Entre le collectif, la Région et l'État :

NRL - Digue ou pas digue : un comité de pilotage pour décider


Publié / Actualisé
Ce lundi 18 février 2019, une réunion a eu lieu entre le collectif contre la digue de la Nouvelle route du littoral (NRL) et le président du conseil régional, Didier Robert. Les échanges ont duré plus de deux heures et demie. Chaque association membre du collectif a exposé ses revendications. Le président de Région a répondu sur plusieurs points dans un échange globalement détendu. A l'issue de cette rencontre il a été décidé de mettre en place un comité de pilotage chargé de trouver d'éventuelles solutions pour éviter la partie digue de la NRL. La structure regroupera le collectif, la Région et l'Etat. Une première réunion aurai dès le lundi 25 février à 10h. Didier Robert s'est engagé à fournir aux associations "tous les documents pour faire la transparence sur ce sujet"
Ce lundi 18 février 2019, une réunion a eu lieu entre le collectif contre la digue de la Nouvelle route du littoral (NRL) et le président du conseil régional, Didier Robert. Les échanges ont duré plus de deux heures et demie. Chaque association membre du collectif a exposé ses revendications. Le président de Région a répondu sur plusieurs points dans un échange globalement détendu. A l'issue de cette rencontre il a été décidé de mettre en place un comité de pilotage chargé de trouver d'éventuelles solutions pour éviter la partie digue de la NRL. La structure regroupera le collectif, la Région et l'Etat. Une première réunion aurai dès le lundi 25 février à 10h. Didier Robert s'est engagé à fournir aux associations "tous les documents pour faire la transparence sur ce sujet"

"Notre combat est avant tout un combat citoyen"

Dès la présentation des membres du collectif, Stéphanie Gigan présidente de l'association Lataniers Nout Ker d'Vie et porte parole du Collectif Contre la Digue, insiste "Notre combat est avant tout un combat citoyen". Ce collectif est composé de plusieurs associations : Lataniers Nout Ker d'Vie, Touch pas nout roche, Détrui pas nout Bellevue, Srepen, Seor, Vie Océane, Agir Ddpme et Atr Fnaut.


Des échanges pendant 2 heures et demie

Le collectif soutient "Nous ne sommes pas contre la NRL", il s'oppose surtout aux travaux de carrière et demande à aller dans le sens de l'expertise du CNPN. En effet le 11 janvier dernier, le Conseil National de la Protection de la Nature donnait un avis défavorable pour le projet de la NRL.

Lire aussi => Conseil national de la protection de la nature : un avis défavorable pour le projet de la NRL

Plusieurs points sont remis en cause par les différentes associations :

Carrières : "On s'oppose à cette carrière d'un point de vue humain et écologique" déclare Cécile Herbelin de Touch pas nout Roch. Elle milite depuis plus de quatre ans et rappelle au Président de Région que par trois fois, plus de 5000 Réunionnais se sont rassemblés pour faire une chaîne humaine et s'opposer à ce projet à Bois Blanc. François Payet (Atr Fnaut) indique que l'impact écologique de cette carrière est bien trop important pour être réalisé. Sur cette zone il est prévu 1 tir de mine par jour pour pouvoir retirer les roches. Dans un rayon d'un kilomètre il y a plus de six écoles selon la représentante de Touch pas Nout Roch.

Problème de matériaux : Il est reproché à la Région d'avoir eu connaissance d'un problème de matériaux dès le début du projet NRL. "Le marché de digue MT5.2 a été signé alors que le groupement NRL (GTOI-SBTPC-VinciCT) ne maîtrisait à la Rivière des Remparts que 4 % des matériaux nécessaires qu'il a porter ensuite à 14% avec l'autorisation de la carrière de Dioré figurant sur la liste des sites proposés alors dans leur offre à la Région en 2013. Mais les 4 nouveaux sites convoités dans le schéma départemental des carrières (SDC) de 2014 avec 24 Mm3 portaient à 3,4 fois la satisfaction des besoins de la NRL estimés lors de la DUP à 10 Mm3 décrits comme disponibles alors dans le SDC de 2010." précise François Payet.

Environnement : C'est également l'argument avancé par le collectif, les projets de carrières mettent en péril l'équilibre déjà fragile de La Réunion. D'une part, les trous béants que laisseront les carrières ne seront ou ne pourront pas être comblés rappellent les représentantes de Touch pas Nout Roch. La proximité du chantier avec la Réserve Marine peut avoir des conséquences désastreuses pour le lagon de Saint-Leu. "Dans un conteste touristique déjà difficile où l'on est privé de baignade et de surf à cause des requins" lance Bernadette Ardon de la Srepen.

Un coût supplémentaire de 250 millions et un retard de plusieurs années si le projet digue est abandonné

Le Président de la Région a assuré ne pas avoir de "position dogmatique à ce sujet". Il se dit ouvert à la discussion mais reste critique sur l'avis émis par la CNPN. "Ils ne se sont pas déplacés sur le chantier malgré nos invitations". Il rappelle également qu'il a été élu par deux fois afin de mener à bien ce projet. "Nous avons la possibilité que cette NRL puisse être livrée en 2022" insiste Didier Robert. Le président de la Région entend et comprend les arguments du collectif, mais il rappelle qu'un changement de programme sur la partie digue enchaînerait des années de retard et un surcoût estimé par la Région à 250 millions d'euros.

Une présentation controversée

Afin de prouver que la Région a "tout fait dans les règles", Olivier Tricoire (Directeur opérationnal de la NRL pour la Région) a effectué une présentation rappelant la genèse du projet, les solutions retenues, les recours contre les autorisations, la situation fin 2018 présentée au CNPN et surtout le surcoût prévisionnel si l'option digue est abandonné. Il est chiffré à 250 millions d'euros et une mise en service de la NRL renvoyée à 2026 au lieu de celle prévue en 2022-2023 avec l'option digue.

Les chiffres sont contestés par le collectif, François Payet (Alternative Transport Réunion) s'exprime :

Un comité de pilotage afin de trouver une solution

Afin de pouvoir trouver une solution avec le collectif, le Président de Région a proposé dès la semaine prochaine de mettre en place un comité de pilotage avec l'État. Un pas supplémentaire pour la transparence selon Stéphanie Gigan :

Pour Touche Pas Nout Roche, Élodie Marais se dit sceptique même si elle sera présente pour représenter son collectif. En tant que citoyenne elle semble partagée "Est-ce que ça va permettre de découler à une solution pérenne pour tout le monde ? Je ne suis pas sûre"  Elle espère toucher des points sensibles et donner raison aux Réunionnais qui sont contre les carrières.



jb/www.ipreunion.com

   

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