route, le pillage des commerces aussi synonyme de mise au chômage des travailleurs. Elle ne comprend pas, et se dit être abandonnée : par la police, par les gendarmes, dans l’incapacité d’intervenir en permanence, tout le temps, sur toute l’île.

Triste ironie, ces mêmes forces de l’ordre se disent elles aussi être abandonnées, par Paris. Ces policiers soulignent que compte tenu de la situation économique et sociale l’explosion était largement prévisible.

Or rien, ou presque n’a été fait en matière d’anticipation. Distribuer quelques contrats aidés, promettre des exonérations, jurer que seul le développement de La Réunion compte… ne font plus illusion depuis longtemps. La colère a continué de monter et rien n’a été fait pour parer à son expression.

Les renforts des forces de l’ordre, nécessaires pour calmer les violences urbaines ont mis deux jours pour arriver. Simple éloignement géographique oblige, raison pour laquelle les syndicats de Police demandent régulièrement une augmentation des effectifs sur place.

En vain.

Profond mal âtre social, précarité économique, incapacité à protéger les personnes et les biens, le cocktail est détonnant, il y a six jours que l’explosion a commencé à la Réunion.

www.ipreunion.com

   

3 Commentaire(s)

Citoyen en colère, Posté
Ces événements ont également l'artificialité du bien pensant "vivre ensemble" sur une île où aujourd'hui, même son nom est mise à mal. je ne parle pas de cette élan "gilets jaunes", qui lui a montré qu'une grande partie de la population pouvait se rassembler autour d'une envie et d'une revendication commune, soutenue en cela par la patience des autres usagers "bloqués", je pense plutôt aux lendemains où il faudra vivre "à côté" de ceux qui ont rackété leur propre voisin, détruit les commerces familiers et leur propre cadre de vie, réaffirmer cette division "zoreil kréols", . J'ai retrouvé après plusieurs années une réunion appauvrie et profondément divisée, où malheureusement la politique ne suit pas, l'intérêt individuel ayant plus que jamais pris le pas sur le collectif. A quand de vrai réformes sur le marché du travail et du social pour redonner un peu d'espoir et non de la poudre aux yeux, pour que l'île retrouve son charme de toujours.
Stef, depuis son mobile, Posté
A ça il faut rajouter les magouilles de nos politiques avec bien-sûr les avantages qui vont avec (hôtelsss, billetsss d'avion, prime$$)
Nos chers ministres et leur collaborateurs nous demande de serrer la ceinture alors que eux ont augmentés leur$ salaire$ de 27% en moyenne pour cette année.
Nous sommes leurs pieds de riz
Life is power, Posté
Forcément prévisible car lui même s'est augmenté de 6800 e avant la tempête! Preuve qu'il savait que la population bouyonnait depuis un moment.... mais la pilule n'est pas passé du tout ainsi que l'augmentation des carburants. Bravo IMAZ PRESS , des informations exceptionnelles