Malgré l'avis défavorable de l'Autorité environnementale :

Bois Blanc : l'État veut la carrière, le ministère de l'Environnement forcé de suivre


Publié / Actualisé
Après la décision du tribunal administratif de suspendre les autorisations d'exploitation de la carrière de Bois blanc, les associations ont (presque) crié victoire. Eh oui car rien n'est encore gagné. L'État annonce faire appel de cette décision, avec le soutien de la Région. Pourtant au sein de l'État on trouve... les ministères, dont celui de la Transition écologique... et au sein du ministère de la Transition écologique, qui trouve-t-on ? L'Autorité environnementale. Oui, celle-là même qui publiait un avis clairement défavorable vis-à-vis du projet d'exploitation de la carrière. Un sacré paradoxe. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Après la décision du tribunal administratif de suspendre les autorisations d'exploitation de la carrière de Bois blanc, les associations ont (presque) crié victoire. Eh oui car rien n'est encore gagné. L'État annonce faire appel de cette décision, avec le soutien de la Région. Pourtant au sein de l'État on trouve... les ministères, dont celui de la Transition écologique... et au sein du ministère de la Transition écologique, qui trouve-t-on ? L'Autorité environnementale. Oui, celle-là même qui publiait un avis clairement défavorable vis-à-vis du projet d'exploitation de la carrière. Un sacré paradoxe. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Si l’Etat n’est pas persuadé de remporter le match de la carrière, il est au moins sûr de remporter ce match-là : l’appel contre la décision du tribunal administratif se fera, quel que soit l’avis de nos très hauts représentants de l’environnement.

D’un côté : l'Autorité environnementale, qui pointe du doigt un projet potentiellement dévastateur pour l'écologie. De l'autre : l'Etat qui se pourvoit en cassation devant le Conseil d’Etat dans le but de relancer le projet de défrichement de la carrière de Bois-Blanc… Une opposition quelque peu étonnante.

Comment l'Etat peut-il faire appel d'une décision pourtant soutenue par l'Autorité environnementale ? Autorité pourtant sous la coupe du ministère de la Transition écologique, et donc de l’Etat ? C’est le serpent qui se mord la queue. Oui mais dans cette bataille judiciaire, le ministère de la Transition écologique n’a pas son mot à dire. Car l’Etat s’en va en guerre contre les associations environnementales, et il emmène avec lui tous ses ministères.

Un ministère pas très écolo

Ce n’est pas la première fois que l’Etat faillit à ses obligations environnementales. A nouveau le ministère de la Transition écologique censé protéger bec et ongle notre planète, action soi-disant au coeur des préoccupations de notre cher président, cautionne des décisions plus que discutables sur le plan de l’environnement. Et les Outre-mer payent les pots cassés… On se rappellera notamment de l’autorisation de forage en Guyane attribuée à Total et justifiée à l’époque par le ministre François de Rugy comme étant un permis sur lequel il était impossible de revenir. On apprendra plus tard que le préfet – et donc l’Etat – était bel et bien en mesure de dire non.

Le PLR (Parti pour La Réunion), vent debout contre le projet de la NRL, avait aussi de son côté lancé plusieurs appels au ministre de la Transition écologique. Des appels à réaliser de nouvelles études sur l’impact environnemental de la route. Huguette Bello en tête fait régulièrement le point : le parti attend toujours une réponse. Qui ne dit mot consent ? On peut dire que oui.

Plusieurs risques épinglés par l’Autorité environnementale

Rappelons pourtant que dès le 11 avril 2018, l'Autorité environnementale avait publié son avis concernant le projet d'ouverture de la carrière. A l’intérieur de ce document, 16 recommandations tout de même, et un avis détaillé pour le moins accablant face au projet d’exploitation de la carrière…

On y lit notamment que le projet manque de détails quant à l’impact environnemental. Et l’Autorité de rappeler les dangers de ce chantier pour "la flore et la faune sauvage". Que dire aussi du bruit, du risque d’inondation, de la pollution des eaux souterraines…

Et c’est bien ce que la Srepen (Société réunionnaise pour l'étude et la protection de l'environnement - Réunion Nature Environnement) avait en tête en déposant fin mars 2019 un recours en référé-suspension contre l'arrêté préfectoral autorisant le défrichement de la carrière de Bois Blanc. Que faire des chauves-souris endémiques de l’île, appelées petits molosses ? Ou encore des espèces de fougères remarquables présentes dans cette zone ?

L’Etat veut aller jusqu’au bout…

Il faut croire pourtant, nous l’avions déjà souligné dans un précédent article, que l’Etat veut absolument ouvrir la carrière… Soutenu par la Région il défendra donc bec et ongle ses roches nécessaires à la construction de la digue.

Lire aussi : Bois Blanc : l'État veut absolument ouvrir la carrière

Rappelons quand même que le tribunal administratif n’a statué que sur la forme et non sur le fond du dossier. Il a reconnu le risque d’ "une atteinte grave et immédiate" et souligne que "le projet de la Nouvelle route du Littoral se caractérisait par l’absence d’une réelle réflexion sur les moyens d’approvisionnement à mettre en oeuvre pour réaliser la partie digue de l’ouvrage". Le tribunal administratif doit maintenant prendre connaissance du reste de l’affaire avant de donner sa réponse. Il faut donc croire que cette histiore de carrière prendra du temps. La fin du chantier de la NRL, ce n’est pas pour demain.

mm/www.ipreunion.com

   

2 Commentaire(s)

Depain974, depuis son mobile, Posté
vous avez un argument pour appuyer vos interrogations ?
Marc974, Posté
Cet article n'est il pas politique et biaisé pour le compte de bello? Sur le dos de l'argument environnemental?