[PHOTOS/VIDEOS] La Sécurité civile en action à Saint-Pierre :

Ligne-Paradis : le moustique traqué dans toutes ses cachettes


Publié / Actualisé
Opération de démoustication ce vendredi matin 5 avril 2019 dans un quartier de la Ligne Paradis à Saint-Pierre. Des militaires de la sécurité civile arrivés à La Réunion le mercredi 26 mars ont traqué l'aedes albopictus, le moustique vecteur de la dengue. Depuis le début de l'année, la virus a frappé près de 4000 personnes (10 865 depuis le commencement de l'épidémie en 2018. 11 personnes sont déjà décédées des suites de la maladie. L'épidémie qui n'a pas été arrêtée par l'hiver austral, continue donc de flamber. Du 18 au 24 mars , 843 cas ont été recensés. Imaz Press a suivi le travail sur le terrain des traqueurs de moustiques (Photos rb/www.ipreunion.com)
Opération de démoustication ce vendredi matin 5 avril 2019 dans un quartier de la Ligne Paradis à Saint-Pierre. Des militaires de la sécurité civile arrivés à La Réunion le mercredi 26 mars ont traqué l'aedes albopictus, le moustique vecteur de la dengue. Depuis le début de l'année, la virus a frappé près de 4000 personnes (10 865 depuis le commencement de l'épidémie en 2018. 11 personnes sont déjà décédées des suites de la maladie. L'épidémie qui n'a pas été arrêtée par l'hiver austral, continue donc de flamber. Du 18 au 24 mars , 843 cas ont été recensés. Imaz Press a suivi le travail sur le terrain des traqueurs de moustiques (Photos rb/www.ipreunion.com)

"Il y a un phénomène d’oubli ou de banalisation de la dengue. Ce n’est pas anodin, ce n’est pas juste une forte fièvre," insiste Nicolas Odon, un représentant de l’ARS, présent sur l'opération de démoustication dans le quartier de la Ligne Paradis à Saint-Pierre.

En provenance de Métropole, des militaires de la sécurité civile sont venus renforcer le dispositif de lutte contre les moustiques vecteurs du virus de la dengue. Ces militaires appartiennent aux  unités d’intervention et d’instruction de sécurité civile de Brignolles et de Nogent-le-Rotrou.

Ils ont deux missions principales : "d’une part, appuyer les services de la lutte anti-vectorielle dans les actions de démoustication (40 personnes) et, d’autre part, renforcer la coordination des opérations au sein des sous-préfectures (10 personnes)"  note la préfecture.

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"On est déployé sur le terrain dans le cadre du traitement de la lutte anti-vectorielle. Nos équipes sont spécialisées dans le secours, spécialisées dans le risque chimique, dans le secours à la personne," explique le lieutenant Antoine, adjoint du chef de détachement de ces 50 militaires.

"Nous travaillons en deux temps, poursuit le lieutenant Antoine. Dans un premier temps, nos équipes passent faire de la prospection, expliquer aux particuliers : les risques de la dengue, les symptômes, comment éliminer les gîtes larvaires…"

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Pendant la démoustication, les particuliers sont invités à rester dans leurs maisons, avec leurs animaux. "Je dois ranger tout ce qui traîne et rester enfermée le temps qu'ils démoustiquent. Mon chien est un peu peureux," rit une riveraine.

"Le produit utilisé pour la démoustication est également utilisé en agriculture. Il peut faire peur mais il ne faut pas psychoté ou faire des raccourci. Il est également utilisé en France," tient à rassurer Nicolas Odon.

Pour rappel

• De nouveaux foyer pour la maladie

843 nouveaux cas de dengue ont été confirmés entre les 18 et 24 mars 2019. Les foyers du sud de l'île sont toujours très actifs. De nouveaux foyers ont été identifiés (Entre-Deux, Saint Philippe, Plaine des Cafres,...).  Une circulation virale est observée dans toutes les communes du nord, et dans l'est.

• Les foyers les plus actifs sont situés à :

- La Rivière Saint-Louis
- Saint-Louis
- Saint-Pierre
- Ravine des Cabris
- L’Etang-Salé
- Les Avirons
- Saint-Joseph
- Petite-Ile

• Des milliers de cas

Au total, depuis le début de l'épidémie en 2018, on recense :

- 10 865 cas autochtones (dont près de 4000 cas depuis le 1er janvier 2019)

- 304 hospitalisations pour dengue (dont 148 hospitalisations depuis le 1er janvier 2019)

- 791 passages aux urgences (dont 316 passages depuis le 1er janvier 2019)

- Plus de 37 000 cas cliniquement évocateurs sont estimés (dont plus de 10 000 depuis le 1er janvier 2019)

- 11 décès dont 5 ont été considérés après investigation comme directement liés à la dengue depuis le début de l’épidémie en 2018. Depuis le début de l’année 2019, 5 décès ont été notifiés, dont 2 ont été considérés, après investigations, comme directement liés à la dengue.

• Les traqueurs de moustiques sur le terrain :

-    80 agents du service (lutte anti vectorielle (LAV) de l’Ageence régionale de santé (ARS)
-    40 intérimaires recrutés par l’ARS
-    40 pompiers volontaires du Sdis 974
-    40 militaires de la sécurité civile 

Les communes et intercommunalités sont impliqués dans la lutte contre la dengue. Elles procèdent aux nettoyage des quartiers, interventions sur le domaine public et dans les cours et jardins des particuliers

Pour  maintenir les capacités d’intervention des communes, l'Etat a affecté une enveloppe financière pour l'emploi de :
- 400 parcours emploi compétences (PEC) pour les interventions de nettoyage
- 200 emplois PEC mobilisés sur des actions de sensibilisation du public au sein des foyers de dengue.

• Des dizaine de milliers de contrôles

- Près de 2 000 maisons sont visitées par semaine

- Depuis le début de l’année 2019 : près de 19 500 contrôles de cours et de jardins ont été  réalisés chez des particuliers avec près de 4900 gîtes larvaires éliminés, soit 100 000 maisons visitées depuis le début de l’épidémie.

- Plus de 6 500 flacons de répulsifs distribués gratuitement : depuis fin août 2018, les interventions de la LAV sont complétées par la distribution gratuite de répulsifs auprès des publics les plus fragiles (personnes virémiques, enfants en bas âge, femmes enceintes, personnes âgées).

A noter qu'un arrêté préfectoral de mesures d’urgence a été pris dès mars 2018 et réactualisé en 2019. Il impose à tous les propriétaires ou occupants l’entretien régulier des bâtiments et terrains placés sous leur responsabilité comprenant l’élimination des gîtes larvaires et des déchets, le nettoyage et le débroussaillage des jardins, la vérification régulière du bon écoulement des eaux pluviales et/ou usées…

Cet arrêté autorise les services des communes à pénétrer dans les propriétés privées afin d’y mener des actions de prévention et d’élimination de gîtes larvaires. En cas de refus ou d’absence du propriétaire, les maires peuvent alors, soit verbaliser le contrevenant, soit procéder à une mise en demeure pour intervention immédiate et réalisation des mesures de lutte aux frais des personnes défaillantes.

Vous avez été touché par la dengue :

- Consultez immédiatement un médecin en cas de symptômes, et continuer à se protéger des piqûres de moustiques.
- Protégez-vous des piqûres de moustiques à l’aide de répulsifs,
- Éliminez tout ce qui peut contenir de l’eau (gîtes larvaires) autour de chez soi

mb/rb/www.ipreunion.com

   

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