Cinquante et une demandes d'asile déposées :

Migrants sri-lankais : "notre vie est est en danger si nous retournons chez nous"


Publié / Actualisé
Les soixante-deux sri-lankais arrivés vendredi 14 décembre à bord d'un modeste navire de pêche attendent encore d'être fixés sur leur sort. Au moment où nous écrivons ces lignes, cinquante et une demandes d'asile ont été déposées, cela veut dire que ces cinquante et une personnes ont été entendues par un avocat et que la procédure administrative pour rester sur le sol français est enclenchée. La demande d'asile répond à des critères bien spécifiques, si les motivations des migrant sont multiples, selon leurs avocats, il y a un motif commun " tous ont indiqué que leur vie est en danger si ils rentrent au Sri-Lanka. "
Les soixante-deux sri-lankais arrivés vendredi 14 décembre à bord d'un modeste navire de pêche attendent encore d'être fixés sur leur sort. Au moment où nous écrivons ces lignes, cinquante et une demandes d'asile ont été déposées, cela veut dire que ces cinquante et une personnes ont été entendues par un avocat et que la procédure administrative pour rester sur le sol français est enclenchée. La demande d'asile répond à des critères bien spécifiques, si les motivations des migrant sont multiples, selon leurs avocats, il y a un motif commun " tous ont indiqué que leur vie est en danger si ils rentrent au Sri-Lanka. "

Demande d’asile, quels sont les critères ?

La personne qui fait cette demande est en danger soit à cause de son appartenance ethnique, sa confession religieuse ou un combat politique dans son pays d’origine. Ces critères sont définis par la Convention de Genève. Les cinquante et un migrants ont expliqué que leur vie est en danger si ils rentrent au Sri-Lanka. La Police aux frontière (PAF) a enregistré ces demandes.

Lire aussi : migrants : plusieurs demandes d'asile déposées

Après que la demande d’asile ait été enregistrée, que va-t-il se passer ?

Maintenant que la procédure de demande d’asile commence, les cinquante et un migrants (dont les neuf enfants et les sept femmes) vont passer un entretien individuel par visioconférence avec l’autorité compétente qui statuera sur la recevabilité de leur demande : l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides), un service de l’État qui se trouve à Paris. Ces entretiens ont lieu rapidement après la demande d’asile. D’ailleurs, plusieurs migrants sri-lankais ont déjà passé ces entretiens depuis la zone d’attente de Gillot ou l’hôtel dionysien ou ils sont actuellement gardés.

Et après ?

L’OFPRA a 96 heures soit quatre jours pour se prononcer sur chaque demande d'asile. Selon Maître Navarro, durant le laps de temps où l’OFPRA étudie les demandes, les migrants ne peuvent pas être expulsés. À l’issue de ces délibérations, deux scénari possibles :
La demande d’asile est jugée recevable : la personne en situation irrégulière peut sortir de la zone d’attente, elle se voit diriger vers un lieu de vie temporaire et peut compléter son dossier qui sera ensuite réétudier par l’OFPRA.
Si la demande est rejetée : le migrant a 48h pour saisir le Tribunal Administratif (TA). Si il est de nouveau déboutée, il est ré-acheminé vers son pays d’origine. Ici, le Sri-Lanka. Le migrant se voit proposer une aide au retour comprise entre 350 et 650 euros.

Entre temps : une audience mercredi 19 décembre

Cinq avocats s’affairent sur ce dossier. Appuyés dans leurs démarches par un représentant de la CIMADE, une association qui accompagne les personnes étrangères dans la défense de leurs droits et un représentants de la Ligue des Droits de l’Homme. Selon Maître Navarro " il y a eu des irrégularités dans la prise en charge des migrants. L’administration nous a mis des bâtons dans les roues. Ils voulaient reconduire ces personnes dans leur pays d’origine le plus rapidement possible quitte à bafouer leurs droits." Lors de l’audience devant le Juge des libertés et de la détention (JLD) ce mercredi, il sera question des droits des migrants. Le JLD devra statuer sur le fait que les procédures qui concernent les migrants sont légales ou pas.

Lire aussi : les droits des migrants sont-ils bafoués par les autorités ?

Si les demandes d’asiles sont jugées recevables par l’OFPRA, que se passera-t-il après ?

Prenons pour exemple le cas des six migrants sri-lankais arrivés sur l’île dans des conditions similaires en mars derniers. Tous ont reçu un avis favorable de l’OFPRA après leur premier entretien. Ils ont donc poursuivi la procédure de demande d’asile.
• Quand les dossiers ont été complets, deux d’entre eux ont été déboutés : 
     - L’un, a fait appel de la décision de l’OFPRA et attend toujours un retour,
     - l’autre, est reparti volontairement au Sri-Lanka
• Pour les quatre autres, la procédure est toujours en cours.


Car la procédure de demande d’asile peut durer plusieurs semaines voire même plusieurs mois. Des investigations sont menées pour corroborer les versions des personnes arrivées illégalement sur le sol français.

Si les cinquante et une demande d’asile sont jugées recevables par l’OFPRA dans les prochains jours, rien ne dit qu’ils pourront rester définitivement à La Réunion.

www.ipreunion.com

   

1 Commentaire(s)

SPARTACUS974, Posté
J'ai beaucoup de mal à croire que ces migrants viennent du Sri Lanka.En effet,après 21 jours de navigation sur une coquille de noix(60 passagers sur un petit bateau de pêche),les migrants arrivent à la Réunion en bonne forme physique...Et s'ils partaient de Maurice(les Sri-lankais en situation irrégulière y seraient très nombreux),ils n'auraient que 300 km à naviguer pour rejoindre nos cotes .Ceci pourrait expliquer leur bon état physique.