Dernier jour au Parc des expositions :

Salon de la maison : le tremplin des petits commerçants


Publié / Actualisé
Ils vendent de tout : des chiffons, des serpillères, des pinces à linge et des rouleaux de peinture... Ces "petits vendeurs" au Salon de la maison remportent chaque année un franc succès auprès des visiteurs. Démonstrations et arguments chocs en main, ils font tout pour les convaincre. Et pour cause, le Salon représente souvent 50 à 80% de leur chiffre d'affaires annuel. Tour d'horizon de ces commerçants. (Photos rb/www.ipreunion.com)
Ils vendent de tout : des chiffons, des serpillères, des pinces à linge et des rouleaux de peinture... Ces "petits vendeurs" au Salon de la maison remportent chaque année un franc succès auprès des visiteurs. Démonstrations et arguments chocs en main, ils font tout pour les convaincre. Et pour cause, le Salon représente souvent 50 à 80% de leur chiffre d'affaires annuel. Tour d'horizon de ces commerçants. (Photos rb/www.ipreunion.com)

"Allez venez mesdames et messieurs, allez, n’ayez pas peur, approchez-vous". Ce show quotidien, Saïd le répète en boucle depuis le début du Salon de la maison. Chiffon en main, il a le mérite d’attirer les foules : une quinzaine de personnes se presse autour de son stand rempli de lingettes, empilées les unes sur les autres. "C’est en viscose de bambou, 100% naturel !" assure le vendeur.

Flot de paroles sans interruption et grands gestes à l’appui, Saïd invite le public à le rejoindre devant sa fausse fenêtre installée spécialement pour l’occasion. "On va rendre ça bien sale", dit-il en prenant soin de plaquer ses paumes de main contre la vitre. "Venez tester avec moi, je vous laisse nettoyer la vitre, voilà avec de l’eau, deux coups, stop ! Garanti sans trace !"

Ses chiffons magiques, "sans aucun produit chimique" se sont vendus comme des petits pains. Pour les commerçants comme Saïd, le Salon de la maison est capital, aussi bien en terme de visibilité que de vente pure. "Les gens sont vraiment réceptifs, ils viennent aussi au Salon pour ce genre de démonstration" nous explique le commerçant. Résultat des courses : alors que le Salon touche à sa fin, Saïd a quasiment épuisé ses stocks dès ce vendredi 3 mai. "Ça a cartonné !"

À la recherche du bon plan

Sous le chapiteau central, c’est la cacophonie : les visiteurs s’attroupent à la recherche de la dernière bonne affaire, et les vendeurs assurent le spectacle. Sébastien donne tout ce qu’il a sur son stand de serpillères : "Touchez-moi ce pompon, admirez la qualité !" Adoptant la posture du professeur qui s’adresse aux élèves, il se lance dans sa démonstration : "140 grammes de micro-fibres, 10% fois plus absorbant que les autres serpillères. 40 cm de diamètre au sol !"

Le stand jusqu’ici vide se remplit peu à peu : "Approchez-vous, approchez-vous !" Les visiteurs sont curieux devant ce vendeur en train d’étaler tous les produits possibles sur sa plateforme de démonstration : farine pour imiter la poussière, sauces et sirop pour représenter les graisses. "Et regardez : manche télescopique pour éviter de se faire mal au dos. On peut la mettre en mode Mimie Mathy ou Michael Jordan, au choix !"

Il affirme avoir vendu près de 600 balais le 1er mai, journée précieuse pour les commerçants. Et pour finir de les convaincre d’acheter cette serpillère - 20 euros pièce - il en offre à la foule. Quatre d’un coup qu’il lance le public : "numéro 1, numéro 2, numéro 3, numéro 4, c’est cadeau !" Un vrai chauffeur de salle.

Un événement-clé pour le chiffre d'affaires

De stand en stand, chacun y va de ses arguments. Un couple de seniors vend ses mandolines, bleu ou rouge, c’est selon les goûts, au milieu des épluchures, des copeaux et des morceaux de légumes étalés un peu partout. Un autre vendeur, situé en hauteur, domine la foule avec son extracteur de jus, et place méticuleusement les fruits dans sa machine pour en faire la démonstration. D’autres encore misent sur les couleurs, même pour vendre des planches à découper, savamment empilées comme des cahiers d’écoliers.

Pour certains petits vendeurs, ce salon représente une part importante du chiffre d’affaires. Un peu plus loin, derrière les chiffons et les brosses, il y a Sylvie. Tons chauds, lumières tamisées, mobilier fait main en bois de goyavier et guirlandes de perles : son stand à l’ambiance zen donne envie de s’y arrêter. D’autant plus que cette année, Sylvie a eu de la chance : son stand est à l’entrée de l’un des grands halls. Un emplacement stratégique pour une meilleure visibilité et un bon chiffre : pour elle, le Salon représente 80% de son total annuel. 

Une affluence plus irrégulière cette année

Certains stands n’ont pas cette chance. Claude, lui, a vécu un salon plus difficile que les autres années. Pourtant son stand attire l’oeil : des centaines de pinces à linge, empilées sur le stand en gros paquets multicolores. "C’est du 100% français" garantit Claude, "c’est très résistant au soleil, et avec les petites ventouses ça ne marque pas les vêtements." Ses produits plaisent aux clients, mais il a senti que cette année, le salon avait mis plus de temps à démarrer.

Un sentiment partagé par Stéphane. A l’autre bout du hall, il vend un petit rouleau qui permet d’enlever les poils des tissus. "Poils de chats, poils de chiens, et même cheveux d’humains, ça marche", garantit-il. Entouré de peluches d’animaux, et des emballages bleu et jaune flashy de ses produits, le vendeur remarque que "l’affluence a été plus compliquée durant les trois premiers jours du Salon". Un frein qu’il espère compenser avec la toute dernière journée. Même si le salon pèse moins dans la balance pour son chiffre d’affaires, relativement bien réparti sur l’année, sa présence au Parc des expositions lui permet d’être connu.

"Les visiteurs viennent ici pour tester"

Dans le monde des rouleaux, il y a aussi Luc, avec son "pinceau magique". Un rouleau qui permet de peindre "sans dégâts, pas de tache au sol !". Pour convaincre les clients, rien de mieux qu’un mur en contre-plaqué pour tester ses talents de peintre en herbe. Son produit est labellisé "vu à la TV", une valeur sûre pour les clients qui reviennent régulièrement. Preuve à l’appui : les rouleaux magiques affluent dans le Salon, et l’on croise plusieurs visiteurs, avec la boîte bien reconnaissable du stand : un bandeau arc-en-ciel pour illustrer ce côté "magique". "Beaucoup de visiteurs ont vu ce rouleau à la télé, et viennent ici pour tester", explique Luc. Derrière lui, l’un des potentiels clients peint avec application une partie du mur en blanc, visiblement satisfait.

Car c’est l’esprit du Salon de la maison : convaincre les clients, les pousser à revenir, fidéliser. Laurent revient au salon depuis 10 ans avec son stand d’épluche-légumes. "Carottes, courgettes, concombres, chouchous, navets, pommes de terre… de quoi faire des juliennes de compétition !" assure-t-il aux visiteurs venus s'attrouper autour de son stand. Et pour être sûr de gagner la confiance des clients, il n’a pas bougé ses prix depuis 10 ans et vend toujours son pack d’épluche-légumes à 20 euros.

Il faut dire qu’il y a de quoi s’arrêter. Devant Laurent, un cimetière d’épluchures de toutes les couleurs, et des salades parsemées ici et là, constituées de tous ces aliments découpés à longueur de journée. "Je peux vendre une vingtaine à une soixantaine d’éplucheurs par jour en fonction de l’affluence", nous assure-t-il. Déçu que le Salon de la maison ne continue pas jusqu’au 8 mai, il mise énormément sur la journée de clôture ce dimanche 5 mai.

mm/www.ipreunion.com

   

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