Interpellation du reporter Gaspard Glanz :

Oui, on peut être journaliste sans carte de presse


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Le reporter Gaspard Glanz, interpellé samedi lors de l'acte 23 des "gilets jaunes" et qui sera jugé en octobre pour "outrage sur personne dépositaire de l'autorité publique", a expliqué ne pas posséder de carte de presse. Celle-ci est-elle pour autant obligatoire pour être en droit d'exercer la profession de journaliste ? "Absolument pas", répond Bénédicte Wautelet, présidente de la Commission de la carte d'identité des journalistes professionnels (CCIJP). L'AFP a pu l'interviewer pour démêler le vrai du faux.
Le reporter Gaspard Glanz, interpellé samedi lors de l'acte 23 des "gilets jaunes" et qui sera jugé en octobre pour "outrage sur personne dépositaire de l'autorité publique", a expliqué ne pas posséder de carte de presse. Celle-ci est-elle pour autant obligatoire pour être en droit d'exercer la profession de journaliste ? "Absolument pas", répond Bénédicte Wautelet, présidente de la Commission de la carte d'identité des journalistes professionnels (CCIJP). L'AFP a pu l'interviewer pour démêler le vrai du faux.

Non, la carte de presse n'est pas obligatoire pour être journaliste en France. C'est ce que souligne l'AFP dans une interview avec la présidente de la Commission de la carte d'identité des journalistes professionnels. L'agence française de presse fait le point sur une question qui fait polémique, notamment depuis l'interpellation du reporter Gaspard Glanz pendant une manifestation des gilets jaunes.

La carte de presse est-elle obligatoire ?

"On peut être journaliste et ne pas avoir de carte de presse", assure Bénédicte Wautelet, qui est également directrice juridique du groupe Figaro. "Journaliste n'est pas une appellation protégée. Et il n'y pas de conseil de l'ordre comme les médecins ou les avocats", ajoute-t-elle. La CCIJP est composée de représentants des éditeurs de journaux et de syndicalistes élus par les journalistes. "Certains (journalistes) ne font pas la demande, presque de façon militante, d'autres parce qu'ils pensent qu'il n'y ont pas droit", ajoute Vincent Lanier, premier secrétaire du SNJ (Syndicat national des journalistes).

Selon l'article L7111-3 du code du travail, qui ne fait pas mention de la carte de presse, "est journaliste professionnel toute personne qui a pour activité principale, régulière et rétribuée, l'exercice de sa profession dans une ou plusieurs entreprises de presse, publications quotidiennes et périodiques ou agences de presse et qui en tire le principal de ses ressources".

Lire aussi : Journalistes bannis des manifestations, un nouveau palier franchi

A quoi sert-elle ?

La carte est "un outil de travail" souligne Bénédicte Wautelet. Elle facilite ainsi le quotidien de son titulaire en permettant, par exemple, d'accéder plus aisément à des manifestations sportives ou des conférences de presse. Elle permet également d'accéder gratuitement aux musées publics. "Parfois, la commission délivre des cartes en urgence pour clarifier la situation de journalistes qui seraient bloqués à l'étranger", souligne par ailleurs Vincent Lanier.

Est-elle cependant obligatoire pour bénéficier de l'abattement fiscal de 7.650 € réservé aux journalistes ? "La détention de la carte n'est pas un prérequis pour l'administration fiscale, mais dans certains cas de litiges elle peut être utilisée pour prouver qu'on est bien journaliste. C'est forcément un plus", répond M. Lanier.

Quelles sont les conditions d'obtention ?

Selon la CCIJP, il faut que le demandeur justifie que son activité de journaliste constitue "une occupation principale et régulière" et lui procure l'essentiel de ses ressources, "soit plus de 50%". Enfin, l’employeur doit être une entreprise ou une agence de presse. La carte doit être renouvelée chaque année.

En 2018, la commission a accordé 34.890 cartes de presse à des journalistes (47% de femmes et 53% d'hommes) en France.

AFP

   

2 Commentaire(s)

Jean-Noël Fortier (carte de presse n° 36 601), Posté
S'agissant de Gaspart Glanz et de toute la médiatisation de son aventure qui contribue à une victimisation dans l'air du temps, c'est le postulat inverse qu'il convient de poser. "La carte d'identité des journalistes professionnels, dite "carte de presse" atteste de la qualité de journaliste de son titulaire". Dans de multiples circonstances, et plus à Paris qu'à La Réunion, elle constitue une preuve légale de la qualité de journaliste de celle ou celui qui l'exhibe.
A fortiori lors d'une manifestation accompagnée de troubles à l'ordre public, sur laquelle interviennent CRS ou/et gendarmes mobiles. En outre, la CCIJP qu'évoque la dépêche de l'AFP, délivre, sur demande, un "brassard presse" officiel, qui mentionne le numéro de la carte de presse qui y est associée.
Le port ostensible de ce brassard favorise l'identification du journaliste, même s'il ne met pas à l'abri d'une bavure de la part d'un policier ou d'un gendarme "anti-journaliste".
Cette carte et ce brassard sont d'autant plus précieux qu'ils distinguent celle ou celui qui les présente de tous les Gonz et Gland, pseudos reporters, blogueurs, twitteuses et autres selfieurs qui infiltrent ce genre de manifestation. Il n'est pas liberticide qu'un représentant de la force publique demande à un porteur de caméra de prouver sa qualité de journaliste professionnel, comme il n'est pas interdit à un citoyen de s'assurer qu'il a bien à faire à un vrai policier.
Quant au doigt d'honneur reproché à Gaspard Glanz, est-il le fait du citoyen ou du journaliste qu'il prétend être ?
CHABAN, Posté
Très intéressant article qui remet les pendules au milieu du village.... Lol. Les journalistes qui commencent à se poser des questions sur le régime macron, c'est très bien. A quand la même chose chez les journalistes de l'aristocratie en place ? Merci imaz
Illustration : Kwa Films

Kwa Films

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