Ils attendent d'être fixés sur leur sort :

Migrants : plusieurs demandes d'asile déposées


Publié / Actualisé
Les occupants du "Wasana 1" sont toujours dans l'attente. La procédure est toujours en cours. Seront-ils réacheminés au Sri-Lanka ? Resteront-ils à La Réunion temporairement ou plus longtemps ? Les interrogations demeurent. Une réunion des services de la préfecture devrait avoir lieu ce lundi 17 décembre après-midi. Les 62 migrants du bateau sri-lankais Wasana 1 sont arrivés vendredi 14 décembre 2018 au Port-ouest, après un long voyage d'au moins 4.000 kilomètres. Trois jours plus tard, les mêmes interrogations demeurent. L'avocat au barreau de Saint-Denis, Me Ali Mihidoiri a essayé de s'entretenir avec eux et s'est heurté au refus des autorités. Une atteinte manifeste à leurs droits selon l'avocat...Retour sur les trois derniers jours.
Les occupants du "Wasana 1" sont toujours dans l'attente. La procédure est toujours en cours. Seront-ils réacheminés au Sri-Lanka ? Resteront-ils à La Réunion temporairement ou plus longtemps ? Les interrogations demeurent. Une réunion des services de la préfecture devrait avoir lieu ce lundi 17 décembre après-midi. Les 62 migrants du bateau sri-lankais Wasana 1 sont arrivés vendredi 14 décembre 2018 au Port-ouest, après un long voyage d'au moins 4.000 kilomètres. Trois jours plus tard, les mêmes interrogations demeurent. L'avocat au barreau de Saint-Denis, Me Ali Mihidoiri a essayé de s'entretenir avec eux et s'est heurté au refus des autorités. Une atteinte manifeste à leurs droits selon l'avocat...Retour sur les trois derniers jours.

• Vendredi 14 décembre : le bateau de pêche sri-lankais est intercepté

Le bateau sri-lankais "Wasana 1" avec une soixantaines de migrants à bord est intercepté au large de Mare Longue à Saint-Philippe en début d'après-midi du vendredi 14 décembre 2018. A la dérive, il est accosté par un navire de la SNSM (Société nationale de sauvetage en mer) qui l'a escorté jusqu'à Saint-Pierre. De là, la gendarmerie prend le relais pour l'emmener au Port-ouest, où il arrive vers 21h15. Là bas, les migrants sont soumis à une évaluation sanitaire par un médecin de l'Agence régionale de santé (ARS) et administrative par les douanes. Ils sont tous en bonne santé à l'exception d'une femme plus âgée, prise en charge pour une légère fatigue. Plusieurs bus sont affrétés pour les mener vers des lieux d'hébergement tenus secrets. Selon la Préfecture, il y aurait à bord 62 personnes dont neuf d'enfants et sept femmes.

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• Samedi 15 décembre : les droits des 62 migrants bafoués ?

Les migrants ont été dispersés sur trois lieux d'hébergemment. Certains ont été placés dans deux hôtels dionysiens, d'autres vraisemblablement les femmes et les enfants seraient en zone d'attente à Gillot. L'avocat au barreau de Saint-Denis, Me Ali Mihidoiri a essayé de s'entretenir avec eux mais s'est heurté au refus des autorités. Il alerte la presse sur une "atteinte manifeste à leurs droits".

"La zone d’attente est un lieu d’enfermement de l’étranger, préscise Ali Mihidoiri. C’est une zone d’accès très limitée, la loi prévoit spécifiquement les personnes qui sont autorisées à y accéder." Parmi ces personnes, les parlementaires, les journalistes qui doivent formuler une demande auprès de la Préfecture et les avocats. "Depuis leur placement en zone d’attente, nous avons à maintes reprises formulé cette demande, nous nous sommes déplacés, poursuit Me Ali Mihidoiri. Nous avons même pu nous entretenir avec certaines personnes placées mais notre conversation a été interrompue par les policiers et depuis, on nous refuse catégoriquement l’accès. C’est une atteinte et une violation manifeste de leurs droits."

• Dimanche 16 décembre : une expulsion mardi ?

Des journalistes qui avaient demandé à la Préfecture la possiblité de rencontrer les migrants sont invités à une entrevue à l'hotel Select de Saint-Denis. D'après nos confrères de Réunion La 1ère,  c'est l'instabilité politique de leur pays qui les aurait poussés à partir. Ils veulent désormais faire une demande d’asile. Les 62 migrants seraient tous des Sri-lankais, des chrétiens, bouddhistes ou hindouistes. Ils viendraient d’un même village situé à proximité de Colombo.

Me Ali Mihidoiri craint que leur expulsion ne soit accélérée, bafouant ainsi leurs droits. Le Journal de l'ïle parle dans ses pages d'un charter affrété mardi...

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• RAPPEL : C'est la quatrième fois qu'un bateau de migrants tente d'accoster à La Réunion :

Mercredi 21 mars 2018 : Six Sri Lankais sont retrouvés en mer au large de Saint-Gilles. Ils étaient à bord d'un radeau bricolé et ont été retrouvés en bonne santé par le CROSS (Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage). Ils auraient quitté leur pays il y a une vingtaine de jours. Leur navire aurait sombré deux jours plus tôt.

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Mardi 11 septembre 2018 : la marine sri-lankaise arrête au large de la côte ouest du Sri-Lanka, 90 personnes qui voyageaient illégalement dans un chalutier à destination de l'île de la Réunion.

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Samedi 6 octobre 2018 : en fin de matinée, un bateau étranger accoste au Port-Ouest, encadré par la gendarmerie maritime. A son bord, huit Sri-lankais, d'une moyenne d'âge plutôt jeune, entre 20 et 30 ans,  dont un mineur d'environ 16 ans. Le bateau aurait navigué plusieurs jours en pleine mer. Alors qu'une audience devant le juge des libertés et de la détention était prévue le mercredi 10 octobre, ils ont été rapatriés en grande pompe mardi en fin d'après-midi. Du côté de la Cimade, l'association qui lutte pour le respect des droits des migrants, on se demandait si les procédures avaient été respectées...

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1 Commentaire(s)

Framboise , Posté
La Réunion à assez de ses problèmes, depuis cela ouvrirait la porte à d'autres. On est gentil, mais il y a des limites en tout.