Journée mondiale pour la liberté d'expression sur internet :

Et la France alors ?


Publié / Actualisé
Ce mardi 12 mars 2019 ce sont une petite dizaine de pays où l'accès à internet est non seulement limité, mais aussi plus que contrôlé. Si la censure sur internet n'est pas un problème auquel nous sommes exposés, les dérives sur la liberté de la presse française peuvent être sujettes à inquiétude.
Ce mardi 12 mars 2019 ce sont une petite dizaine de pays où l'accès à internet est non seulement limité, mais aussi plus que contrôlé. Si la censure sur internet n'est pas un problème auquel nous sommes exposés, les dérives sur la liberté de la presse française peuvent être sujettes à inquiétude.


Il est certain qu’on ne peut pas dire que la France soit à plaindre en matière de liberté d’expression. Mais en cette journée contre la censure, il reste tout de même pertinent de se poser la question de la liberté de la presse française aujourd’hui.

Chaque année, Reporters Sans Frontières (RSF) – qui est par ailleurs le créateur de cette journée mondiale - publie son classement des pays en fonction de la liberté de la presse. Et la France ne se trouve qu’à la 33ème place de ce dernier. Autant dire que c’est loin d’être un résultat satisfaisant pour le pays qui se targue sans cesse de son titre de "pays des droits de l'Homme".

Plusieurs problèmes viennent en tête quand on pense à cette fameuse liberté. Se pose tout d’abord la question des propriétaires des principaux médias français : Vivendi – dont fait parti Canal+ entre autres - racheté par Vincent Bolloré, le groupe TF1 qui appartient à la famille Bouygues, Libération et le groupe NextRadioTV à Patrick Drahi pour n’en citer que quelques-uns. La problématique des intérêts de chacun, protégés par les médias qu’ils possèdent, est plus que présente, comme le souligne d'ailleurs RSF sur son site.

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Le projet de loi pour lutter contre les " fake news ", votée en novembre dernier, a lui aussi fait des vagues : comment et qui décidera de la véracité de l’information ? Des dérives possibles qui inquiètent les journalistes, et à juste titre. Tout récemment, c’est la Russie qui a fait passer une loi similaire, au grand dam des journalistes du pays, déjà plus que muselés.

N’oublions pas non plus la loi sur le secret des affaires, promulguée le 30 juillet 2018, qui limite encore un peu plus la marge de manœuvre des journalistes. Ce qu’on appelle les " lanceurs d’alertes " pourraient s’exposer à des peines de prison, comme Antoine Deltour, lanceur d’alerte dans l’affaire des " LuxLeaks ", condamné à 6 mois de prison avant d’être relaxé en appel. De nombreux membres de l'opposition s'était levé contre le projet de loi, en vain, soulignant notamment le risque d'auto-censure que pourraient s'imposer les journalistes par mesure de précaution.

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Plus récemment, la France a à de nombreuses reprises été réprimendée concernant l’usage excessif de violence contre les manifestants des gilets jaunes. Le Parlement européen, la haute-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU ou encore Amnesty Internationale se sont élevés ces dernières semaines, reprochant au gouvernement français, entre autres, son usage excessif de flash-ball. Rien que ça.

Alors si nous ne pouvons bien sûr pas dire que la liberté d’expression soit réellement menacée - pour l'instant -, en France, il reste bon de rappeler que cette dernière est un pilier de la démocratie, et espérer que les nouvelles lois ne mènent pas à des dérives sanctionnant le bon déroulement du travail journalistique de la presse française.

as/wwww.ipreunion.com

   

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