Comment se protéger... :

Soleil : "en dix ans à La Réunion le nombre de cancer de la peau a été multiplié par cinq"


Publié / Actualisé
C'est les vacances, les températures ne cessent d'augmenter et il fait chaud, chaud, chaud. Chapeau, parasol, ombre des immeubles, fraîcheur des bois et des bassins, tous les moyens sont bons pour éviter de tomber comme une mouche. Le soleil, dangereux, tape les têtes et fait rougir les peaux... Comment bien se protéger lorsque le soleil cogne ?
C'est les vacances, les températures ne cessent d'augmenter et il fait chaud, chaud, chaud. Chapeau, parasol, ombre des immeubles, fraîcheur des bois et des bassins, tous les moyens sont bons pour éviter de tomber comme une mouche. Le soleil, dangereux, tape les têtes et fait rougir les peaux... Comment bien se protéger lorsque le soleil cogne ?

• A La Réunion, le soleil cogne fort…

Sous les tropiques c’est bien connu… le soleil tape fort. Très fort même.  A La Réunion, les indices d’UV sont en moyenne autour de 10 ou de 11, "le maximum de l’échelle utilisée au niveau international. En métropole en plein été, il est à 6 ou 7" explique Nathalie Sultan-Bichat, dermatologue et présidente de l’association Mission Soleil Réunion (MiSolRé).

Dans les rues de Saint-Denis, plus le soleil est haut, et plus les passants longent les murs… Même les plus téméraires qui ne portent ni lunettes, ni chapeau traquent les zones d’ombre. "On fait avec, je marche vite et à l’ombre," rit Carole qui avoue pourtant ne jamais se protéger. Serge, qui est à La Réunion depuis une trentaine d’années sent bien la différence : " la chaleur, le soleil sont intenses ici. Mais je ne me protège pas… sauf si je vais à la plage."

Au sein de son association, le docteur Sultan-Bichat œuvre pour sensibiliser le grand public. "Il faudrait que les gens utilisent des lycra, des vêtements anti-UV et qu’ils évitent les horaires où les UV montent énormément c’est-à-dire entre 10 et 14 heures. Bien penser également aux chapeaux ou aux casquettes et aux lunettes. Nous savons que les rayons du soleil peuvent provoquer des cataractes. Le soleil est d’ailleurs la première cause de cécité dans le monde." Pour la dermatologue, les dangers liés à une exposition au soleil sont sérieux et multiples

• Quels sont les dangers ?

"Les risques les plus problématiques sont les cancers, poursuit Nathalie Sultan-Bichat, en particulier les mélanomes, ce sont les plus dangereux. Le soleil peut aussi stimuler certaines maladies comme les maladie auto-immunes comme le lupus. Ce sont des maladies rares mais nous en avons un certain nombre à La Réunion. "

Plus la peau est claire, plus le risque de développer un cancer dû au soleil augmente. "A La Réunion, nous avons des phototypes très différents. Mais en dix ans, le nombre de cancers de la peau a été multiplié par cinq. Nous avions 20 cas annuels il y a dix ans, nous sommes aujourd’hui à plus de cent cas, 107 en 2015," déplore la dermatologue. Une augmentation qui serait notamment dû à un changement de comportement. "Les créoles prennent les mêmes habitudes que les métropolitains qui viennent avec leurs habitudes de métropole… pas adaptées à La Réunion," ajoute-elle.

Les coups de soleil sont très mauvais, surtout chez les enfants. "Ce sont les coups de soleil attrapés dans l’enfance qui provoquent des mélanomes."

• Se protéger dans l’eau…

Petit résumé : ne faites surtout pas le poulet barbecue sur la plage… La dermatologue donne quelques conseils pour se protéger.

En plus de la crème indice 50, le mieux est de "rester à l’abri, sous les filaos, qui protègent beaucoup plus que les parasols. Il faut éviter de s’exposer entre 10 heures et 14 heures et ne pas hésiter à mettre des vêtements anti-UV qui sont très efficaces et n’abîment pas le lagon contrairement à la crème solaire." Pour celle-ci, Nathalie Sultan Bichat conseille d’en mettre et d’attendre une quinzaine de minutes avant de se mettre à l’eau : la crème solaire est nocive pour la faune et la flore marine, " il faut toujours attendre que le produit pénètre bien dans la peau pour qu’il ne se diffuse pas dans l’eau," conseille Nathalie Sultan Bichat.

Ces quinze minutes sont essentielles, se tartiner et plonger directement dans les eaux bleues du lagon n’est pas sans conséquence. D’après une étude de l’ARVAM (Agence pour la Recherche et la Valorisation Marines), entre 4.000 et 6.000 tonnes de crème seraient déversées chaque année dans les océans et 10% des récifs coraux mondiaux seraient directement menacés par ces produits.

Les laboratoires font de plus en plus de tests et des labels comme "water friendly" sont créés. Mais pour le moment, aucune grande étude internationale n’a prouvé que tels ou tels produits solaires n’attaquent pas les lagons.

nt/www.ipreunion.com

   

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