Une centaine d'entre eux dans notre consommation :

Les perturbateurs endocriniens, un fléau sanitaire


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A l'occasion d'une conférence publique qui se tiendra dans la salle polyvalente de la mairie de Saint-Denis lundi 1er avril 2019, Marie-Claude Galland et Patrice Humbert, de l'association Med'Océanes, accueillaient la presse pour discuter du problème des perturbateurs endocriniens.
A l'occasion d'une conférence publique qui se tiendra dans la salle polyvalente de la mairie de Saint-Denis lundi 1er avril 2019, Marie-Claude Galland et Patrice Humbert, de l'association Med'Océanes, accueillaient la presse pour discuter du problème des perturbateurs endocriniens.

"Les perturbateurs endocriniens" : cette expression tourne en boucle dans la presse depuis quelques temps. Mais qu’est-ce que c’est, d’abord, le système endocrinien ? D’après le site " Cancer environnement ", il peut être défini ainsi : "C’est un réseau de glandes réparties à travers l'organisme. Ces glandes sécrètent des hormones qui sont libérées dans la circulation et qui parviennent à leur cible par le sang. Les hormones sécrétées par ces glandes servent de messagers chimiques qui contrôlent diverses fonctions, notamment la croissance, le métabolisme, le développement sexuel et la production des ovules et des spermatozoïdes".

Mais quels sont les produits qui perturbent ce système ? D’après Marie-Claude Galland, experte en la question, il n’existe aucune liste officielle, mais "elle est extrêmement longue" indique-t-elle. Peintures, plastiques, cosmétiques, pesticides (comme le glyphosate, dont la Réunion est la deuxième région consommatrice)… Il semblerait que la plupart des produits que nous consommons soient susceptibles de nous empoisonner. Et qu'ils peuvent créer des dysfonctionnements graves dans notre organisme, à de nombreuses échelles. "Le gouvernement devrait publier une liste, non-exhaustive, des produits contenant ces perturbateurs d'ici quelques temps" souligne-t-elle par ailleurs.

Le problème réside cependant dans l’impossibilité de vérifier, sur le court terme, la toxicité de ces produits. "Les effets néfastes des perturbateurs endocriniens peuvent mettre dix ans à se manifester, précise Marie-Claude Galland, ou bien même se manifester seulement chez nos enfants – voire nos petits-enfants". Une situation complexe, qui explique selon l’experte la pression de certains lobbys - de l'agro-alimentaire et de la santé notamment - pour mener des études rapides, celles-ci ne pouvant démontrer d’effets négatifs sur la santé dans l'immédiat.

Quelques astuces pour diminuer l’exposition

D’après les nombreuses études menées au cours des années par différents chercheurs autour du monde, les effets peuvent cependant être extrêmement variés. "On a pu observer des problèmes de fertilité, avec une diminution de 50% du nombre moyen de spermatozoïdes, des retards mentaux chez les enfants, des cancers précoces…" liste Marie-Claude Galland. Si l’on ne peut dire avec certitude que les perturbateurs endocriniens sont les uniques responsables des problèmes de santé croissant de la population, ils jouent sans aucun doute un rôle majeur.

Comment les éviter alors ? Il est bien sûr impossible de s’en défaire totalement, chacun étant régulièrement exposé à une centaine de perturbateurs. Mais quelques gestes peuvent aider : ne pas utiliser l’eau chaude du robinet pour cuisiner, éviter les jouets en plastique souple pour les enfants, vérifier la composition de ses produits cosmétiques… Des sites tels que Que choisir ? ou 60 millions de consommateurs peuvent d'ailleurs vous guider.

Pour en savoir plus, l’association Med’Océanes accueillera le public lundi 1er avril à 19h, dans la salle polyvalente de la mairie de Saint-Denis. Une occasion de discuter de la problématique, et de recueillir quelques conseils de la part des médecins présents.

Regardez notre interview de Marie-Claude Galland


as/www.ipreunion.com

   

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