Perturbée par le mouvement social :

Une fin d'année difficile pour les commerçants


Publié / Actualisé
Avec mouvement des gilets jaunes à la Réunion, la Réunion a tourné au ralenti à cause des blocages. Débuté le 17 novembre, les différentes actions et les blocages notamment dans l'ouest au Port Est ont perturbé toute l'économie à l'approche des fêtes de fin d'année. Problème de circulation, d'approvisionnement, toute la logistique pour préparer cette période cruciale a été délicate pour les commerçants. Si certains arrivent quand même à garder dans ces derniers jours, d'autres vivent difficilement cette période de fêtes. Dans le centre-ville de Saint-Denis, même si la municipalité a multiplié les évènements et actions pour redonner un coup de pouce, les responsables de magasins tirent un bilan difficile de cette fin d'année.
Avec mouvement des gilets jaunes à la Réunion, la Réunion a tourné au ralenti à cause des blocages. Débuté le 17 novembre, les différentes actions et les blocages notamment dans l'ouest au Port Est ont perturbé toute l'économie à l'approche des fêtes de fin d'année. Problème de circulation, d'approvisionnement, toute la logistique pour préparer cette période cruciale a été délicate pour les commerçants. Si certains arrivent quand même à garder dans ces derniers jours, d'autres vivent difficilement cette période de fêtes. Dans le centre-ville de Saint-Denis, même si la municipalité a multiplié les évènements et actions pour redonner un coup de pouce, les responsables de magasins tirent un bilan difficile de cette fin d'année.

Dans le centre-ville de Saint-Denis une commerçante donne le ton : "Cette année avec la crise on a beaucoup moins de clients". Dans la rue où est située son commerce, beaucoup de magasins ont fermé. Si le mouvement des gilets a perturbé l'activité pendant plusieurs semaines, cela fait quelques années que les boutiques souffrent. Selon elle, c'est antérieur au mouvement de novembre et décembre. "Je vois beaucoup de propriétaires de magasins qui veulent vendre ou vendent leurs commerces" lance-t-elle sous couvert d'anonymat.

Pas tous logés à la même enseigne

Audrey, la responsable d'une boutique de vétements tient un discours plus nuancé : "C'est clair qu'il y a un peu plus de monde, car pendant les évènements des gilets jaunes. Il n'y avait personne, c'était vide. Une catastrophe". Audrey admet qu'elle et ses équipes ont bien travaillé et souhaite que ça continue comme ça pour les fêtes. Depuis quelques jours des animations sont organisées dans le centre-ville de Saint-Denis avec des nocturnes où même la mise en place de stationnement gratuit. Les gens qui ne peuvent pas se garer en ville, iront dans les grands centre commerciaux, où il est plus facile de stationner. Quite à délaisser le centre-ville.

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La responsable rebondit sur cette initiative "Pour le parking ils auraient dû le faire là, pour cette période. Pour amener davantage de monde chez nous au centre-ville". Si les commerçants du centre-ville bénéficient d'un regain d'activité, d'autres dans les petites rues n'ont pas la même affluence. Jacqueline, qui possède un magasin de prêt-à-porter un peu excentré se confie "Ça a été catastrophique pour les commerçants de cette rue". Elle et son mari travaillent dans le commerce et la restauration depuis plusieurs années, ils disent ne pas avoir connu une situation comme celle-ci. "Les fêtes de Noël et de fin d'année arrivent, ça a du mal à démarrer, on voit peu de monde". Novembre et décembre sont les plus gros mois pour les commerçants, cette période où généralement la consommation repart légèrement à la hausse n'a pas eu lieu cette année.

Dès le 19 novembre, la CCIR (Chambre de commerce et d'industrie de la Réunion) a lancé un appel aux entreprises afin de chiffrer les pertes occasionnées pendant la période du mouvement social. Lors de la publication du troisième bilan, plus de 1700 entreprises ont rempli le document déclaratif et les pertes approchent les 700 millions d'euros après 11 jours d'activités.

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Gilets Jaunes : oui sur le fond, non sur la forme

Jacqueline a essayé de travailler pendant le mouvement des gilets jaunes, mais elle a demandé à ses employés de ne pas venir. Au-delà des blocages routiers, le port a été fortement perturbé avec pour conséquence des milliers de colis restés à quai. "Si on parle du côté économique, il est clair que ce n'était pas une bonne chose" lance la directrice. Elle déclare comprendre les revendications, car ce sont souvent les mêmes qui se retrouvent avec les augmentations des différentes taxes et différents impôts. Si les Réunionnaises et les Réunionnais ont été bloqués, ils n'ont eux aussi pas travailler. Beaucoup se retrouvent donc avec moins d'argent sur le salaire, c'est un cercle vicieux. Si le mouvement n'est plus aussi actif, ses conséquences se font ressentir spécifiquement en cette fin d'année.

"Tout ça va couter beaucoup d'argent"

Les rues sont plus bondées certes, ce n'est pas pour autant que les passants dépensent. Une bijoutière raconte qu'elle voit plus d'affluence dans sa boutique, certains passent 2 voir 3 fois dans la même journée. "Ils achètent que s'ils sont obligés, lorsqu'ils n'ont plus d'autres alternatives" expliquet-telle. La premiere commerçante citée dit "les gens n'ont plus l'esprit de Noël", ils font plus attention à leurs dépenses et préfère budgétiser sur d'autres domaines, les voyages par exemple. Pour Jacqueline, la situation insulaire de La Réunion pose des problèmes lors des mouvements sociaux, tout peut-être paralysé. "On ne peut pas empêcher les gens de travailler, d'empêcher les commerces d'ouvrir. L'île ne vit plus" la directrice conclue "Tout ça va coûter beaucoup d'argent, eux-mêmes (les gilets jaunes) vont en pâtir". D'une manière globale, les commerçant sont d'accord sur le fond, mais pas sur la forme. Cette stratégie de blocage à "tuer l'économie réunionnaise". Audrey, elle reste plus positive "Ça a été dur, mais pour notre magasin nous n'avons pas trop à se plaindre, on a réussi à travailler".

jb/www.ipreunion.com

   

1 Commentaire(s)

Michel, Posté
Désolé pour les propos, Noël est un anniversaire religieux. Des gens disparus depuis longtemps, ont propulsé le roi commerce comme vecteur de la vie. La société de consommation s'est appropriée le monopole. Voilà cette année les dieux sont mécontents à cause du mouvement social. Quand on pense que chiffres d'affaires, on ne pense pas solidarité envers les plus démunis. Repentez vous sur le malheur des uns ne fait pas le bonheur vu dieu commerce.. ceux qui se sont enrichis sur le dos des malheureux devront rendre compte à l'Éternel qui sous différentes appellations reste le même