Tribune libre de Nadia Ramassamy, députée de La Réunion :

"Comme partout ailleurs en France, les habitants de La Réunion en ont assez"


Publié / Actualisé
Mercredi 5 décembre, le gouvernement a organisé à l"Assemblée nationale un débat et un vote à l'issue d'une déclaration sur la fiscalité écologique et ses conséquences sur le pouvoir d'achat. A cette occasion, Nadia Ramassamy, députée de La Réunion s'est exprimée à la Tribune.
Mercredi 5 décembre, le gouvernement a organisé à l"Assemblée nationale un débat et un vote à l'issue d'une déclaration sur la fiscalité écologique et ses conséquences sur le pouvoir d'achat. A cette occasion, Nadia Ramassamy, députée de La Réunion s'est exprimée à la Tribune.

Comme partout ailleurs en France, les habitants de La Réunion en ont assez. Assez de voir leur pouvoir d’achat fondre, assez de subir les effets de la vie chère, assez de voir leurs jeunes au chômage. A cette colère s’ajoute la situation particulière des Outre-mer. Certains, même dans cette Assemblée, considèrent que ces territoires bénéficient d’avantages indus, perfusés par une métropole bien trop généreuse. La réalité est bien différente de cette caricature.

Et, il semble donc encore nécessaire de rappeler que certains de nos concitoyens ultramarins vivent dans des conditions, héritées d’une histoire et d’une géographie différente, qui affoleraient n’importe qui dans l’hexagone. En outre, lors des débats budgétaires le pouvoir d’achat des ultramarins a souffert : Diminution des abattements fiscaux, fin du CICE, réduction des emplois-aidés et bien d’autres mesures encore...

La Majorité, plus comptable que stratège, semble considérer les Outre-mer comme une charge. Une charge qui permet néanmoins à la France de disposer du deuxième espace maritime du monde, de nickel, d’or, d’une capacité de projection militaire unique au monde, d’une biodiversité exceptionnelle et d’une base aérospatiale sans même parler de la richesse des apports culturels venant des 5 continents.

Comme partout ailleurs en France, les habitants des Outre-mer en ont assez. Assez d’être méprisés, assez d’être mis de côté, assez de voir que la solidarité entre les territoires soit devenue une formule vide. Mais au-delà, Monsieur le Premier ministre, il serait temps de réfléchir au coût réel de la transition énergétique, à l’origine de cette colère. La France est déjà l’un des pays les plus exemplaires, avec l’une des énergies les plus décarbonées du monde.

Ses émissions de CO2 représentent moins de 1% des émissions mondiales. Les Français émettent 4,57 tonnes de CO2 par an contre 7,54 pour les Chinois, 8,99 pour les Allemands, 9,5 pour la moyenne des pays de l’OCDE ou encore 16,5 pour les Américains. Devons-nous nous flageller pour ces excellents résultats ? Est-ce encore à nos concitoyens de faire des efforts ? Doivent-ils encore payer pour les excès des industries américaines et chinoises, celles-là même qui contrôlent le secteur du renouvelable et des métaux rares nécessaires à leur fabrication?

Sans jamais nier la réalité du changement climatique, il convient de remettre nos concitoyens au cœur de notre politique.
L’écologie, ce n’est pas uniquement le changement climatique, c’est aussi des sujets qui touchent directement les Français, de la pollution des sols et de l’air à la gestion des déchets et leurs recyclages en passant par la protection de la biodiversité.

L’an dernier, vous avez supprimé l’Allocation logement accession et des moyens pour rénover les logements insalubres et indignes, véritables passoires énergétiques.
C’est une faute sociale et un non-sens écologique, en Outre-mer avec la sur-utilisation des climatiseurs ou en métropole avec des factures de chauffage qui explosent.
Plutôt que d’investir 80 milliards d’euros en vingt ans dans les éoliennes allemandes et les panneaux photovoltaïques chinois sans bénéfice climatique manifeste, nous aurions pu contribuer à la rénovation thermique des bâtiments, bien plus efficiente et permettant de stimuler l’emploi au niveau local.

Enfin, si le tout renouvelable est vraiment l’objectif du Gouvernement, le renforcement de la filière industrielle et de recherche française dans ce domaine devrait être la priorité plutôt que de subventionner les industries des pays les plus polluants.
Les territoires ultramarins sont tout à fait adaptés au développement de cette filière française : De la géothermie à l’hydroélectricité, ces territoires présentent d’ores et déjà un potentiel exceptionnel en matière d’énergies renouvelables, en raison de leur situation géographique, de leur climat et même de leur caractéristique volcanique. Premiers concernés par les cyclones, la montée des eaux et l’acidité des océans, les ultramarins sont particulièrement conscient des enjeux du changement climatique.

C’est à ce titre que nous demandons une véritable réflexion sur la transition écologique qui doit être une occasion de stimuler la recherche et l’industrie française et de prendre en compte les besoins réels de nos concitoyens en matière de logement, d’emploi et de qualité de vie.
Plutôt que des annonces et des effets médiatiques, nos concitoyens méritent des mesures fortes et concrètes avec un retentissement immédiat en faveur de leur pouvoir d’achat."

   

2 Commentaire(s)

Eric, Posté
bravo madame ramassamy. vous faites partie de ces nouvelles femmes politique. vous avez l'avantage d'être crédible.
CITOYEN, Posté
J ADORE CES ÉLUS QUI PRÉTENDS QUE LES RÉUNIONNAIS EN ONT ASSEZ POURQUOI QU ELLE N INTERVIENS PAS POUR DEMANDER UNE RÉDUCTION DU NOMBRE D ÉLUS ET LA SUPPRESSION DES PRIVILÈGES QU ILS SE SONT OCTROYÉS ÉLUS COMME CITOYEN LES MÊMES DROITS A LA RETRAITE UN RÉGIME UNIQUE POUR TOUT LE MONDE .