Arrivés à bord d'un bateau de pêche sri-lankais (actualisé) :

Les migrants sont à La Réunion et attendent que l'on décide de leur sort


Publié / Actualisé
Le long voyage des migrants du bateau sri-lankais Wasana 1 s'est achevé vendredi soir aux alentours de 21 heures au Port-ouest. A bord, une soixantaine de personnes dont neuf enfants âgés de 4 à 12 ans. Elles proviendraient très certainement du Sri-Lanka, à 4.000 kilomètres des côtes réunionnaises. Il faut plus d'une vingtaine de jours pour faire la traversée. Au Port-ouest, les migrants ont été soumis à une évaluation sanitaire par un médecin de l'Agence régionale de santé (ARS) et administrative par les douanes. D'après les informations de nos confrères de Clicanoo, ils étaient tous en bonne santé à l'exception d'une femme plus âgée qui a été prise en charge pour une légère fatigue. Plusieurs bus ont été affrétés pour les mener vers des lieux d'hébergement tenus secrets. Ce n'est pas la première fois qu'un navire sri lankais tente de rejoindre ou accoste l'île de La Réunion. Il semblerait bien qu'une nouvelle route se développe.
Le long voyage des migrants du bateau sri-lankais Wasana 1 s'est achevé vendredi soir aux alentours de 21 heures au Port-ouest. A bord, une soixantaine de personnes dont neuf enfants âgés de 4 à 12 ans. Elles proviendraient très certainement du Sri-Lanka, à 4.000 kilomètres des côtes réunionnaises. Il faut plus d'une vingtaine de jours pour faire la traversée. Au Port-ouest, les migrants ont été soumis à une évaluation sanitaire par un médecin de l'Agence régionale de santé (ARS) et administrative par les douanes. D'après les informations de nos confrères de Clicanoo, ils étaient tous en bonne santé à l'exception d'une femme plus âgée qui a été prise en charge pour une légère fatigue. Plusieurs bus ont été affrétés pour les mener vers des lieux d'hébergement tenus secrets. Ce n'est pas la première fois qu'un navire sri lankais tente de rejoindre ou accoste l'île de La Réunion. Il semblerait bien qu'une nouvelle route se développe.

C'est la quatrième fois qu'un bateau de migrants voulant se rendre à La Réunion est intercepté :

Mercredi 21 mars 2018 : Six Sri Lankais sont retrouvés en mer au large de Saint-Gilles. Ils étaient à bord d'un radeau bricolé et ont été retrouvés en bonne santé par le CROSS (Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage). Ils auraient quitté leur pays il y a une vingtaine de jours. Leur navire aurait sombré deux jours plus tôt.

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Mardi 11 septembre 2018 : la marine sri-lankaise arrête au large de la côte ouest du Sri-Lanka, 90 personnes qui voyageaient illégalement dans un chalutier à destination de l'île de la Réunion.

Lire aussi => 90 migrants sri-lankais arrêtés sur un chalutier à destination de La Réunion

Samedi 6 octobre 2018 : en fin de matinée, un bateau étranger accoste au Port-Ouest, encadré par la gendarmerie maritime. A son bord, huit Sri-lankais, d'une moyenne d'âge plutôt jeune, entre 20 et 30 ans,  dont un mineur d'environ 16 ans. Le bateau aurait navigué plusieurs jours en pleine mer. Alors qu'une audience devant le juge des libertés et de la détention était prévue le mercredi 10 octobre, ils ont été rapatriés en grande pompe mardi en fin d'après-midi. Du côté de la Cimade, l'association qui lutte pour le respect des droits des migrants, on se demandait si les procédures avaient été respectées...

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• L’avenir sombre des Sri Lankais candidats à l'immigration

Les migrants sri lankais partent soit du Nord du Sri Lanka, soit de camps de refugiés en Inde. "Ceux qui partent du Sri Lanka ont été complétement dépossédés de leur terre pendant la guerre civile et rien n’est fait par le gouvernement actuel," explique Anthony Goreau-Ponceaud, géographe, maître de conférences à l'Université de Bordeaux. Les terres spoliées n’ont jamais été rendues,  certaines ont même été vendues aux plus offrants, notamment dans le cadre des programmes de développement touristique. "Le nord étant la grosse zone pour l’accueil des touristes," ajoute-t-il. Alors, entre la lenteur de la justice transitionnelle et la précarité, l’avenir pour les Sri Lankais, surtout les Tamouls est très sombre.

Pour les migrants sri Lankais qui partent des camps de réfugiés indiens, la même misère est de mise. Anthony Goreau-Ponceaud a fait plusieurs enquêtes de terrain dans un camp au Tamil Nadu (Inde du Sud). Il nous rappelle que New Delhi ne reconnaît pas le statut juridique international de réfugié, le pays n’a signé ni la Convention de Genève de 1951 ni le protocole de 1967. Dans les camps, les Sri Lankais sont entre 100.000 et 300.000. Certains y sont nés et tous n’ont aucune chance d’avenir.

• Le tout pour le tout

Rien, absolument rien ne peut donc empêcher ces hommes, femmes, enfants a tenter la traversée : ils n'ont rien à perdre alors pourquoi ne pas tout risquer pour espérer trouver une vie meilleure. Mais un aller à La Réunion à bord d'un bateau de pêche n'est pas donner. Alain Djeutong, aumônier des gens de la mer avait pu s'entretenir avec l'un des huit migrants arrivé en octobre 2018 qui parlait un peu anglais : "Le passeur a demandé 4 000 euros par homme". Pour Anthony Goreau-Ponceaud il faut replacer cette somme dans le contexte communautaire et familiale : "C’est une somme énorme mais il faut imaginer qu’ils ont une famille élargie transnationale. Dans cette famille, un membre va travailler comme femme de chambre dans les complexes hôteliers des monarchies du Golfe, un autre sera sur les chantiers, d’autres travailleront en Europe… Tous payent pour envoyer une personne, ils mettent tous la main à la pâte."

• La Réunion une nouvelle terre d’asile pour les migrants sri lankais ?

Très difficile à dire d’après Anthony Goreau-Ponceaud, mais il semblerait bien qu'une nouvelle route se développe. Les migrants privilégiaient avant la voie vers l’Australie, mais depuis 2013, Canberra refoule systématiquement en mer tous les bateaux de clandestins, originaires pour beaucoup du Sri Lanka, d'Afghanistan, ou du Moyen-Orient. Ceux qui parviennent à passer par les mailles du filet sont envoyés dans des îles reculées du Pacifique et même si leur demande d'asile est jugée légitime, ils ne seront jamais accueillis sur le sol australien. Les ONG ne cessent de dénoncer cette politique d'immigration draconienne.

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La Réunion et Maurice deviennent donc les terres d’asile les plus proches pour les Sri-Lankais malgré les quelque 4.000 km et la vingtaine de jours de bateau qui séparent les îles. "La Réunion sera une porte d’entrée pour la métropole et l’Europe. Maurice un endroit économiquement intéressant," confirme le géographe. "D’une manière générale, la France et La Réunion sont devenues des cibles privilégiées des Sri Lankais. Il y a quelques années, c’était plutôt le monde anglo-saxon. Des communautés sont très bien implantées à Paris, à La Chapelle par exemple."

La Réunion est très loin d'être une terre d'asile, selon l'Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides), depuis le 1er janvier 2018 jusqu'en octobre 2018 seulement 16 demandes d'asile ont été enregistrées par les services de l’Etat pour la région. C'est très très peu, l’île fait d’ailleurs partie des 12 départements français à avoir reçu moins de 99 demandes.

Lire aussi => La Réunion, loin d'être une terre d'asile

nt/www.ipreunion.com

   

3 Commentaire(s)

Willy, Posté
bcp de reunionnais sont attendent un logement emploi ,,
Gougoutte, Posté
la Reunion ne peut accueillir tout le monde renvoyer les dans leur pays sinon yen aura d'autre qui viendrons
Michel, Posté
Cela me semble peu probable que ces migrants skrilankais ontcfait le voyage depuis leur pays avec cette coquille de noix, en vingt jours. Ils ne parleront peut-être pas des passeurs. Leur bâtiment de fortune a été sÃ"rement mis à l'eau, à partir d'un navire de marchandises voguant proche des eaux territoriales françaises. Enfin , ils ont emprunté la route de la soie reouverte par Didier Robert. Aux autorités,cde gérer au mieux et au cas par cas les demandes d'asile.