À La Réunion 4% des ménages n'ont pas de compte courant :

IEDOM : sortir les plus fragiles de l'exclusion financière


Publié / Actualisé
Aujourd'hui à La Réunion, la quasi-totalité de la population a accès aux services bancaires. Il y a 830.000 comptes courants à La Réunion. Toutefois, tous les Réunionnais ne bénéficient pas forcément de conditions appropriées à leur situation, notamment les personnes en situation de fragilité financière. 17 000 personnes sont dans cette situation soit 3 % de la population réunionnaise de plus de 15 ans. Une interview réalisée avec Gilles Lesellier, le directeur de L'IEDOM (l'institut d'émission des départements d'outre-mer) et David Perrin, chargé d'étude économique font le point sur l'inclusion bancaire à La Réunion.
Aujourd'hui à La Réunion, la quasi-totalité de la population a accès aux services bancaires. Il y a 830.000 comptes courants à La Réunion. Toutefois, tous les Réunionnais ne bénéficient pas forcément de conditions appropriées à leur situation, notamment les personnes en situation de fragilité financière. 17 000 personnes sont dans cette situation soit 3 % de la population réunionnaise de plus de 15 ans. Une interview réalisée avec Gilles Lesellier, le directeur de L'IEDOM (l'institut d'émission des départements d'outre-mer) et David Perrin, chargé d'étude économique font le point sur l'inclusion bancaire à La Réunion.

Qu’est-ce que l’inclusion bancaire, Gilles Lesellier : " c’est de donner à des gens qui sont en position de fragilité financière extrême de pouvoir avoir accès à des outils qui leur permettent de vivre simplement. L’inclusion bancaire, c’est le constat et nous essayons de comprendre le pourquoi. Nous nous rendons compte que dans ce " pourquoi ", il y a plusieurs raisons notamment tout un volet d’éducation financière et budgétaire à revoir. Les personnes concernées sont  les publics de l’île qui ne disposent pas des revenus suffisants pour répondre aux standards habituels de la vie. Les gens bénéficiant des minima sociaux, par exemple."

Quels sont les dispositifs sont mis en place pour l’inclusion bancaire, David Perrin : "L’un des outils les plus importants pour l’inclusion bancaire, c’est l’offre spécifique. C’est une offre adaptée à des populations qui sont détectées par leur établissement bancaire en situation de fragilité financière. Cette offre permet à faible cotisation, trois euros maximum par mois d’avoir accès à l’ouverture ou la fermeture d’un compte, la gestion de ce compte en ligne. Une carte bancaire avec paiement automatisé, mais elle peut faire aussi des virements, des prélèvements… Des services bancaires traditionnels mais adaptés à la situation du clients. Autre chose importante, elle a des plafonnements sur des incidents bancaires ou des irrégularités bancaires, c’est vingt euros par mois maximum ou deux cent euros pour l’ensemble de l’année. 

L’objectif principal de l’inclusion bancaire, Gilles Lesellier : C’est de donner à tout citoyen la possibilité de de vivre normalement. De pouvoir avoir un travail, lorsqu’on traville, il faut avoir un compte bancaire pour pouvoir recevoir son salaire, c’est la moindre des chose.

Est-ce que quand on parle d’exclusion bancaire, on parle de surendettement, Gilles Lesellier ? Non, pas tout à fait. On peut être surendetté sans être exclu bancairement. Pour autant, le surendettement est uns situation anormale, ce qui fait que automatiquement, on bascule très vite si on ne traite pas la situation, dans l’exclusion bancaire.

David Perrin : À La Réunion, presque tout le monde a un compte, seuls 4% des ménages qui ne disposerait pas d’un compte courant. Ce qui est relativement faible. Et en fait, ces gens là ont quand même un livret A. Donc, ces personnes ne sont pas exclues. Chaque personne a le droit d’avoir un compte bancaire mais derrière, il y a des personnes qui vont avoir des problèmes pour gérer leur compte. Leur situation financière peut être difficile. On constate que certaines populations vivre avec de l’argent liquide, retirer leur argent de leur compte et n’auront donc plus de difficulté avec leur banquier. Ces personnes passent un peu sous le radar de détection ce type de population. Il y a donc des efforts à faire, ces personnes là ont besoin de services bancaires adaptés, on parle beaucoup de digitalisation, il y a beaucoup de choses maintenant qu’on ne peut plus payer en liquide, les impôts par exemple. Le service bancaire pour ces personnes là est une notion importante, le produit doit être adaptéà ce type de population d’où l’offre spécifique.

Incidents de paiement à La Réunion, David Perrin : On a moins de personnes rapporté au nombre d’habitants qui déposent des dossiers à la commission de surendettement et on a moins de personnes qui ont des incidents sur des remboursements de crédit. Les gens ont un comportement assez prudent mais qui, quelque part, les exclut un peu du système bancaire.

Le droit au compte est-il gratuit ? Gilles Lesellier : Totalement. Assuré par l’IEDOM et la Banque de France. L’IEDOM désigne un établissement bancaire, comme nous avons connaissance des parts de marché des établissements, nous respectons la proportion en fonction. La personne qui fait une demande de droit au compte doit simplement venir avec une lettre de refus qui doit lui être donnée par l’établissement qui refuse de lui ouvrir un compte, c’est obligatoire. Avec cette lettre, elle vient nous trouver et nous désignons un établissement qui lui permettra d’avoir accès aux services minimum d’une banque mais d’avoir un compte.

 

www.ipreunion.com avec RTL Réunion

   

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