[VIDEO] Le président du Département confirme :

Cyrille Melchior : "le montant du RSA ne bougera pas"


Publié / Actualisé
Cyrille Melchior, président du conseil départemental, a tenu ce mercredi 20 mars 2019 une conférence de presse pour confirmer la prise en charge de l'Etat de la gestion et le financement du RSA. Une annonce qui avait été faite par la ministre Annick Girardin le 19 mars, à l'issue de ses trois jours de visite sur l'île. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Cyrille Melchior, président du conseil départemental, a tenu ce mercredi 20 mars 2019 une conférence de presse pour confirmer la prise en charge de l'Etat de la gestion et le financement du RSA. Une annonce qui avait été faite par la ministre Annick Girardin le 19 mars, à l'issue de ses trois jours de visite sur l'île. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

"Comme le gouvernement l'a fait en Guyane et à Mayotte nous avons accepté de récupérer la gestion du RSA, ce qui permettra au Département d'être pleinement armé pour gérer son action sociale", a déclaré la ministre.

Des déclarations confirmées ce mercredi 20 mars lors d'une conférence de presse avec Cyrille Melchior, président du conseil départemental. " Il s’agit d’une avancée majeure " déclare-t-il, " la revendication est ancienne, et la dette s’élève à plus d’un milliard d’euros ".

 

Il indique par ailleurs que " l’équilibre financier du département était mis en péril par l’augmentation du RSA, dont la dépense croît tous les ans de 35% ". Un vote a d'ailleurs eu lieu le matin même afin de maintenir les aides pass loisirs et pass transports, bien que le département ait dû tellement rogner le budget qu’ils avaient " atteint l’os ".

La mesure annoncée par la ministre est donc " une victoire pour toute l’équipe du Département, la collectivité n’étant plus en danger " se réjouit-il. Il a aussi ajouté que la collectivité pourrait à présent se recentrer sur ses compétences premières, c’est-à-dire l’aide sociale.

Aujourd’hui, ce sont 97000 familles bénéficiaires, soit environ 225000 personnes, qui bénéficient du RSA, soit ”le quart de la population" souligne le président Melchior. En 2018 le montant annuel de cette aide a été de 640 millions d'euros.

Le parlement, l’Assemblée nationale et le Sénat vont donc travailler sur la loi qui actera la recentralisation. “Des experts vont venir ici à La Réunion pour travailler à cette redéfinition de la loi” souligne Cyrille Melchior. Enfin, il précise qu’en avril, " nous présenteront le plan départemental de lutte contre la pauvreté, qui sera financé par l’Etat et le Département”.

André Thien Ah Koon, maire et conseiller départemental du Tampon déclare de son côté que “l’Etat nous a roulé dans la farine depuis des années. Il faut donc rendre hommage aux qualités de négociateur du président Melchior. Le Département va enfin pouvoir se reconcentrer sur des compétences“. Il réclame en plus le "remboursement du milliard d'euros que l'Etat doit au Département". Ce à quoi répond Jean-Marie Virapoullé, conseiller départemental : "C’est l’Etat qui fixera le cadre de la nouvelle loi, il ne reviendra pas sur sa dette de un milliard. Il ne remboursera pas"

Ce dernier souligne par ailleurs que “ce résultat a été obtenu alors que l’Etat est dans une situation financière contrainte et alors qu’il pourrait inspirer d’autre départements de France dont le budget est aussi impacté par la gestion du RSA".

“Le but de la recentralisation est de mettre en place des politiques d’accompagnement afin de contribuer à diminuer le nombre des bénéficiaires du RSA en les insérant ou les réinsérant durablement professionnellement. C’est à cela que vont servir les sommes économisées grâce la recentralisation” note Cyrille Melchior
Cyrille Melchior rappelle enfin qu’il souhaite une application de la recentralisation dès le 1er janvier 2020. “Sans le soutien du président de la République et du Premier ministre jamais nous n’aurions obtenu la recentralisation” souligne-t-il.

Lire aussi : "Nous avons accepté de récupérer la gestion du RSA" déclare Annick Girardin


Il notait que la gestion de cette aide par sa collectivité impactait gravement son budget.

Cyrille Melchior avait encore formulé cette demande le 1er février dernier lorsque Emmanuel Macron avait reçu à Paris, dans le cadre du Grand débat, les maires et présidents des collectivités locales des outre-mer.

Le financement total de cette allocation relève de la compétence de l'Etat. "Mais depuis des années l'enveloppe allouée par l'Etat stagne à 450 millions d'euros" regrette Cyrille Melchior, Ce montant a été décidé lors de la mise en place du Revenu minium d'insertion RMI, ancêtre du RSA) en décembre 1988.

Il n'a guère évolué depuis malgré l'augmentation du nombre d'allocataires. "Tous les ans à partir de septembre, c'est de fait le Département qui verse environ 50 millions d'euros par mois sur ses fonds propres à la caisse d'allocations familiales" explique le président Melchior.

Il note que "ce reste à charge non compensé annuellement par l’Etat est de l’ordre de 200 millions d'euros retirés des actions relevant des compétences de la collectivité"

Au cours des 10 dernières années, l'Etat a ainsi cumulé "un reste à charge non compensé à ce jour d'un milliard d'euros" affirme le président du Département. Cette somme ne sera pas remboursée par l'Etat. 

La loi organisant la recentralisation du RSA devrait être votée avant la fin de cette année, "nous demande la finalisation du dossier dès 2019" a précisé Cyrille Melchior

www.ipreunion.com

   

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