Fermeture de la route du Littoral le 8 mai (actualisé) :

Des blocs rocheux vont être explosés en mer : inquiétude pour l'environnement


Publié / Actualisé
N'essayez pas d'emprunter la Route du Littoral ce mercredi 8 mai dans la matinée : elle sera totalement fermée à la circulation de 7h à 13h30. Des travaux de "déroctage" sont prévus pour ôter des blocs rocheux situés en mer, dans le cadre du chantier de la Nouvelle route du Littoral, au PR 11+550. Problème : le projet de minage qui nécessite des essais explosifs est loin de faire l'unanimité, et les associations redoutent un impact grave sur l'environnement marin. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
N'essayez pas d'emprunter la Route du Littoral ce mercredi 8 mai dans la matinée : elle sera totalement fermée à la circulation de 7h à 13h30. Des travaux de "déroctage" sont prévus pour ôter des blocs rocheux situés en mer, dans le cadre du chantier de la Nouvelle route du Littoral, au PR 11+550. Problème : le projet de minage qui nécessite des essais explosifs est loin de faire l'unanimité, et les associations redoutent un impact grave sur l'environnement marin. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

On parle de "déroctage" : un jargon un peu barbare pour désigner des blocs rocheux "qui doivent être minés", nous explique-t-on à la Direction régionale des routes (DRR). Un minage effectué dans le cadre des travaux liés à la digue, et qui poussent à une fermeture de la Route du littoral mercredi 8 mai et dimanche 12 mai. Des travaux de purge seront également effectués après les éboulis qui sont survenus sur la route il y a de cela 15 jours.

Le moins qu'on puisse dire, c'est que la NRL a connu un rebondissement d'ampleur lundi 29 avril 2019, avec la décision du tribunal administratif de suspendre le défrichement de la carrière de Bois-blanc, devant servir à la digue.

Lire aussi : Bois blanc : suspension des autorisations préfectorales d'exploitation de la carrière et de défrichement

La Région s'était exprimée suite à la décision du tribunal administratif en annonçant qu'elle "s’associera à l’Etat dans l’hypothèse d’un pourvoi en cassation au Conseil d’Etat." "L'appel peut fonctionner", nous dit-on du côté de la DRR, pour qui la digue reste "la meilleure solution. Un viaduc ne serait pas vraiment envisageable à court terme. C'est un projet qui reste intéressant, mais qui ne ferait pas forcément moins de dégâts sur le plan environnemental, et la digue semble être la solution la plus sage sur le plan de l'entretien."

Quoiqu'il en soit, la décision du tribunal administratif n'empêche pas le chantier de se poursuivre à d'autres niveaux. Des forages sous-marins sont donc prévus pour ce fameux "déroctage", afin d'enlever les blocs rocheux gênants aux constructions prévues pour la NRL. Concrètement, il s'agira d'abord de tirs d'essais, selon la DRR, "des décharges explosives faibles pour mesurer la fragmentation de la roche". Explosions qui pourront être amenées à gagner en intensité si besoin... Le déroctage, lui, ne sera pas effectif mercredi 8 mai, il s'agit pour l'instant de tests, le minage étant prévu "lors de la construction de la digue".

Des travaux déjà repoussés

Ces essais explosifs étaient censés se dérouler dès dimanche 28 avril, alors que la Route du littoral avait déjà été fermée à la circulation. Essais repoussés en raison de la présence de plusieurs tortues dans la zone. "Elles n'ont pas été suffisamment éloignées ou effrayées", explique la DRR, qui confirme que les décharges, même faibles, peuvent bien sûr impacter ces animaux, physiquement, mais également sur le plan du bruit.

Pour le Collectif contre la digue, c'est la preuve que la zone est fréquentée et qu'il existe un réel danger envers la faune marine. Un protocole a été mis en place avec l'aide de Kelonia pour éloigner les tortues à l'aide de barrières de bulles d'air, des "rideaux" censés éloigner les animaux. Un dispositif qui "concerne tous les animaux marins", nous assure la DRR. "Pourtant les tortues s'approchent quand même, comme ce dimanche 28 avril : c'est bien la preuve que ça ne fonctionne pas", selon Stéphanie Gigan, présidente du collectif.

Vers des décharges plus fortes ?

La DRR le confirme : il s'agit pour l'instant de tests. C'est bien ce qui inquiète le Collectif contre la digue : "On fait des essais avec des petites décharges pour l'instant, mais ensuite ? On parle d'explosions, il y aura forcément un impact sur les fonds marins", estime Stéphanie Gigan. Elle dénonce par ailleurs le manque de transparence de la Région sur cette question. "On nous parle de fermeture mais personne n'a jamais parlé de décharges explosives, et nous apprenons après coup que cela aurait dû avoir lieu dès dimanche 28 avril, ce n'est pas normal". Les associations demandent notamment des rapports plus complets sur le risque environnemental de ces opérations.

Difficile effectivement d'avoir un avis détaillé pour le moment sur les dispositifs mis en place pour protéger l'environnement lors de ces travaux. La DRR assure de son côté que si les tortues reviennent voir les plongeurs, les essais seront à nouveau suspendus. Nous avons également tenté de joindre le pôle Environnement de la Direction Opérationnelle de la Route du Littoral, pour en savoir plus, mais sans succès.

mm/www.ipreunion.com

   

5 Commentaire(s)

Bibik, Posté
lol: heureusement que le ridicule ne tue pas.
Maki, Posté
Aux autres commentaires, je souhaiterai répondre simplement que les erreurs du passé n'ont pas forcément à être reproduite aujourd'hui. Surtout lorsque l'on sait ce que l'on va perdre. La vie ne s'arrête pas à l'habitacle de sa voiture. La Réunion n'est pas déjà l'île la plus poissonneuse de l'océan indien... Ne cachons pas le peu de ressource qu'il peut nous rester et les efforts d'une réserve marine qui commence à peine à sortir la tête de l'eau. D'autres solutions existent et sont réalisable.. évitons le gâchis...
Ticok, Posté
@ lol ( pseudo nul !!)
et Stéphanie Gigan, elle n'est pas chez elle ?
Pitou, Posté
Oui c'est du déroctage, où est le problème? Ce n'est pas la première fois, il en a déjà été fait pour casser l'entablement rocheux pour réaliser l'échangeur de la Possession. C'est plus efficace d'utiliser des explosifs que d'utiliser des brises roches pendant des jours.
Madame Gigan est maintenant spécialiste en explosifs et mitigation des ondes accoustiques sous marines, que de ressources....
Lol, Posté
A écouter les écolos, on ne fait plus rien à la Réunion. Fort heureusement qu'ils n'étaient pas la lors des travaux du basculement des eaux, ou encore la route des tamarins. Marre de ces écolos bobos, rentrez chez vous, ici comme a dit Huguette on est chez nous.