Lourd bilan en 2018 (actualisé) :

Neuf personnes sans domicile fixe sont mortes de la rue à La Réunion


Publié / Actualisé
Ils s'appelaient Youssouf, Antoine, Claude, Johny André... Ils sont morts l'année dernière à La Réunion. Morts de la rue. Ils sont neuf, sept hommes, une femme et une enfant de huit ans. La plupart sont des anonymes dont le nom n'est pas connu ou pas communiqué par les hôpitaux, les familles ou les associations. Ils sont décédés sur la voie publique, dans des abris de fortune, dans les centres d'hébergement ou de soins. Sur l'île, il est très difficile d'estimer le nombre de personnes sans domicile. D'après les associations, elles seraient dans les 800...
Ils s'appelaient Youssouf, Antoine, Claude, Johny André... Ils sont morts l'année dernière à La Réunion. Morts de la rue. Ils sont neuf, sept hommes, une femme et une enfant de huit ans. La plupart sont des anonymes dont le nom n'est pas connu ou pas communiqué par les hôpitaux, les familles ou les associations. Ils sont décédés sur la voie publique, dans des abris de fortune, dans les centres d'hébergement ou de soins. Sur l'île, il est très difficile d'estimer le nombre de personnes sans domicile. D'après les associations, elles seraient dans les 800...

"II me semble que la misère, serait moins pénible au soleil," chantait Charles Aznavour. A tort, on pense souvent que les sans domicile fixe meurent de froid et qu’à La Réunion, ils sont bien mieux lotis… "C’est une idée reçue, très peu de gens meurent de froid en France. Ce qui tue dans la rue c’est le stress, les maladies, la violence, la dépression…", explique Cécile Rocca, coordinatrice du collectif "Morts de la rue" qui recense les décès des personnes sans domicile fixe.

Les sans-abris sont toujours en alerte, toujours soumis au stress. "Ils dorment à des heures décalées pour avoir des gens qui circulent autour et se sentir en sécurité. Ils sont incapables de se projeter, tout se fait dans l’immédiat. Ils n’ont pas de relation construite. Ils prennent des toxiques pour tenir, peuvent devenir un peu fou, péter les plombs et se mettre en danger," souffle Cécile Rocca. Le collectif organisera un hommage public à Paris le 2 avril.

Près de 800 personnes à la rue sur l’île

A La Réunion, il y aurait 800 personnes à vivre dans la rue. Gilbert Arpon, un des responsables de la Protection civile sur Saint-Denis estime qu’il y a "environ une centaine de sans-abris dans chaque grande ville réunionnaise. Il y a ceux que nous connaissons bien, que nous suivons depuis longtemps ; et puis il y a les autres, qui ne sont pas visibles, qui n’osent pas demander de l’aide."

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Les politiques "n’en feront jamais assez, estime Patrice Ellama. Il ne faut pas compter que sur l’Etat, le département, la Région, les communes : il faut travailler sur la solidarité, revoir notre manière de concevoir la politique."

Une vingtaine de bénévoles de la Protection civile font des maraudes le mercredi soir. Du côté du Secours catholique, Patrice Ellama, le président organise tous les samedis un café de rue au carré cathédrale. "Nous offrons boissons chaudes et croissants à ceux qui le demandent. Sans distinction," détaille-t-il. Mais pas seulement : les associations sont aussi à l’écoute et accompagnent les personnes dans leurs démarches. "Cela peut arriver à n’importe qui. Il faut être à l’écoute et respectueux. Si vous avez du temps à donner via des associations, il faut y aller, il faut proposer des idées," encourage le président du Secours catholique.

"Se vêtir, se nourrir, ce n’est pas un souci, mais l’hébergement pose problème !"

"Il faut discuter pour avoir plus d’aides et de moyens pour pouvoir héberger. A La Réunion, il n’y a pas suffisamment de place. Il y a trop demandes et pas assez d’offres," déplore Patrice Ellama.

A Saint-Denis par exemple il n’y a que deux centres d’hébergement. Un dans la rue Monthyon avec quatorze lits, un autre dans la ruelle Turpin avec neuf lits. "Ces locaux sont accessibles tous les soirs, pour y dormir, il faut appeler le matin, dès 9 heures pour réserver. Ils sont toujours pleins," nous expliquait il y a quelques semaines Gilbert Arpon.

"Se vêtir, se nourrir, ce n’est pas un problème à La Réunion. Nous avons des vestiaires, des endroits où ils peuvent venir se restaurer et s’habiller. Mais l’hébergement pose, encore et toujours un problème," soupire Patrice Ellama.

Charles Aznavour chantait : "iI me semble que la misère, serait moins pénible au soleil"... Ce n'était qu'une chanson, qu'une impression...

nt/www.ipreunion.com

   

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