48 cas à La Réunion depuis le début de l'épidémie :

Rougeole : deux médecins non vaccinés contaminent plusieurs personnes au CHU de Bellepierre


Publié / Actualisé
Deux médecins qui n'étaient pas vaccinés contre la rougeole ont contaminé 6 personnes au Centre hospitalier universtaire CHU de Bellepierre (Saint-Denis-, selon une information de l'Agence régionale de santé de l'Océan indien (ARS). Une situation compliquée à gérer pour l'ARS qui a dû procéder durant le week-end à une investigation, cas par cas, afin de comprendre qui étaient les personnels de santé qui n'étaient pas protégés de cette maladie. Autre urgence : protéger les autres patients de l'hôpital. Une centaine de personnes ont été vaccinées en deux jours. (Photo d'illustration RB/www.ipreunion.com)
Deux médecins qui n'étaient pas vaccinés contre la rougeole ont contaminé 6 personnes au Centre hospitalier universtaire CHU de Bellepierre (Saint-Denis-, selon une information de l'Agence régionale de santé de l'Océan indien (ARS). Une situation compliquée à gérer pour l'ARS qui a dû procéder durant le week-end à une investigation, cas par cas, afin de comprendre qui étaient les personnels de santé qui n'étaient pas protégés de cette maladie. Autre urgence : protéger les autres patients de l'hôpital. Une centaine de personnes ont été vaccinées en deux jours. (Photo d'illustration RB/www.ipreunion.com)

Ils ont mis tout l'hôpital en danger. Au CHU de Bellepierre, deux médecins non vaccinés contre la rougeole ont transmis cette maladie hautement contagieuse à six personnes. Une situation qui a mis l'Agence régionale de santé en alerte. Chaque cas de rougeole identifié a nécessité une investigation poussée par la suite pour tracer l'origine de cette contamination.

Une enquête compliquée, selon le docteur François Chièze, directeur de la sécurité sanitaire à l'ARS Océan indien. "La période d'incubation pour la rougeole peut aller de 7 à 18 jours, un délai qui varie de personne en personne". Et surtout un délai qui ralentit l'investigation sanitaire au CHU de Bellepierre, puisque les nouveaux cas se sont déclarés les uns après les autres.

Par sécurité, et afin de protéger les autres patients et personnels de l'hôpital, l'ARS a chapeauté la vaccination d'une centaine de personnes. Une action menée directement au CHU de Bellepierre.

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7 nouveaux cas en un mois

Fin 2018, on comptait seulement 4 cas de rougeole à La Réunion. La progression s'est montrée régulière, jusqu'à atteindre les 42 cas il y a environ un mois. Alors que le nombre de personnes malades s'était stabilisé, selon l'ARS, cette contamination au CHU de Bellepierre fait bondir les statistiques.

En un mois, le nombre de cas est donc passé de 42 à 48. En effet, sept nouveaux cas ont été déclarés en tout : les six liés à la contamination du CHU de Bellepierre, et un autre, repéré dans une crèche. Pourtant, paradoxalement, François Chièze nous explique que la couverture vaccinale s'améliore à La Réunion : "Nous étions à 85% - ce qui ne suffit pas puisqu'il faut atteindre les 95% pour éradiquer une maladie - et nous avoisinons maintenant les 86, ce qui devrait encore augmenter par la suite".

Lire aussi : Rougeole : La Réunion parmi les départements les plus touchés de France

Pas d'obligation vaccinale quand on est médecin

Cette amélioration de la couverture vaccinale sur l'île serait directement liée aux 11 vaccins obligatoires depuis le 1er janvier 2018 pour la petite enfance. La rougeole en fait partie depuis cette date. "Cette augmentation nous met en confiance", explique François Chièze, "d'autant plus que les nouveaux-nés font partie des populations à risque". C'est aussi le cas des femmes enceintes ou des personnes montrant une déficiance immunitaire.

Or, si le vaccin contre la rougeole est devenu obligatoire pour les plus jeunes, elle ne l'est pas pour les adultes, et donc pour les médecins non plus... La plateforme en ligne qui répertorie la liste des vaccinations pour les professionnels de santé classe ainsi la rougeole en vaccin "recommandé" et non "obligatoire".

La vaccination reste la seule protection viable

Cet épisode de contamination venant directement de personnels de santé est l'occasion selon l'ARS de rappeler "la nécessité de se protéger" et l'urgence du vaccin, seule solution viable pour lutter contre une maladie aussi contagieuse que la rougeole. Rappelons qu'elle peut se transmettre par une simple toux ou un éternuement.

Lire aussi : Vaccins, on fait le point

Selon l'Organisme mondial de la santé (OMS), la rougeole est en pleine résurgence : les cas déclarés ont été multipliés par 4 au début de l’année, par rapport au début de l’année 2018. La maladie revient maintenant sous la forme d’une épidémie mondiale. L’Afrique est le continent le plus touché, avec une hausse de 700% des cas au cours du premier trimestre de l’année. A Madagascar, la rougeole a tué plus de 1 140 personnes entre septembre 2018 et mars 2019.

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mm/www.ipreunion.com

   

2 Commentaire(s)

David, Posté
Ce n'est que la rougeole. Ce n'est pas le virus Ebola.
BHL, Posté
Hilarant !