Un panier à 253 euros :

Nouveau bouclier qualité prix : la vie sera moins chère, ah bon ?


Publié / Actualisé
La cherté de la vie à La Réunion, c'est un fait, une réalité, le sujet a été abordé sous toutes les coutures. Mais après le constat, il se passe quoi ? Des dispositifs sont mis en place, le plus symbolique, c'est le Bouclier qualité prix. En vigueur depuis sept ans à La Réunion, il permet d'encadrer les prix de certains produits de première nécessité. En 2019, pour 109 produits, les acteurs de la production et de la distribution se sont entendus sur un prix global de 253 euros. Une baisse de 35 euros par rapport au BQP précédent. L'intention est louable mais le problème de fond reste le même. La vie est toujours trop chère. Espérer un alignement des prix réunionnais sur les prix métropolitains est utopique. La grande distribution assure que ses marges sont honnêtes, que le Réunionnais n'est pas volé. Alors que faire ? Comment inverser la vapeur ? Comment permettre à ces 40% de Réunionnais qui vivent sous le seuil de pauvreté de s'en sortir ? Le BQP 2019 est-il un début de solution ?
La cherté de la vie à La Réunion, c'est un fait, une réalité, le sujet a été abordé sous toutes les coutures. Mais après le constat, il se passe quoi ? Des dispositifs sont mis en place, le plus symbolique, c'est le Bouclier qualité prix. En vigueur depuis sept ans à La Réunion, il permet d'encadrer les prix de certains produits de première nécessité. En 2019, pour 109 produits, les acteurs de la production et de la distribution se sont entendus sur un prix global de 253 euros. Une baisse de 35 euros par rapport au BQP précédent. L'intention est louable mais le problème de fond reste le même. La vie est toujours trop chère. Espérer un alignement des prix réunionnais sur les prix métropolitains est utopique. La grande distribution assure que ses marges sont honnêtes, que le Réunionnais n'est pas volé. Alors que faire ? Comment inverser la vapeur ? Comment permettre à ces 40% de Réunionnais qui vivent sous le seuil de pauvreté de s'en sortir ? Le BQP 2019 est-il un début de solution ?

Un nouveau BQP appliqué au 18 mars 

Cette baisse de 35 euros, c’est un effort des importateurs, des producteurs locaux et de la grande distribution. Un effort mais avaient-ils réellement le choix ? C’est surtout la réponse à une directive d’Annick Girardin. La ministre des Outre-mer avait été ferme sur la question lors de sa dernière visite à La Réunion : elle réclamait une baisse de 10% du BQP. Objectif rempli même dépassé, les négociations ont mené à une diminution de 12%.

Plus de produits locaux aussi, 55 sur 109. La production " faite par des Réunionnais pour les Réunionnais " est mise en avant. Les producteurs locaux ne peuvent que s’en féliciter, maintenir leur activité et les emplois.

De bien belles initiatives mais au final, les Réunionnais sont-ils si férus du BQP ? Achètent-ils ces produits par réel intérêt ou parce qu’ils n’ont pas le choix ? C’est cela la vraie question, le BQP est-il efficace et permet-il à certains Réunionnais en difficulté de vivre ?

Le BQP plaît-il au consommateur réunionnais ? 

Plusieurs choses, déjà, la qualité des produits. C’est sans doute l’argument qui revient le plus souvent. Des Réunionnais qui boudent les produits du BQP qu’ils jugent trop gras, trop sucrés, trop salés comme le dit le slogan. Un BQP adressé aux familles mais des parents qui ont souvent du mal à faire l’impasse sur une alimentation saine.

Autre argument des réfractaires au dispositif, celui de l’économie. Certains affirment que les produits du BQP ne sont pas très intéressants financièrement. Pas une réelle économie donc les consommateurs préfèrent s’orienter vers les produits de la marque repère.

Et il y a le manque de visibilité de ces produits BQP. 109 produits souvent noyés au milieu de plus de 50.000 références, parfois. Un logo qui devient de plus en plus petit avec le temps. Les Réunionnais passent à côté sans même les regarder à tel point que certains affirment ne pas connaître le dispositif.

Autre élément, ces produits du BQP, beaucoup de Réunionnais ne les trouvent pas adaptés à leurs habitudes alimentaires. Il y a une réelle défiance sur le sujet, la phrase " pourquoi on laisserait l’État décider de ce que l’on met dans nos assiettes alors qu’il ne sait pas ce que mange un Réunionnais ?" revient souvent.

Des ventes qui décollent

Pourtant les ventes des produits du BQP ont bondi de 6% en 2018. Pas que ces produits soient plus attrayants, loin de là. L’une des explications les plus plausibles c’est l’inflation. 2018 c’est l’année d’une inflation record, +1,8%, cela faisait six ans qu'elle n'avait pas été aussi importante à La Réunion. Alors pour arriver à joindre les deux bouts, certains Réunionnais, qui jusqu’ici boudaient les produits du BQP, commencent à les consommer. Pas une grosse économie, 20-30 euros. Mais quand on s’appauvrit, quand on perd du pouvoir d’achat, quand terminer les fins de mois devient un véritable jeu d’équilibriste, 20 ou 30 euros, c’est une somme qui n’est pas négligeable.

Le Bouclier qualité prix, pour qui ? 

Finalement, ces produits du BQP, c’est aux pauvres qu’il sont adressés. Pas à ceux qui vivent mais à ceux qui survivent avec une calculatrice dans la tête. À l’euro près, toujours à l’affût des promotions. Ceux qui ne peuvent pas se permettre de dire que les produits sont de mauvaise qualité, ceux pour qui une économie de 20 centimes reste une vraie économie. Ceux qui au delà de voir les produits du BQP les cherchent.

On ne peut pas se voiler la face, le bouclier qualité prix malgré ses défauts a le mérite d’exister. Certes, il ne pourra jamais satisfaire tout le monde mais il permet à certains de manger si ce n’est à leur faim, si ce n’est sainement, juste d’avoir quelque chose dans le ventre.

Le problème de la vie chère perdure

Mais le BQP a ses limites, aussi utile soit-il, il ne règle pas le problème de fond. La vie est toujours bien trop chère à La Réunion. Manger, s’habiller, se loger, les besoins les plus élémentaires, ceux en bas de la pyramide de Maslow sont un casse-tête pour ces 40% de Réunionnais qui vivent sous le seuil de pauvreté. Et ils sont de plus en plus nombreux à devoir faire appel à des associations pour survivre.

Alors que faut-il faire ? La solution miracle, nous ne l’avons pas. La réalité, c’est que nous n’arriverons jamais à trouver des produits au même prix que ceux de la métropole, ça on le sait. Cela n’empêche que la vie ne peut pas continuer à être aussi chère à La Réunion sinon les Réunionnais courent à leur perte. Il faut une réelle prise de conscience des pouvoirs publics ou alors la société réunionnaise va se paupériser encore. Les mesurettes comme le BQP sont utiles mais pas à la hauteur de l’enjeu.

fh/www.ipreunion.com

   

2 Commentaire(s)

Daniel, Posté
Mon avis sa sera peut-ètre moins chère pour certains, pour les plus futés, mais les analphabètes, les personnes âgées, vont-elle savoir trouver les articles les moins chère votre avis ??
Vanille, Posté
Qui peut m'explique pourquoi le kg de fromage blanc (enfin 900gr.) Est environ 4â"¬ à la Réunion, alors qu'il est à moins de 2â"¬ en métropole ?? Le produit est pourtant fabriqué ici, que ce soit sous licence d'une grande marque nationale ou d'un produit Péi.
De qui se moque-t-on ? Toute cette histoire de BQP ne serait-il pas qu'un enfumage supplémentaire pour ne pas s'attaquer au fond du problème et apporter de VRAIES solutions ?
A bon entendeur ....