Cancers, infertilité, malformations... :

Planteurs attention, les pesticides menacent dangereusement votre santé


Publié / Actualisé
Les résultats d'une étude de l'agence de santé publique publiée le 25 février sont plus qu'alarmants. Les planteurs de canne à sucre réunionnais sont exposés à des pesticides classés par les organes nationaux et internationaux comme particulièrement "néfastes pour la santé." Le terme "néfaste" n'est là qu'un euphémisme, on peut parler de risque mortel. Cancer, infertilité, interférence sur le système endocrinien, autant de conséquences éventuelles à l'exposition à ces pesticides. Cette étude concerne surtout les régions Est et Ouest de l'île où les exploitations de canne sont plus nombreuses. Autre constat de l'agence de santé publique, les planteurs réunionnais utilisent de plus en plus de pesticides et s'exposent donc davantage à de potentielles conséquences "néfastes" pour leur santé. Les chiffres et le tableau dépeint par l'agence sont inquiétants.
Les résultats d'une étude de l'agence de santé publique publiée le 25 février sont plus qu'alarmants. Les planteurs de canne à sucre réunionnais sont exposés à des pesticides classés par les organes nationaux et internationaux comme particulièrement "néfastes pour la santé." Le terme "néfaste" n'est là qu'un euphémisme, on peut parler de risque mortel. Cancer, infertilité, interférence sur le système endocrinien, autant de conséquences éventuelles à l'exposition à ces pesticides. Cette étude concerne surtout les régions Est et Ouest de l'île où les exploitations de canne sont plus nombreuses. Autre constat de l'agence de santé publique, les planteurs réunionnais utilisent de plus en plus de pesticides et s'exposent donc davantage à de potentielles conséquences "néfastes" pour leur santé. Les chiffres et le tableau dépeint par l'agence sont inquiétants.

Un pesticide sur deux dangereux pour la santé des planteurs 

Un chiffre clé : à La Réunion, en 2014, " 50% des pesticides utilisés sur la canne sont potentiellement cancérogènes, reprotoxiques ou induisant une perturbation endocrinienne cela concerne l’exposition a minima de 5.900 personnes " indique l’agence de santé publique. Parmi ces pesticides, un herbicide très controversé : le glyphosate. Sur l’île, son utilisation n’a cessé d’augmenter de décennie en décennie. 

Les planteurs réunionnais utilisent de plus en plus de glyphosate 

Depuis quelques années ce désherbant très puissant produit par le groupe américain Monsanto fait polémique. Ils sont des milliers d’agriculteurs, de jardiniers, de personnes ayant été en contact de près ou de loin avec ce pesticide à travers le monde à traîner Monsanto en justice. Cancers, infertilité, malformations… Tous accusent le glyphosate d’être à l’origine de leurs maux et Monsanto d’avoir toujours eu connaissance des risques sans prévenir la population.

Actuellement, le pesticide est interdit dans certains pays, mais pas en Europe. En France, les députés ont rejeté l’interdiction de l’herbicide controversé il y a encore quelques jours alors même que l’organisation mondiale de la Santé le qualifie de "potentiellement cancérogène" depuis 2016. 

"Potentiellement cancérogène"… À La Réunion, son utilisation a bondi passant 0.5 tonne par an à la fin des années 70 à 3.5 tonnes par an dans les années 80 pour monter à 7.5 tonnes par an depuis la fin des années 80 à aujourd’hui. Une constante inquiétante quand on sait qu’un jardinier américain a réussi à faire condamner le groupe agrochimique à lui payer 78,5 millions de dollars de dommages et intérêts en démontrant que son cancer de la peau était lié au glyphosate.

Du glyphosate et six autres pesticides néfastes pour l'organisme

En plus du glyphosate, d’autres pesticides utilisés par les planteurs de canne à sucre réunionnais inquiètent les autorités :  

• Le 2, 4-D a les mêmes conséquences que le glyphosate,

• Le pendiméthaline "peut induire à la fois des effets potentiels de perturbation endocrinienne et des cancers" détaille l’agence de santé publique,

• L’asulame "est considérée exclusivement comme un perturbateur endocrinien

• tandis que le triclopyr, le glufosinate d’ammonium et la mésotrione "ont uniquement des effets reprotoxiques" c’est à dire que ces herbicides peuvent affecter la fertilité de l’homme ou de la femme ou altérer le développement de l’enfant à naître.

L’agence de santé publique prend des pincettes sur le sujet, parle "d’effets potentiels" mais une phrase de cette étude résume bien la problématique "les effets toxiques sur la santé humaine, en lien avéré ou suspecté avec une exposition longue et répétée aux pesticides de la canne à sucre, sont très variés. Il peut s’agir de dysfonctionnement de certains organes (foie, rein, cœur…) de cancers, de mutations génétiques, de troubles de la reproduction, d’une perturbation du système endocrinien etc."

En 2010, le 13 pesticides différents sont appliquées dans les exploitations de canne à sucre réunionnaises, parmi eux, sept ont potentiellement des conséquences néfastes sur la santé.

Les planteurs réunionnais très exposés

L’étude révèle qu’en 2010, 88% des travailleurs agricoles de la canne à sucre réunionnais ont été exposés à au moins une substance cancérogène, reprotoxique ou perturbatrice endocrinienne, cela représente 6.330 travailleurs agricoles, 70% d’entre eux l’ont été au glyphosate. Le risque sur la santé est encore plus élevé pour ceux qui "utilisent des pulvérisateurs dos dans un contexte de chaleur et d’humidité où le port de l’équipement de protection est contraignant et difficile à supporter." précise l’agence de santé.

Les recommandations de l’agence de santé publique

Des conseils qui semblent évidents et font appel au bon sens "promouvoir des méthodes alternatives de production de la canne, de limiter l’usage de pesticides et arrêter ou du moins circonscrire l’utilisation de ceux d’entre eux dont la substance active est cancérogène, mutagène, reprotoxique ou perturbateur endocrinien" préconise l’agence. Tout comme une amélioration des conditions de travail des agriculteurs pour réduire l’exposition aux pesticides et de meilleures formations concernant le matériel utilisé pour s’en protéger.

On ne connaît pas l'étendue des dégâts

L’agence indique aussi qu'à l'heure actuelle, "les risques d’exposition aux pesticides pour les travailleurs de la canne à sucre à La Réunion restent forts". Ce qui n’a rien de rassurant. Pour le moment, aucune étude ne permet de savoir si les planteurs de canne à sucre réunionnais sont une catégorie socio-professionnelle plus touchée par des cancers, des problèmes de fertilité ou des perturbations du système endocrinien que d‘autres.

L'étude complète de l'agence de santé publique à retrouver ici

fh/www.ipreunion.com

   

6 Commentaire(s)

Vive le naturel et à bas le chimique et la fausse rentabilité, Posté
Eric, Posté il y a 6 heures Mon commentaire n'est pas pour rire! Et je me moque qu'ailleurs, ça soit pire! Ou que X ou Y ait vécu 98 ans en utilisant des pesticides! Respectez la terre et les gens! Point barre!<
Mais je vois qu'on se rejoint sur l'arrêt nécessaire des produits chimiques toxiques!
"moi même j'ai du diminuer de70 % utilisation de c produit j utilise au maximum les produit naturel
Tant mieux.
Aterla, Posté
@Eric:
'abus de pesticides est dangereux pour le consommateur, mais comme l'article l'indique, aussi pour l'agriculteur. Voire même beaucoup plus. Vous devriez être les premiers à réclamer l'arrêt le plus rapidement possible et donc à passer au BIO. Et pour information, non les produits malgaches n'ont pas le label BIO européen.
Eric, Posté
quand je vois les commentaires ça me fait rire .les gens crois quand il rentre dans magasin bio et il achete leur produit la il donne des leçons mais le problème s que un produit qui est dans un sachet et qui sort au Pérou ou ski Lanka je vous donne pour exemple ou Madagascar est bio pour vous il utilise des pesticides dix fois plus violent que ce utilisé par un agriculteur réunionnais les magasin bio font du business sur le do des consommateurs croyants.. et je peu vous dire je suis bien placé pour emparler. moi je consomme traditionnellement les produit locaux. bio c comme les voiture électrique super polluant mais je conduit un véhicule écolo...il y a une différence entre un produit sans pesticides et engrais et un produit issu de l'agriculture biologique label bio ne veut pas dire sans produit . haï fait une formation en culture biologique je connais de quoi je parle.. pour information je d une famille agriculteur je consomme leur légume et moyens d'âge des anciens entre 70 et 90 ans mon grand père est mort à l'âge de 98 ans et à utiliser tout sorte de pesticides mais attention moi je suis pour arrêt de tout les produit agricole les plus dangereux. moi même j'ai du diminuer de70 % utilisation de c produit j utilise au maximum les produit naturel ..
Urgent d'agir, Posté
Merci à Imaz press pour cet article documenté concernant la santé des agriculteurs . Il y va aussi de la santé de tous les Réunionnais , de la pollution de l'environnement : terres, nappes phréatiques, lagons Il est urgent d'agir pour limiter les dégâts !...
Gabriel, Posté
C'est extrêmement urgent d'agir pour la vie future. Qu'en est il des études sur la transformation de la canne vouée à la consommation humaine ? Ces poisons restent ils présent ???? Le business médical à de beaux jours devant lui...! Patrimoine mondial de l'UNESCO ou l'unescroc??? Un si beau pays...
Vive le naturel et à bas le chimique et la fausse rentabilité, Posté
Ah bon? Les pauvres agriculteurs, qui découvrent qu'ils utilisent des poisoins (on ne parle pas non plus des insecticides et autrs produits en plus des pesticides, sans compter les engrais qui tuent la terre).

Et les CONS--sommateurs, qui ingèrent tout ça à petite dose? On en parle? Tu m'étonnes qu'on parle partout de cancers.....

Et les cons-sommateurs qui ne voient que pas cher, au lizu de rechercher le bio?

Honte aux banques et aux agriculteurs. Vous déshonorez vos professions, vous vous moquez de la santé des gens.

Vous tuez la terre et les cons-sommateurs!

Et tant pis pour ceux qui ne voient que le prix!

Dégagez, et place au naturel ("bio")!