Et rien n'a encore été réglé... :

Le mouvement des Gilets Jaunes, "un cyclone sur La Réunion"


Publié / Actualisé
Deux mois et demi après le début du mouvement social des Gilets Jaunes, l'heure est au bilan... A La Réunion, les routes ont été bloquées, l'économie paralysée pendant un peu plus de deux semaines. Entreprises, artisanat, tourisme, agriculture... Les pertes dans ces secteurs se chiffrent à plusieurs millions d'euros. La crise a eu l'impact d'un "cyclone", imprévisible et destructrice. L'heure est à la reconstruction... en attendant un prévisible prochain "cyclone". Car rien n'était réglé - tant en termes de pouvoir d'achat que de luttes contre les injustices -, la colère est intacte, voire renforcée...
Deux mois et demi après le début du mouvement social des Gilets Jaunes, l'heure est au bilan... A La Réunion, les routes ont été bloquées, l'économie paralysée pendant un peu plus de deux semaines. Entreprises, artisanat, tourisme, agriculture... Les pertes dans ces secteurs se chiffrent à plusieurs millions d'euros. La crise a eu l'impact d'un "cyclone", imprévisible et destructrice. L'heure est à la reconstruction... en attendant un prévisible prochain "cyclone". Car rien n'était réglé - tant en termes de pouvoir d'achat que de luttes contre les injustices -, la colère est intacte, voire renforcée...

• Entre 600 et 700 millions de pertes sur les entreprises réunionnaises

"Nous avions arrêté les compteurs au bout de onze jours avec 141 millions d’euros de pertes de chiffre d’affaires, décrit Ibrahim Patel, président de Chambre de commerce et de l’industrie de La Réunion (CCIR). En perte sèche du stock nous étions à 7,6 millions euros, en dégâts matériels, plus de trois millions d’euros, et les loyers dus étaient de 19,2 millions d’euros. Les salariés impactés étaient au nombre de 20.900 dont 16.950 à temps pleins. Ces chiffres représentent les 3.492 entreprises qui ont déclarées leurs pertes sur notre site. Néanmoins, nous estimons que sur la totalité des entreprises de l’île, il y a eu entre 600 et 700 millions euros de pertes." La paralysie a été conséquente sur l’économie réunionnaise. Selon Ibrahim Patel, "l'activité commerce a été le secteur qui a été le plus touché. Les petites comme les grandes surfaces étaient fermées. Aujourd'hui, l'activité a repris, le bon sens aussi. Il faut que La Réunion puisse aller de l'avant : l'activité économique, c'est la richesse, ce sont des emplois créés"

Pour aider les entreprises à se relever, un plan d’aide a été mis au point sur deux niveaux. L’Etat a d’abord actionné des dispositifs spéciaux et annoncé une série de mesures d’accompagnement, notamment un échéancier pour le paiement des cotisations sociales. De l’autre côté, la Région Réunion a lancé une aide de six millions d’euros aux TPE, aux entreprises de moins de dix salariés. Une première dans les Outre-mer. "La petite entreprise c’est l’employeur et l’employé, celui qui fait tout. C’est très difficile pour elle de remonter la pente. Aujourd’hui il faut la sécuriser," affirme le président de la CCIR en ajoutant : "une deuxième enveloppe de 20 millions d’euros suivra, annonce Ibrahim Patel. L’aide sera plafonnée à 5.000 euros par entreprise."

A la date du mercredi 23 janvier, 524 dossiers de TPE ont été déposés à la CCIR. "Les dossiers complets passeront en commission au fil de l’eau, déclare Ibrahim Patel. Ensuite, les services de la Région seront très rapides."

• 40 millions d’euros de pertes d’activité dans le secteur de l’artisanat

"Nous devons encore attendre un peu pour avoir plus de visibilité, avoue Bernard Picardo, président de la Chambre de Métiers et de l'Artisanat de La Réunion. Mais sur l’année 2018, nous avons 3,6% de création d’entreprise en plus, mais nous avons 4% en plus dans les radiations…" Ce dernier chiffre est néanmoins à prendre avec précaution, "sont aussi comptées les entreprises qui ne fonctionnaient plus depuis longtemps," précise Bernard Picardo.  En terme de perte d’activité sur les semaines de blocages de l’île, le président parle de 40 millions d’euros. Artisans sans matière première, livraisons compliquées, salariés ne pouvant se rendre sur leur lieu de travail… la préparation des salons ont aussi été retardés : "Pour le salon de l’agriculture, tout devrait rentrer dans l’ordre, nous avons un petit groupe d’artisans qui se déplacera. Mais des salons ont été annulés, comme celui du fait-main en fin d’année 2018." Ce dernier devrait néanmoins se tenir au cours du mois de février. "Ça ne sera pas la même chose, souffle Bernard Picardo. Le fait-main attirait du monde car il avait lieu avant les fêtes de fin d’année… Nous n’allons pas attirer la même clientèle."

De grosses pertes qu’il sera pour le président de la Chambre, "très difficiles à rattraper. L'effet a été pire qu'un cylcone. On remet vite les choses en place avec un cylone. Ce mouvement social s'est déroulé sur plus de deux semaines, avec des conséquences beaucoup plus dramatiques."

Pour les aides, en supplément aux aides de l’Etat qui a reporté certaines charges fiscales et sociale, les banques ont reporté des mensualités. "Nous avons également un fond de calamité pour accompagner des entreprises lorsqu’il y a  des intempéries… Tous les champs de métier de France y contribuent, il est géré par notre réseau au niveau national, explique Bernard Picardo. A chaque fois qu’il y a un cyclone, je sollicite ce fond. Exceptionnellement, je l’ai fait pour le mouvement des gilets jaunes, mais uniquement pour les entreprises qui ont été incendiées, pillées." Le mot a été lancé, la Chambre a déjà commencé à attribuer cette aide, plafonnée à 1.500 euros par entreprise. Le dispositif d'aide régional a également été activé : "Plus de 200 entreprises ont déjà déposé un dossier," confirme le président de la Chambre de Métiers et de l'Artisanat.

• 8 à 10 millions de pertes du côté de la Chambre d’Agriculture

Du côté de la Chambre d’Agriculture de La Réunion on ne mâche pas ses mots : le mouvement des Gilets Jaunes "a été pour le monde agricole, l’équivalent d’un cyclone," affirme Jean-Bernard Gonthier, le président. Tous les secteurs ont été impactés. Pendant la crise, les marchés forains ont été annulés, des milliers de litres de lait ont été jetés, les fruits et les légumes pourrissaient… La campagne sucrière, n’a pas été épargnée et a été frappée de plein fouet. Après Berguita, Dumazile et Fakir les blocages ont entravé la livraison normale des cannes. La FDSEA parle de la pire campagne depuis cinquante ans, avec seulement 1,5 million de tonnes livrées. "Les planteurs n’ont pas pu couper, les maraîchers n’ont pas pu accéder à leur champ, les éleveurs ont dû réduire la voilure et ne pouvaient pas nourrir les bêtes," résume Jean-Bernard Gonthier. En terme de pertes " nous parlons de 8 à 10 millions euros, souffle le président de la Chambre d’Agriculture. Aujourd’hui, ça va mieux. Ce qui est perdu est perdu."

• 20 millions de pertes sur l’année 2018 pour le tourisme

"Sur l’année 2018, le nombre de touristes a augmenté mais nous avons perdu dans les 20 millions d’euros. Les chiffres seront affinés à la fin du premier trimestre 2019, ce sont des premières estimations," explique Stéphane Fouassin, président de Île de La Réunion Tourisme (IRT). Restaurateurs, entreprises de loisirs, loueurs de voitures, hôteliers… aucun n’a été épargné. "Le plus dur a été pour le secteur Sport/Nature. C’est zéro réservation pendant les semaines de blocage, souffle le président de l’IRT. Zéro." Chiffres emblématiques, 11 paquebots de croisière transportant 13.000 touristes ont été déroutés. "Les touristes n’ont pas apprécié qu’on leur supprime la destination Réunion et nous ne mesurons encore pas l’impact sur les réseaux sociaux par exemple, auprès de leurs amis, de leurs proches… Des voyages ont probablement été annulés." Nous avons également tous dans l'esprit ces images de touristes, bloqués à l'aéroport de Gillot, ou à pied, tirant désespérément leurs valises vers Saint-Denis.

Pour Stéphane Fouassin, le mouvement social a été bien plus qu’un cyclone : "lorsqu’un cyclone passe, on se relève, on reconstruit et on avance. Avec cette crise, il y a toujours des menaces, toujours des risques de récidives, de blocages. C’est très compliqué." Le président de l’IRT le compare plutôt à un séisme : "nous avons et nous allons avoir des réactions en chaîne, elles sont aujourd’hui difficilement évaluables."

Pour soutenir les entreprises touristiques de l’île, l’IRT a imaginé un plan de compensation estimé à 1,3 million d’euros. Deux axes seront développés, le premier sera destiné à soutenir les professionnels les plus touchés, le second sera le lancement d’une nouvelle campagne de communication. La Fédération Réunionnaise de Tourisme (FRT) et les offices de tourisme intercommunaux sont aussi mobilisés. "Quelle que soit la crise sociale que nous pouvons connaître, nous devons respecter le tourisme, insiste Stéphane Fouassin. Il est créateur d’emploi : c’est 9% de création d’emploi annuel à La Réunion. C’est le secteur qui créé le plus d’emploi à l’année."

www.ipreunion.com

   

3 Commentaire(s)

JOHN, Posté
SI ON S ARRÊTE MAINTENANT QU AVONS NOUS FAIT;SI ON NE REPREND PAS SE MOUVEMENT LES PRIX REMONTE ET VONT EXPLOSER.LES GENS QUI CRIE LE LUS SE SONT LES GENS QUI GAGNE BIEN LEUR VIE CAR CELUI QUI A TRES PEU POURVIVRES A L HABITUDE DE SE SERRER LA CEINTURE IL NOUS FAUDRAI UNE PLATEFORME SUR YOUTUBE POUR COMMUIQUER PLUS FACILEMENT ET BLOQUER DEUX FOIS PAR SEMAINE LES GRANDES ENSEIGNES POUR QU IL REBAISSE LES PRIX
Souffler sur la braise, Posté
Seriez vous en manque d'audience pour écrire de tels articles. C'est ce qu'on appelle du journalisme ?
CECCU , depuis son mobile, Posté
Qu'ils continuent à TUER l'economie bientôt on vas être comme la Gréce salaires retraites allocations divisées par trois là on va rigoler et en plus ce sont nos enfants qui vont payer dans le futur mais Ça ils ne le comprennent pas Bravo MERCI pour eux