Politique quand tu nous tiens... :

Ceux qui se cachent derrière les " grands frères " de Saint-André


Publié / Actualisé
Des parents rassurés, des lycéens et collégiens apaisés. Sur le papier, les " grands frères " de Saint-André, ce sont ces justiciers sans cape ni collants qui se sont donnés pour mission de faire régner l'ordre devant les établissements scolaires, c'est assez séduisant. En réalité, le dispositif a ses limites, ce sont surtout des citoyens qui font justice eux-mêmes et une opération de communication bien ficelée. À l'aube des élections municipales, ne soyez pas étonnés de voir ce genre d'initiatives se multiplier... (photo d'archive rb/www.ipreunion;com)
Des parents rassurés, des lycéens et collégiens apaisés. Sur le papier, les " grands frères " de Saint-André, ce sont ces justiciers sans cape ni collants qui se sont donnés pour mission de faire régner l'ordre devant les établissements scolaires, c'est assez séduisant. En réalité, le dispositif a ses limites, ce sont surtout des citoyens qui font justice eux-mêmes et une opération de communication bien ficelée. À l'aube des élections municipales, ne soyez pas étonnés de voir ce genre d'initiatives se multiplier... (photo d'archive rb/www.ipreunion;com)

Un meneur très impliqué 

Le leader de ce groupe d’une quarantaine de parents inquiets, c’est Judex Thermea. On vous la fait courte, Judex Thermea, c’est l’ancien porte-parole du collectif des gilets jaunes de l’Est, patron d’une écurie, un visage bien connu des saint-andréens. Ce père de famille est parti d’un constat " plus d’un an que la délinquance augmente dans le centre-ville de Saint-André, mais rien ne bouge. On a vu que la police nationale n’avait pas assez d’effectif, on s’est dit qu’il fallait passer à l’action pour protéger nos enfants " explique-t'il. 

Ça s’entend, les derniers chiffres communiqués par le conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance de la ville vont dans ce sens, après six années de baisse consécutive, la délinquance a bondi de 25% en 2018 en majorité des cambriolages et des vols sans violence.

Une brigade de prévention contre la délinquance

Alors le principe des " grands frères " c’est de contrer ce phénomène, surtout aux abords des établissements scolaires au moment de la sortie " nous, on veut dissuader les délinquants de venir semer le trouble devant les lycées et les collèges de la ville. Car sur les réseaux sociaux, les agressions de marmailles à la sortie de l’école se multiplient. " poursuit Judex Themea. 

La police pas sur la même longueur d'onde

Sur ce point, il y a divergence entre forces de l’ordre et parents d’élèves. Le commandant de police Frédéric Lefèvre est moins catégorique sur cette recrudescence des agressions d’élèves dénoncée par Judex Thermea " il y a quelques semaines, un vol à l’arrachée s’est produit à la sortie d’un lycée mais ça reste un événement marginal. On a noté quelques ralés-poussés aux abords des établissements scolaires mais rien de notable, les individus sont identifiés. "

Sur ces patrouilles de parents d’élèves, le policier est sur la réserve " ces parents agissent par rapport aux réseaux sociaux, sur un sujet qu’ils ne maîtrisent pas. Il y a des outils, les canaux institutionnels, l’équipe pédagogique dans l’enceinte des établissements et la police nationale à l’extérieur. Ils ne peuvent pas juste se dire que tel système est défaillant alors on va suppléer ".  Car le risque est là, ces parents, aussi louable soit leur initiative pourraient, au contraire, attiser la violence en prenant une place qui n’est pas la leur.

"Si on est attaqués, on répondra"

Judex Thermea affirme vouloir s’appuyer sur les forces de l’ordre et non les remplacer mais quand on lui demande qu’elle sera la réaction du collectif de parents en cas de danger, la réponse est sans appel " il y a d’anciens médiateurs parmi nous, des personnes qui font du sport, on gardera notre sang froid. Après, si on nous attaque, on répondra. Nous sommes déterminés à protéger nos enfants et rien ne nous arrêtera ".

Comme le dit le dicton, l’enfer est pavé de bonnes intentions. Ce jusqu’au-boutisme pourrait coûter cher (pénalement) à ses pères et mères de famille s’il y a débordements.

C’est ce que craint le commandant Lefèvre " une rixe reste un rixe et ces parents ne pourront pas plaider la légitime défense. Il y a des lois et un cadre à respecter ".

Derrière les parents inquiets, des politiques aux dents longues

Les " grands frères " de Saint-André, peut-être une fausse bonne idée, en somme… Et quand on creuse un peu, des questions finissent par arriver. Quelle est la finalité de cette action ? Qui tire les ficelles ?

Judex Thermea ne s’en cache pas, il a été impliqué en politique. En 2014, lors des dernières municipales, il figurait à la treizième place sur la liste de Joe Bédier, opposant de Jean-Paul Virapoulle sous l’étiquette du PCR.

Mais le partenariat d'antan entre Joe Bédier et Judex Therméa n'est pas d'actualité pour les municipales de 2020. Joé Bédier met les pendules à l'heure et écarte d'emblée l'hypothèse qu'il ait approché Judex Therméa récemment " une telle allégation est totalement sans fondement et je démens toute association personnelle ou de mon groupe politique, l'UDSA, à cette initiative " explique-t-il. 

Joé Bédier plus intéressé mais d'autres feraient des appels du pied au leader des "grands frères". Selon plusieurs sources, il aurait été approché par Jean Hugues Ratenon, Didier Robert, et Jean-Paul Virapoullé.

Jouer sur l’insécurité pour remporter des voix, une méthode vieille comme le monde mais Judex Thermea nie une instrumentalisation politique " il n’y a pas de volonté politique ou de jeu politique derrière les " grands frères ", nous voulons ouvrir les yeux à la municipalité. On s’est donné une semaine pour faire nos preuves, si le dispositif fonctionne, on espère que la ville trouvera les fonds pour remettre les agents de médiation en place ".

Mais il suffit d’insister un peu pour que le Saint-Andréen finisse par lâcher " oui, j’ai été approché par beaucoup de monde et dans mon entourage, énormément de personnes m’incitent à me présenter. Mais je ne me vois pas administrer une ville, mon domaine, c’est la médiation… " Comprendre :  le chef d'entreprise ne veut pas être calife à la place du calife mais il n'est pas contre une petite place d'élu délégué à la jeunesse par exemple...

Affaire à suivre donc. Une certitude, Judex Thermea et ses "grands frères " ont des ambitions politiques, il est fort probable que l'on entende à nouveau parler d’eux dans les mois à venir.

fh/www.ipreunion.com

   

7 Commentaire(s)

Riton, Posté
Endormir le peuple cela marche depuis 50 ans je ne pense pas qu'il va changer en 2020.
Mardé, Posté
Ben voyons, désintéressés on vous dit!!! Juste des parents qui veulent faire se battre contre les violences et l'insécurité. Cela relève de la police et du Maire. Donc ils pensent que ces derniers sont incapables. Si ou mise pas ou gagne pas, c'est plutot ça le zaffaire mdrrrr
Anthony V., Posté
La qualité de cet article peine à voir. Son (ou ses) redacteur(s) prennent clairement parti dans le ladi lafé pur et simple.
On note clairement une recrudescence de violence chez les jeunes de nos jours et personne n'intervient. Lorsque les gens portent plainte, très peu de suite décisive n'est donnée s'il n'y a pas de meurtre. Lorsqu'on corrige soit même les délinquants, on risque la garde à vue et bien plus. Cela ne fait que donner plus d'assurance aux personnes malintentionnées.
Le collectif des Grands Frères veulent faire avancer les choses et prennent des mesures qui peuvent rassurer les jeunes en sortant de cours. En quoi est-ce mal ?
Le jugement du commandant Lefèvre est légitime car il est des forces de l'ordre. Mais voir un journaliste... Excusez moi, une commère, parler de choses qui n'ont pas lieu d'être m'insupporte.
Chercher à créer la zizanie lorsque des gens veulent juste faire avancer les choses et offrir une atmosphère de sécurité est vraiment petit et digne d'un faible d'esprit.
Au "journaliste subjectif", vous devriez déposer votre stylo et aller défendre les jeunes devant les lycées. Puis, peut être, pourrez vous parler de ce qui est bien, de ce qui est mal, ou de ce qui mérite d'être jugé digne d'intérêt.
Vos dires touchent la majorité des réunionnais, vous devriez donc songer à prôner la solidarité, la fraternité et le respect d'autrui, au lieu de détourner l'attention et de favoriser (indirectement) les délinquants.
Sinon, pensez simplement à démissionner... (Merci pour ce commentaire Anthony V., c'est justement parce que nous songeons "à prôner la solidarité, la fraternité et le respect d'autrui" que nous avons écrit cet article... Belle journée - webmaster)
Olivia B., Posté
Cet article n'a pas lieu d'être, aucun intérêt. En gros il faut dénoncer ceux qui veulent la sécurité de nos enfants ? Parce que c'est intel lé a la tete de tout ca, et alors ? Il manque des médiateurs point. Réagissez là dessus plutôt...
Maan, Posté
C'est une bonne initiative. Qu'importe leurs idées politiques ou autres, ce que l'on constate, ce sont les dangers imminents devant les colleges et les lycees qui durent pas mal de temps
. Si c'est pour apporter une sécurité pour vos enfants certes. Ils fallaient bouger, eux ils l'ont fait, point. Qui n'a pas de casseroles, leurs idées sont bonnes, alors laissons les faire, on verra bien.
Mia, Posté
Au moins M. Thermea et ses grands frères bougent eux. Ceux qui critiquent ou autres, trouver une solution à ce problème. Depuis des années, nous assistons impuissants aux vols, raquettes,... commis par de jeunes mineurs fraîchement débarqués à la Réunion... Touvez vous ça normal ??? Moi personnellement non et c'est pour cela que je félicite M. Thermea et ses hommes et femmes d'ailleurs qui essayent de garantir la sécurité de nos enfants aux abords des écoles.
Aussi, on parle des municipales... On a besoin de changement, d'un maire et d'élus proches du peuple. Alors oui pourquoi pas ?.
Blada, Posté
Pas très "neutre" cet article... entre extrapolations et incinuations, gare à la diffamation...
Illustration : Kwa Films

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