[LIVE/VIDÉOS] Tribunal correctionnel :

Migrants : Les trois passeurs indonésiens condamnés à des peines allant de de 12 mois à 18 mois de prison


Publié / Actualisé
C'est une première : trois hommes de nationalité indonésienne ont été condamnés ce ce mercredi 15 mai 2019 à des peines allant de de 12 mois à 18 mois de prison. Ils étaient poursuivis pour "aide à l'entrée ou au séjour irrégulier en bande organisée". Ils sont soupçonnés d'être les "passeurs" des migrants sri-lankais arrivés à La Réunion le 13 avril, et de participer à un vaste trafic d'êtres humains. Le bateau dans lequel ils se trouvaient transportait 120 migrants sri-lankais. La procureur avaitrequis de 12 mois à 18 mois mois d'emprisonnement contre les trois mis en cause.. Suivez-nous, nous sommes en direct du tribunal de Saint-Denis. (Photo rb/www.ipreunion.com)
C'est une première : trois hommes de nationalité indonésienne ont été condamnés ce ce mercredi 15 mai 2019 à des peines allant de de 12 mois à 18 mois de prison. Ils étaient poursuivis pour "aide à l'entrée ou au séjour irrégulier en bande organisée". Ils sont soupçonnés d'être les "passeurs" des migrants sri-lankais arrivés à La Réunion le 13 avril, et de participer à un vaste trafic d'êtres humains. Le bateau dans lequel ils se trouvaient transportait 120 migrants sri-lankais. La procureur avaitrequis de 12 mois à 18 mois mois d'emprisonnement contre les trois mis en cause.. Suivez-nous, nous sommes en direct du tribunal de Saint-Denis. (Photo rb/www.ipreunion.com)
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     - C'est la FIN de ce live merci de nous avoir suivi, à bientôt -

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    "Ces trois personnes ont été piégées",

    «Nous avons évoqué la possibilité de faire appel, dans les dix jours, nous allons étudier ce dossier avec mes confrères et nos clients,» indique Devaguy Mardaye, avocate d’un des ressortissants indonésiens.

    «Ces trois personnes ont été piégée, elles ont été mises en cause, elles ont été contraintes et forcées de faire cette traversée, elles ont mis leurs vies en péril. Aujourd’hui nous n’avaons pas eu la réponse qu’on attendait,» estime-t-elle.

    Regardez :

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    Pour un des avocats des ressortissants indonésiens : "ce dossier a servi d'exemple"

    "Il faut que la société sache que sur 104 migrants, seules quatre personnes ont été interrogées alors que mon client a donné depuis le début de la procédure l’identité, la description d’une personne qui était sur le bateau et qui avait un lien direct avec l’organisation qui a réalisé cette traite. Aujourd’hui ce migrant est soit à La Réunion, soit il a été expulsé. Mais nous n’en saurons pas plus," explique Jean-Christophe Molière, l’avocat d’un des ressortissants indonésiens.

    Regardez :

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    Les magistrats ont fini de délibérer

    Les trois passeurs indonésiens sont condamnés. 

    Une peine de 12 mois de prison ferme est infligée à deux d'entre-eux. Le dernier se voit signifie une peine de 18 mois d'emprisonnement ferme

    Ils sont maintenus en détention. Le bateau qui a servi à faire la traversée est confisqué.

    "Cela veut dire que je retourne en prison ?" demande l'un des passeurs. "Oui" répond la présidente

    Les trois hommes ont 10 jours pour faire appel

    Les passeurs ont donc été reconnu coupables d'aide à l'entrée ou au séjour irrégulier en bande organisée avec circonstances aggravantes

    La contrainte n'a pas retenu la contrainte évoquée par les passeurs pour expliquer leur implication "en raison des des incohérences".

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    A la demande de son gouvernement Ariella Yoteni, une diplomate basée à l'ambassade d'Indonésie à Madagascar, a fait le déplacement à La Réunion pour le procès

    "J'ai été envoyée sur place afin de prendre connaisance des faits reprochés à des ressortissants Indonésiens. J'ai été informée qu'ils étaient également victimes. Ils n'ont jamais été condamnés" dit-elle

    Interrogées par Imaz Press elle déclare "nous voulons remonter la piste des passeurs, des filières"

    A la question de savoir si  les trois hommes peuvent être poursuivis en Indonésie, Ariella Yoteni réond "mon souhait et le souhait de L'Indonésie est qu'ils rentrent au pauyx car ils sont victimes. Ces trois personnes n'ont aucun antécédent, ils ont été utilisés, ils sont victimes. Le ministère des affaires étrangères travaillent avec la police pour que ce cas ne se reproduise pas"

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    L'audience est suspendue. Les juges délibèrent sur la culpabilité ou non des passeurs présumés et sur les peines qui leur seront éventuellement signifiées

    Les mis en cause encourent jusquà 10 ans de prison

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    Les plaidoiries des avocats sont terminées.

    La parole est donnée aux trois mis en cause. Monsieur Haryanto murmure: "Je veux juste rentrer chez moi". Monsieur Mouarad dit la même chose. Monsieur Mantiri déclare : "tout à été dit. Je n'ai aucun intérêt ici, je souhaite rentrer"

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    Le dernier avocat prend la parole. Il assure la défense de Monsieur Mantiri contre qui 18 mois de prison ont été requis

    "Est ce que vous pensez sincèrement que ces personnes ont pris le risque de crever en mer ? D'être arrêtés à La Réunion ? A-t-on trouvé une fortune sur le bateau, les prix des billets pour La Réunion ? Non juste quelques milliers de roupies qui ne représentent rien en euros"

    Notant que son client affirme qu'un "chef sri lankais" se trouvait à bord, il commente "Monsieur Mantiri a entendu un Sri Lankais parler au téléphone sur le bateau. Il a dit qu'il pouvait le reconnaître. Le Parquet ne lui a pas présenté de photos (en vue de cette identification - ndlr). Pire, le Parquet n'a interrogé que quatre personnes, quatre sur 104 si on ne compte pas les enfants"

    "On avait la possibilité peut-être d'interroger une personne du réseau. Mais non, on s'est contenté de ces trois hommes. Et la personne qui a utilisé un téléphone satellitaire n'est pas interpellés" tempête l'avocat.

    "Le Parquet n'a rien fait. On souhaitait se saisir de ces trois personnes pour les livrer à l'opinion publique"

    "Ils sont 3 contre 120 dont un Sri-lankais avec un téléphone satellite et s'ils changeaient de cap ils risquaient la mort"

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    La deuxième avocate plaide à son tour. Elle défend Monsieur Haryanto

    "On les (les passeurs - ndlr) choisit. Comme les Sri-lankais ils sont des pions. Ils ne savent pas à quoi ils s'engagent.. On les appâte car ils ont besoin de manger. Vous les voyez eux organiser ce réseau ? Monsieur Haryanto est allé à l'école primaire et c'est tout, son niveau d'éducation est très bas. Tout ce qu'il veut c'est travailler pour nourrir sa famille".

    "Ils sont trois, trois contre 120. Car les 120, eux, ont intérêt (à faire la traversée - ndlr)". "Ils font partie d'une bande organisée ? Non, on s'est servi de leur misère, de leur qualité de marin pêcheur. On les utilise !". "il n'y a rien qui prouve qu'ils sont dans une bande organisée".

    "Et s'ils n'avaient rien fait ? Ils seraient peut être tous morts, on leur reproche d'avoir suivi le cap 315, et s'ils ne l'avaient pas fait ?"

    L'avocate faite ensuite allusion à un bateau que la rumeur annonçait- il y a plusieurs jours -, comme devant arriver prochainement dans l'île. "On entend plus parler de ce bateau de 45 personnes qui devaient arriver, où est-il ? Ils sont peut être morts"

    "Vous croyez vraiment qu'ils auraient pris tous ces risques alors qu'aucun retour pour eux n'était prévu ?"

    "Vous voulez faire un exemple en les condamnant, espérant que cela empêchera d'autres bateaux de partir. Mais il faut taper sur les bonnes personnes" souligne l'avocate

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    C'est au tour des avocats de la défense de parler

    "Mon client à été contacté pour un travail. Il ne s'est pas inquiété sur le salaire car il s'agissait d'un travail plus long. Il est pêcheur, marin pêcheur et l'a répété plusieurs fois. Si nous avons des questions sans réponse c'est parce qu'il ignore les réponses" dit la première avocate.

    "Sur le premier petit bateau, on ne dit rien (au mis en cause - ndlr). Donc il ne se pose pas de question. Il était en pleine mer, on lui a dit de monter sur le plus gros bateau, donc il s'exécute. Rien d'anormal, il voit des personnes oui, mais rien d'anormal. Il donne ensuite ses papiers et son téléphone à l'un des organisateurs. Il ne se pose pas de questions, il estime qu'il va pêcher. Puis il voit arriver les personnes Sri lankaises par groupe de 5 ou 8. à il commence à être apeuré, mais il reste silencieux. A ce moment, les organisateurs quittent  le bateau en leur disant de suivre le cap 315. Il veut descendre mais on le menace de le jeter à la mer. Il est désemparé, il a peur il ne sait pas quoi faire. On voit bien que la contrainte a réellement existé" dit l'avocate

    Elle poursuit : "Le travail de pêche s'est terminé sur un voyage de plusieurs jours vers une destination inconnue. En bande organisée ? Non, ils s'entraident, ils se sentaient surveillés"

    "Monsieur Mouarad est loin de tout ça, il ne connaît pas de passeur, ni les trajets. Il est victime de ce réseau. L'Indonésie est une plateforme migratoire. Ces questions ne peuvent pas être résolues par la condamnation de monsieur Mouarad. Ce n'est pas la tête du réseau, il était lui aussi livré à lui même."

    "Monsieur Mouarad n'a jamais été condamné. Sa peine peut simplement être l'interdiction du territoire. Pas la prison, il reste une victime de ce dossier"

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    Prison ferme

    La procureur requiert 18 mois de prison contre Monsieur Mantiri et 12 mois d'emprisonnement contre les deux autres mis en cause, car "ces trois hommes n'ont pas joué le même rôle" dans cette affaire.

    La représentante du ministère public requiert aussi à l'encontre des trois hommes une interdiction définitif de paraître sur le territoire national

     

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    La procureure poursuit son réquisitoire

    Elle accuse "on (les trois hommes) fait le job, on prend l'argent. Ce n'est pas du trafic de drogue, ou une histoire de colis. On parle ici d'êtres humains. Ils (les passeurs présumés) ont fait le choix de charger ces personnes sur ce bateau, ils ont fait le choix des risques. Le moteur était défectueux, avec plusieurs pannes. La mer, l'absence de nourriture et d'eau, c'était prendre le risque de ne jamais revoir la terre"

    La magistrate dit encore "120 personnes avec des enfants sur un bateau qui n'est pas prévu pour un tel voyage. C'était une traversée Suicidaire. Je vais reprendre les propos de monsieur Haryanto,  +j'ai accepté car j'avais besoin d'argent+"

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    La procureure lit des témoignages de migrants Sri-lankais décrivant les trois hommes et leurs fonctions à bord. Mantiri est désigné comme étant le capitaine, Mouarad comme étant le second et Haryanto comme étant mécanicien

    "Selon les témoignages, aucun des Sri-lankais n'était le chef. Personne chez les migrants ne donnait les instructions". D'ailleurs, pointe la procureure, "dans leurs premières auditions, Mouarad et Haryanto ne décrivaient pas de chef Sri lankais. Après leur confrontation avec Mantiri, ils d'abord changé de version..."

    "Rien n'est crédible. Ces trois personnes disent qu'ils ne savaient pas ou aller, qu'ils avaient juste un compas et un cap 315. Mais en suivant ce cap, vous pouvez aussi atterrir à Rodrigues, à Maurice ou à La Réunion. Bon, le hasard a fait qu'ils ont atterri à La Réunion" note la procureure

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    "Le bateau du suicide"

    "C'était un bateau du suicide. Monsieur Mantiri l'a même reconnu pendant ses auditions : c'était du suicide" relate la représentante du ministère public. "Dans ses auditions Monsieur Mantiri se désigne lui même comme le superviseur" assène-t-elle ensuite

    "Aujourd'hui toute votre ligne de défense, Monsieur Mantiri, est dire : on était contraint. Vous aviez pourtant le choix" martèle aussi la magistrate

    "Dans se récits, Monsieur Mantiri annonce ne pas avoir forcément de difficultés à nourrir sa famille. Pour les deux autres, la vie semble plus dure" dit encore la magistrate

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    Les trois hommes sont questionnés sur leur niveau de vie

    "Je n'ai pas de revenus en Indonésie, je travaille parfois pour mon père, il est pêcheur. Je gagne tout juste de quoi manger" dit l'un des trois

    Monsieur Mantiri, soupçonnés d'être le capitaine, affirme être marin pêcheur. "Mes revenus sont insuffisants pour nourrir ma famille. Si la pêche était bonne je gagnais un peu plus" jure-t-il. Il est marié et père d'un enfant de 8 ans. Il aurait plusieurs maisons en Indonésie

    Le troisième mis en cause a des enfants et comme le premier, il évoque des problèmes d'argent.

     

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    Étonnement du ministère public

    La procureure de la république s'adresse aux mis en cause et s'étonne : "on vous a pris vos téléphone, vos papiers, on vous a payé beaucoup plus que pour un simple travail de pêche, pour une durée beaucoup plus longue... Cela ne vous a pas alerté, vous ne vous êtes pas dit qu'il s'agissait de faire passer illégalement des personnes ?"

    Un des passeurs réitère :"j'avais peur, je voulais laisser tomber,; on m'a dit Nage ! Nous étions déjà sur le grand large !"

    "Des cadeaux vous ont été remis par les Sri Lankais non ?" tonne la procureur. "Ils nous remerciaient de les avoir aidé", ose l'un de trois hommes

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    Et une fois à terre ?`

    La présidente du tribunal veut en savoir plus. "Vous deviez faire quoi une fois arrivé à terre ? demande-te-elle à Monsieur Mantiri. "J'en sais rien, je n'avais rien prévu" répond-il

    "Qui vous menaçait pendant les jours de traversée ? Qu'est ce qui vous a empêché de changer de cap ? Vous avez pris des risques inconsidérés", lâche la juge

    "Les organisateurs nous surveillaient" souffle le mis en cause. "Un  chef Sri Lankais, passager du bateau était derrière ces surveillants" dit-il

    "Les deux autres passeurs n'ont jamais évoqué l'existence même d'un chef," martèle la présidente

    Monsieur Mantiri a changé plusieurs fois de version entre sa garde à vue et le procès de ce jour

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    Passeurs ou victimes ?

    "Les Sri lankais on été amenés à bord du bateaux sur des petites embarcations. Là j'ai compris. J'ai protesté, je ne voulais pas. Là les gens qui ont amené les Sri Lankais m'ont menacé. Ils m'ont dit que je n'avais cas nager pour rejoindre Java" indique l'un des mis en cause

    "Moi je cherchais un travail sur un bateau. J'ai rencontré une personne le 27 mars à midi. Elle m'a dit qu'elle avait un bateau, et m'a proposée un travail. J'étais payé selon ce que je ramenais de la pêche" jure Monsieur Manitri. Il est soupçonné d'être le capitaine, lui affirme qu'il n'a fait que pêcher. "Une des personnes qui a amené les Sri lankais sur l'un des petits bateaux m'a menacé. Elle m'a montré un pistolet. Elle m'a dit je te surveille, si tu ne fais pas ce que je dis, je te tue"

    "Dans ce petit bateau, il y avait trois personnes de nationalité indonésienne. Ce sont elles qui donnaient les directives et le cap à prendre" explique encore Monsieir Mantiri. "Ces trois personnes sont descendues lorsque nous sommes partis" ajoute-il

    "Combien avez vous été payé insiste la juge". L'homme reste vague et ne donne pas de réponse précise

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    Soupçonné d'être le capitaine du bateau de pêche Monsieur Mantiri indique avoir été contacté par quelqu'un alors qu'il était à Jakarta. "J'ai rencontré des personnes. J'étais là bas depuis quelques jours pour une affaire à traiter"

    La juge : "Monsieur Haryanto vous avez indiqué qu'un ami vous avait proposé ce travail. Saviez vous ce que c'était ?"

    "On m'a juste dit qu'il y avait un bateau et qu'il fallait que je prenne soin de personne" répond le mis en cause

    Un autre passeur a le même récit : "on m'a proposé du travail. On m'a dit que je devais voyager, on m'a proposé de travailler comme marin. Je devais partir un mois. On m'a proposé ce travail pour 5 millions de roupies indonésiennes (environ 308 euros ce qui correspond au double du salaire moyen dans ce pays)

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    2.500 à 6.000 dollars américains le voyage

    Des témoignages des passagers, il ressort que l'ensemble des Sri-Lankais n'ont pas eu le même parcours. Certains arrivaient tout juste du Sri Lanka, d'autres étaient en Indonésie depuis longtemps. Les prix qu'ils ont payé étaient variables : entre 2.500 à 6.000 dollars américains

     

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    "Nous avons été menacés par des Indonésiens avant le départ" explique Monsieur Haryantoun, l'une des mis en cause. "On m'a  demandé de prendre soin de gens. J'ai été amené en voiture par deux personnes puis on m'a mis sur une pirogue" jure-t-il

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    La présidente commence à interroger les passeurs présumés

    "Depuis quand le bateau prenait l'eau ?" demande-t-elle. "L'avarie est due à notre arrivée à Sainte-Rose, le bateau a heurté les tétrapodes" répond l'un des passeurs Les mis en cause passeurs ne semblent pas tous d'accord entre eux sur ce fait... L'un d'entre-eux estime que l'avarie datait d'avant l'arrivée à La Réunion

    D'après ce passeur, il y a eu plusieurs pannes moteur au cours de la traversée entre l'Indonésie et La Réunion

    "Dans la cabine de pilotage du bateau, les policiers ont saisi un compas et dans la partie en bois de cet outil de navigation était inscrit 315 : ce serait le cap à garder depuis Java jusqu'à La Réunion. De même, dans votre sac Monsieur Mantiri il y avait des téléphones satellites" dit la magistrate en s'adressant à l'un des trois hommes

    "Tous les passagers Sri lankais sont d'accord sur l'état du bateau et de la traversée : un bateau étroit, des pannes, des jours sans boire ni manger. Dans vos comportements, les passagers ont cru comprendre que vous vous connaissez. Vous trois, vous vous êtes relayé à la barre" poursuit la magistrate

    L'un des mis en cause serait le mécano, l'autre serait le second et le troisième serait le capitaine. "C'est faux. Moi je suis juste marin. Je n'ai rien organisé. Si j'étais capitaine j'aurai eu une cabine. Je n'en avais pas, je à peine dormi pendant deux semaines," répond un passeur présumé

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    La présidente du tribunal correctionnel poursuit le long exposé de faits

    A l'arrivée du bateau à Sainte-Rose, les autorités établissent "après constat, que tous les passagers du bateau étaient Sri lankais à l'exception de trois Indonésiens". Les passagers "ont indiqué que vous étiez les membres de l'équipage" lance la magistrate à l'adresse des trois mis en cause.

    "À Sainte Rose, les policiers ont constaté que les conditions de vie sur le bateau,  similaire à ceux sur l'on trouve à Sumatra, étaient très dures. D'après certains Sri lankais il n'y avait plus d'eau et de nourriture depuis 2 à 4 jours" dit encore la juge. "Deux cales du bateau sur quatre étaient remplies d'eau" ont indiqué d'autres passagers.

     

     

     

     

     

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    L'Inde et l'Australie savaient

    La magistrate continue à rappeler les faits.

    "Nous sommes le 13 avril 2019 lorsque les autorités réunionnaises ont été averties de l'arrivée d'un bateau de pêche. Un grand nombre de personnes se trouvait dessus. Dès le 10 avril, ce sont les autorités indiennes qui ont avisé qu'une embarcation se dirigeait vers la Réunion, avec à son bord entre 40 et 120 personnes. Plus tard, ce sont les autorités australiennes qui avaient repéré un bateau d'une vingtaine de mètres à proximité des îles Coco. D'emblée, elles ont indiqué que le navire était en mauvais état et se dirigeait vers la Réunion"

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    Exposés à la mort ou a des blessures

    La présidente du tribunal correctionnel expose les chefs de mise en examen. "Vous êtes accusés d'"aide à l'entrée ou au séjour irrégulier en bande organisée de 120 personnes en les exposant à la mort ou à des blessures."

     

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    L'audience du tribunal correctionnel commence. Les trois passeurs présumés sont défendus par maître Devaguy Mardaye, maître Anissa Settama et maître Jean-Christophe Molière

    Les mis en cause ne parlent pas français, un interprète assiste le tribunal

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    Bonjour, nous en direct du tribunal de Saint-Denis où a lieu le procès de trois Indonésiens soupçonnés d'être les passeur des 120 migrants sri-lankias arrivés à La Réunion samedi 213 avril dernier.

    Restez avec nous, nous sommes en direct

A propos

Trois hommes de nationalité indonésienne sont jugés ce mercredi 15 mai 2019, après avoir été présentés au parquet de Saint-Denis le 17 avril dernier. Ces hommes sont poursuivis pour "aide à l'entrée ou au séjour irrégulier en bande organisée". Ils sont soupçonnés d'être les passeurs des migrants sri-lankais arrivés à La Réunion le 13 avril, et de participer à un vaste trafic d'êtres humains.

Mercredi 17 avril 2019, les trois passeurs présumés sont restés 2h au tribunal de Saint-Denis. A l'issue de cette présentation, les trois hommes avaient demandé un délai pour préparer leur défense. C'est la raison pour laquelle le procès a été repoussé d'un mois. Le procureur avait ensuite demandé leur placement en détention provisoire. Ils ont été incarcérés à la prison de Domenjod.

Lire aussi : Migrants : le procès des 3 passeurs présumés aura lieu le 15 mai

Le bateau dans lequel ils se trouvaient transportait 123 migrants sri-lankais. Ceux-ci auraient déboursé jusqu'à 8.000 euros pour effectuer la traversée de 7.000 km. Leurs parcours sont variés, mais tous ont rejoint l’Indonésie. Là-bas, ils ont été approchés par des passeurs, qui leur promettaient plusieurs destinations comme la Nouvelle-Zélande, l’Australie... Le bateau a finalement filé droit sur La Réunion. Beaucoup de migrants n'étaient pas au courant de la destination finale, et certains ne connaissaient absolument pas l'île.

"Les filières criminelles", pointées du doigt par les autorités en décembre 2018 sont bel et bien actives, et de plus en plus vastes. Les passeurs qui semblent s’être passé le mot continuent de tracer, de manière très habile cette nouvelle route migratoire, engrangeant à coup sûr des centaines et des centaines de milliers d’euros. Un trafic d’êtres humains fructueux dont comprend encore mal le fonctionnement.

Lire aussi : Migrants : des filières organisées pour un vaste trafic d'êtres humains

Lire aussi : Migrants : questions autour d'une "filière criminelle"

Fin 2018 déjà, la préfecture se disait déjà certaine qu'une ou plusieurs filières criminelles étaient actives. Beaucoup de questions se posent, questions que vont tenter d'éclaircir la justice ce mercredi 15 mai 2019. Ils chercheront à savoir quelles sont ces organisations, la façon dont elles s'organisent, et pourquoi avoir choisi La Réunion comme destination finale.

Concernant les migrants, rappelons que sur les 123 personnes arrivées à Sainte-Rose le 13 avril dernier, 60 ont été admises sur le territoire pour déposer une demande d'asile en France. L'autre moitié a été reconduite à la frontière, à bord d'un avion d'Air Seychelles affrété par l'Etat. C'était le 29 avril.

   

3 Commentaire(s)

Zoe, Posté
l'occasion de faire un exemple,plusieurs années de prison et forte amende en fonction des sommes perçues par leurs clients .
Titi974, Posté
8000 x 120 = 960 000 euros et c'est nous les con-tribuables obligés de payer leur frais d'avocats, car ils sont tous insolvables et insaisissables. Après la condamnation, on sera encore obligé de leur payer le séjour au club Domenjod.
Que c'est beau la vie !
Moincmoin, Posté
Ces passeurs doivent etre emprisonnes et obliger de rembourser ces migrants qui doivent etre renvoyer chez eux au pfrais des passeurs et plus de fermete au niveau de la securite de notre ile veritable depotoir dans tous les sens du mot