Associations, hébergements, aides sociales :

Les migrants seraient plus et mieux aidés que les SDF : vérités et contre-vérités


Publié / Actualisé
Un bateau de migrants par-ci, un bateau de migrants par là. Les quatre arrivées au Port-ouest ont été l'occasion, sur les réseaux sociaux et dans notre entourage, de vague d'insultes et de commentaire racistes. A côté de ces piques, lancées comme par habitude, une remarque ressort, adressée notamment aux associations qui leur venaient en aide : "Aidez nos pauvres plutôt que ces migrants !" Faut-il l'ignorer ? Non, il faut essayer d'y répondre.
Un bateau de migrants par-ci, un bateau de migrants par là. Les quatre arrivées au Port-ouest ont été l'occasion, sur les réseaux sociaux et dans notre entourage, de vague d'insultes et de commentaire racistes. A côté de ces piques, lancées comme par habitude, une remarque ressort, adressée notamment aux associations qui leur venaient en aide : "Aidez nos pauvres plutôt que ces migrants !" Faut-il l'ignorer ? Non, il faut essayer d'y répondre.

• "Pourquoi aider les migrants plutôt que nos pauvres ?"

Cette question, Patrice Ellama, le président du Secours catholique, l’a beaucoup entendue. Elle lui a été posée et reposée. A celle-ci, le militant pour les plus démunis n’a qu’une réponse : "Je remercie ces gens qui nous interpellent. Ils nous mettent face à nos réalités, il y a beaucoup à faire pour les sans-abris. J’invite toute personne qui tient ce discours à nous rejoindre. Nous pouvons dialoguer et échanger nos points de vue. Nous faisons beaucoup pour les sans-abris, les gens qui vivent en grande précarité. Mais bien sûr, ce n’est pas suffisant, il nous faudrait plus de bénévoles. Ils peuvent nous rejoindre."

A La Réunion, le Secours catholique compte près de 350 bénévoles, plus ou moins actifs. Ils sont à pied d’œuvre, tous les jours pour venir en aide aux personnes les plus démunies. "Tout un processus existe déjà, souffle Patrice Ellama: je vous invite à venir, tous les samedis matins devant la cathédrale de Saint-Denis. Nous organisons des cafés de rue, nous offrons boissons chaudes et croissants à ceux qui le demandent : pauvres comme salariés. Sans distinction." L’homme explique tout simplement qu’il ne voit de différence entre les peuples, les couleurs de peau, les religions : "Une personne dans le besoin est une personne dans le besoin. Une personne dans la précarité est une personne dans la précarité."

L’un des responsables de la Protection civile sur Saint-Denis, Gilbert Arpon, avoue qu’il " essaye de faire le maximum. Pour les fêtes, nous avons organisé un grand repas de Noël. Il y a eu un élan de solidarité : des gens mais aussi des fournisseurs ont fait don de nourriture, de cadeaux, de vêtements. Il y a beaucoup de personnes qui aident. " Pour lui, l’aide apportée aux migrants a été très médiatisée, éclipsant peut-être les autres gestes quotidiens. "On en a beaucoup parlé. Ça ne veut pas dire qu’à côté rien n’est fait pour les autres, il y a toujours de l’aide. Nous avons une vingtaine de bénévoles qui font des maraudes les mercredis soir. Ce n’est pas rien."

Gilbert Arpon estime qu’il y a "environ une centaine de sans-abris dans chaque grande ville réunionnaise. Il y a ceux que nous connaissons bien, que nous suivons depuis longtemps ; et puis il y a les autres, qui ne sont pas visibles, qui n’osent pas demander de l’aide. Sur toute l’île, il doit y avoir environ 800 personnes dans la rue."

• Concrètement, y a-t-il une concurrence entre migrants et SDF pour l’hébergement ?

Non, tout simplement parce qu’ils ne sont pas pris en charge par les mêmes dispositifs. Tous les SDF peuvent être hébergés dans des centres d'hébergement d'urgence, accessibles via le 115 sans aucune condition administrative. Alors oui, il n’y a pas assez de place, à Saint-Denis par exemple, " nous avons deux centres : un dans la rue Monthyon avec 14 lits ; un autre qui était pour les femmes, et qui est désormais pour les hommes dans la ruelle Turpin avec 9 lits, décrit Gilbert Arpon. Ces locaux sont accessibles tous les soirs, pour y dormir il faut appeler le matin, dès 9 heures pour réserver. Ils sont toujours pleins. " Pas de place mais ce n’est pas la faute aux migrants. Ceux-ci, n’ont finalement pas grand chose à La Réunion tant que leur dossier de demande d’asile n’est pas déposé. Une fois les démarches auprès de l’Ofpra faites, ils sont répartis dans des centres d’accueil de demandeurs d’asile. Et si le nombre de places disponibles est insuffisant, les services de l'Etat peuvent mobiliser des chambres d'hôtels ou des logements sociaux.

• Les aides sociales pour les migrants

Une seule aide sociale est accordée aux personnes étrangères en situation irrégulière. Il l’agit de l’AME, une Aide Médicale de l’Etat. C’est une couverture maladie limitée, sous condition de faibles ressources. Ces personnes n’ont accès à aucune autre prestation sociale, même s’ils ont un travail et un employeur.

Les demandeurs d’asile peuvent eux, prétendre à des droits sociaux, notamment à une allocation, ADA (Allocation pour demandeur d’asile). Celle-ci est de 6,80 euros par jour, auquel se rajoute 3,40 euros par personne (majeur ou mineure). Si le foyer n’est pas hébergé, une majoration de 4,20 est rajoutée par personne majeure. Dom’Asile, une association de domiciliation et d’assistance aux demandeurs d’asile calcule ainsi que pour  " une famille avec une maman et deux enfants mineurs non hébergés, le montant de l'allocation sera de : 6.80€ + (3.40€*2) + 4€20 = 17€80 par jour ". A l’ADA s’ajoute aussi une couverture maladie, un compte en banque… Néanmoins, un demandeur d’asile n’a pas le droit de toucher le RSA, l'une des principales prestations perçues par les SDF

nt/www.ipreunion.com

   

5 Commentaire(s)

Kana, Posté
Avoir un bon coeur oui m la il faut regarder nos SDF d'abord ou est ce par comme ça
Ali, Posté
Merci pour cet article. Un peu d'Humanité !
L'égoïsme et l'égocentrisme prennent le dessus de beaucoup de monde aujourd'hui j'ai l'impression. C'est malheureux.
L'Autre est une richesse, de par sa culture, ses traditions, son vécu.
Comment en vouloir à quelqu'un qui souhaite juste un meilleur avenir ? Je n'arrive pas à comprendre cette haine de l'étranger. Si nous étions nés, nous aussi, dans un pays qui limite nos libertés, n'essayerions pas de nous projeter vers un futur meilleur ? Il en faut de la force pour arriver à quitter sa vie, son milieu, sa famille, son entourage, ses traditions, son quotidien (et bien souvent malheureusement cette force se trouve dans la violence, la torture, la misère, la douleur). Personnellement je suis admirative de ces personnes.
Il faut redescendre un peu et rester humble face à l'être humain. Allez les rencontrer, leur parler, en vous mettant à leur hauteur, en laissant votre amour-propre et votre arrogance de cÃ'té ! Provoquez la rencontre. Je vous promets que vous vous enrichirez de tellement de choses et que cette expérience vous rendra meilleur et vous bouleversera.
La Pie , Posté
Sur le reste de l'île, y a-t-il de quoi loger les 800 personnes si elles le demandent? Où vont les femmes sdf à Saint-Denis, puisqu'il n'y apparemment plus de structures pour elles?
Titi974, Posté
Sans connaître les tenants et aboutissant dans cette affaire, prenons les 7 sri-lankais récemment renvoyé s chez eux, je suis certain qu'ils ont coûté aux contribuables au minimum 10 000 euros chacun tous frais confondus. 2x avocats x7 Juge huissier, gendarmes remorquage interprète logement nourriture médecin vêtements, détention destruction ou renvoi au pays du rafiot agent de raccompagnement, billets d'avion Plus les autres prestataires Disons en gros plus de 100 000 euros , combien de pauvres on aurait pu aider ? À cela les gros gagnants sont : les avocats, puis les associations, et les autres qui ramassent les miettes
Yann974X31, Posté
Merci pour cette éclairage militant.
Je suis étonné que cette question portée par l'extreme Droite en métropole se soit si développée à l'an reunion. Pourtant il ne s'agit que d?une fausse idée et une non connaissance de ce qu il se passe dans la rue. La seule réalité qui fait développer cette fausse idée est le manque de moyens aloué aux dispositifs d?aides.Donc des droits différents et favorables aux français mais une égalité dans le non traitement...